Les Nations Unies peuvent et doivent agir contre la pêche pirate

Actualité - 5 mars, 2007
Cette semaine se tient dans la capitale italienne la réunion du Comité des Pêcheries de l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Les conférences régionales de gestion des pêcheries ayant fait récemment la preuve de leur dramatique incapacité à enrayer le déclin des stocks, Greenpeace appelle les délégations présentes à Rome à prendre les mesures énergiques qui s'imposent, notamment dans la lutte contre la pêche pirate, et à proposer le calendrier de leur mise en place.

Des activistes de Greenpeace ont prévenu le départ en mer de 4 bateaux de pêche qui s'apprêtaient à quitter le port de Rostock, en Allemagne, à l'aide de barils d'huile et de chaînes. Un cinquième bateau a quitté le port hier soir, lui aussi sur la liste noire de l'Union Européenne des navires ayant pratiqué dans l'Atlantique la pêche illégale. Les cinq navires ont récemment changé de nom, de drapeaux et tentaient de quitter le port pour pratiquer le pêche illégale en haute mer.

Lors du Sommet mondial du développement durable à Johannesburg en 2002, des engagements fermes avaient été pris concernant la mise en place d'une approche écosystémique dans la gestion des pêcheries à l'échéance 2010, ainsi que la création des Aires Marines Protégées, véritables réservoirs de biodiversité, à l'échéance 2012. Ces objectifs doivent rester prioritaires.

Les délégations seraient également inspirées de s'atteler fermement à la question de la pêche Illégale, Non régulée, Non déclarée (INN). Elle prive les pays les plus pauvres de ressources nécessaires à leur sécurité alimentaire ; en 2005, l'Afrique subsaharienne a par exemple subi un manque à gagner d'un milliard de dollars du à la pêche pirate pratiquée dans les eaux territoriales des états côtiers. Elle rejaillit aussi sur l'activité exercée dans un cadre légal et ruine tout effort entrepris pour gérer rationnellement les pêcheries. « C'est une lutte sur tous les fronts qu'il faut engager : création d'une liste noire des bateaux et des armateurs, dénonciation des liens financiers entre intervenants du secteur, implication des autorités portuaires, engagement des États à adapter leur législation nationale… Les solutions sont connues » précise Stephan Beaucher de Greenpeace France.

Pour Greenpeace, la lutte contre la pêche pirate passe également par une refonte totale des Conférences régionales de gestion des pêcheries pour les faire sortir du giron des intérêts de la grande pêche hauturière. L'exemple récent des conférences thonières, dont l'ICCAT, quant à leur incapacité à limiter les appétits des armateurs doit servir de leçon. « L'auto-gestion » par les industriels de la pêche de la ressource qu'ils exploitent est un mythe libéral.

« La mer est un bien public et la pêche reste la dernière activité de cueillette, ajoute Stephan Beaucher, elle ne peut s'accommoder des décisions prises par un cartel de cueilleurs ! C'est au comité des pêches de la FAO  de  prendre les responsabilités qui sont les siennes pour préserver la ressource. »