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Des militants de Greenpeace brandissent une bannière sur laquelle est écrite «Shame on Harper» sur la colline parlementaire à Ottawa.
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Cette décision place l’intérêt de quelques pêcheurs devant les conclusions des scientifiques et des organisations écologistes.
« Cet accord final est plus troué qu'un pull marin, affirme Karen Sacks, conseillère politique de la campagne Océans de Greenpeace International, présente à ces négociations au siège des Nations Unies. Cela privilégie un statu quo destructif comme outil de gouvernance des océans. La communauté internationale devrait manifester son indignation envers l'Islande qui, à elle seule, a réussi à faire couler ce moratoire pour la protection des grands fonds marins qui devait assurer la sécurité alimentaire des générations futures. L'Islande ne doit pas être fière, tout comme les autres états qui ne se sont pas levés pour faire entendre la voix de la protection des océans. »
Alors que de nombreux pays soutenaient le moratoire sur le chalutage de fonds, parmi lesquels l'Australie, la Nouvelle Zélande, les états insulaires du Pacifique, les Etats-Unis, le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud, l'Allemagne et la France, le compromis s'est fait sur le plus petit dénominateur commun.
Pourtant récemment, une étude scientifique alarmiste prévoyait la disparition des espèces commerciales de la planète avant 2050 1. De plus, de nouvelles données économiques font ressortir que les chalutiers ne sont rentables que grâce aux nombreuses subventions qu'ils reçoivent 2.
Les pays favorables au moratoire doivent profiter de l’occasion que représente la résolution sur les pêcheries, qui sera votée le 7 décembre prochain, pour protéger les habitats vulnérables, en restreignant l'accès au marché des espèces de grands fonds et en appelant à la création d'un réseau global de réserves marines qui doit couvrir l'ensemble des océans de la planète.
Cette prise en otage d'une décision internationale par un seul pays ne doit pas se répéter à Dubrovnik où les états membres de la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique doivent prendre des mesures d'urgence pour la conservation de cette espèce.
1. Worm et al. 2006. Impacts of biodiversity loss on ocean ecosystem services. Science vol.314. 3 November 2006
2. Assoc. Prof Rashid Sumalia, lead author of the study « Catching more bait: A bottom up re-estimation of global fisheries subsidies » disponible sur http://www.fisheries.ubc.ca/publications/reports/14-6.pdf, chapitre 3)