Naufrage en Colombie-Britannique

Les gouvernements s'engagent à nettoyer la baie Robson

Actualité - 17 avril, 2008
Le vendredi 18 avril, le gouvernement fédéral et celui de la Colombie-Britannique ont annoncé qu'ils donnaient le feu vert à leur opération de nettoyage d'une épave dont la présence menace la réserve écologique de Robson Bight. Comme le retour des orques dans la zone est prévu pour juin, on devra procéder rapidement, ce qui rend l'opération délicate.

Greenpeace se préoccupe de la santé d'une importante population d'orques qui fréquentent la réserve écologique Robson Bight, près de l'île de Vancouver, suite à une fuite de diesel.

Plusieurs citoyens inquiets avaient contacté Loyola Hearn, ministre responsable de Pêche et Océans, afin de lui demander de lancer immédiatement une opération de récupération du matériel englouti. Certes, comme on l'a appris la semaine dernière, leurs appels ont été entendus, mais le côté urgent de la situation n'a peut-être pas été suffisamment souligné. Plus les autorités tarderont à procéder à la récupération du matériel, plus celle-ci sera risquée. Afin de ne pas exposer inutilement les orques, le mieux est de nettoyer l'épave avant leur retour dans la zone.  

Le ministre Hearn, accompagné du ministre de l'Environnement de la C.-B. Barry Penner, a annoncé que leurs gouvernements respectifs ont conclu un accord prévoyant le partage des coûts de récupération du matériel perdu. Ils n'ont toutefois pas encore choisi l'entreprise destinée à conduire les travaux de récupération. Greenpeace, la Living Oceans Society et divers organismes de défense des baleines se réjouissent grandement de la décision des gouvernements de procéder aux opérations au bon moment, c'est-à-dire avant le retour des orques, mais nous ne serons satisfaits que lorsque la menace aura définitivement été écartée.

La baie Robson constitue le point central de la Réserve écologique Robson Bight destinée à sauvegarder l'habitat dont dépend la communauté des orques résidentes du Nord en Colombie-Britannique, l'orque étant une espèce considérée comme menacée en vertu de la Loi canadienne sur les espèces en péril.

En août dernier, une barge transportant de l'équipement d'exploitation forestière et un camion rempli de carburant diesel a renversé sa cargaison dans le sanctuaire baleinier de Robson Bight, entraînant un déversement d'hydrocarbures. Une inspection sous-marine réalisée en décembre avait permis d'apprendre que le camion-citerne et la plus grande partie de l'équipement d'exploitation forestière reposaient debout et intacts sur le fond marin, mais que quatre pièces d'équipement s'étaient écrasées les unes contre les autres en se séparant de la barge. Il paraît vraisemblable que l'écrasement du matériel d'exploitation, lequel contenait plus de 2 000 litres de diesel, ait été à l'origine de la grande nappe d'hydrocarbures de 14 kilomètres observée le long du détroit de Johnstone.

Il reste cependant au moins 10 000 litres de carburant dans le camion-citerne englouti et la partie de l'équipement demeurée intacte. On craint beaucoup que l'action corrosive de l'eau de mer sur l'équipement finisse par entraîner la libération du diesel et des fluides hydrauliques restants, ce qui constituerait une menace supplémentaire de contamination pour les populations d'orques, de poissons et l'écosystème marin. L'été dernier, on a observé plus de 50 orques nager pendant des heures à travers la nappe de diesel. On ignore totalement si les orques ont été touchées par ce déversement.

Nous voulons adresser nos plus sincères remerciements à tous ceux qui nous ont appuyé financièrement afin de rendre possible l'inspection sous-marine de l'épave en décembre dernier ou qui ont contacté le ministre Hearn pour le presser d'agir sur-le-champ. La Living Oceans Society, et en particulier Dorthea Hangaard, a dirigé les opérations et représenté Greenpeace et d'autres groupes durant l'inspection sous-marine. Ce qui a joué un rôle décisif dans la décision des autorités de récupérer le matériel gisant au fond de la baie, c'est le travail magnifique d'une équipe dévouée à la cause de l'environnement. Nous espérons que les gouvernements demeureront fidèles à leur engagement d'effectuer le nettoyage de l'épave avant qu'il ne soit trop tard.

La partie non utilisée des dons destinés à l'inspection sous-marine servira à financer les recherches en cours sur les orques.

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