Sables bitumineux, nouveau rapport de Greenpeace

Les sables bitumineux brûlent nos économies et réchauffent la planète

Actualité - 13 septembre, 2009
Un rapport de Greenpeace rédigé par le journaliste canadien Andrew Nikiforuk et publié aujourd’hui vient de nouveau entacher le rôle du Canada dans la lutte contre les changements climatiques. Intitulé Pétrole sale: les sables bitumineux aggravent le réchauffement climatique, ce rapport documente les impacts extrêmement négatifs de l’exploitation des sables bitumineux qui augmente chaque jour un peu plus la dépendance mondiale au pétrole.

Si rien n’est fait, la production de pétrole issu des sables bitumineux en Alberta en 2030 pourrait surpasser les émissions de CO2 émises par l’ensemble des volcans du monde (sur une base annuelle).

Les sables bitumineux, qu'est-ce que c'est?

Enfouie sous la forêt boréale, dans le Nord de l'Alberta, se trouve une source de pétrole que l'on appelle les sables bitumineux. Le bitume extrait des sables produit un pétrole « sale » parce qu'il s'avère l'un des plus polluants de la planète en matière d'émissions de carbone. Les gisements de sables bitumineux sont dispersés sur plus de 138 000 kilomètres carrés de territoire (une superficie de la taille de la Floride) qui comprend 4,3 millions d'hectares de forêt boréale. Chaque jour, 1,3 million de barils de pétrole lourds par jour sont extraits des sables bitumineux en Alberta.

« Ce rapport démontre noir sur blanc que l'industrie des sables bitumineux joue un rôle fondamental dans la destruction de notre climat », explique Mélissa Filion, directrice intérimaire de Greenpeace au Québec.

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Le Canada, délinquant du carbone

On y souligne également que le Canada est devenu un « délinquant du carbone » sur la scène internationale, faisant non seulement obstruction à l'atteinte des cibles de Kyoto, mais exerçant également un lobby puissant pour faire échouer les négociations en vue de Copenhague.

Le rapport compare les émissions de GES émis par les sables bitumineux à celles des éruptions volcaniques mondiales. Si, comme il est prévu, la production de pétrole issu des sables bitumineux passe de 1.3 million de barils par jour à trois à cinq millions d'ici à 2030, ces projets émettront plus de CO2 sur une base annuelle que tous les volcans du monde.

À la lecture du document, on apprend qu'en dépit de la crise financière actuelle, les multinationales pétrolières et étatiques continuent à investir dans cette industrie du pétrole sale qui est maintenant le plus grand projet d'énergie du monde et la plus grande source de GES pour le Canada.

Canada, fournisseur no1 des États-Unis

« L'expansion rapide des sables bitumineux a fait du Canada le fournisseur numéro 1 de pétrole pour les États-Unis », explique Virginie Lambert Ferry, responsable de la campagne Climat et Énergie chez Greenpeace. « Complice de cette industrie, Stephen Harper privilégie les profits des pétrolières et refile la facture des coûts environnementaux à tous les citoyens, même aux Québécois ».

Alors que les investissements dans les sables bitumineux en Alberta ont presque atteint les 200 milliards $, la technologie miracle proposée pour contrer l'augmentation des émissions, la capture et le stockage du carbone n'a pas encore été développée et pourrait même ne pas l'être d'ici 15 à 20 ans.

Au cours des 20 prochaines années, entre 2 milliards $ et 3 milliards $ par an seront nécessaires pour mettre en place une telle technologie. « C'est l'argent des contribuables de partout au pays qui servira à décrasser l'Alberta », s'exclame Mélissa Filion.

Greenpeace publie ce rapport tout juste avant une importante rencontre entre le Premier ministre Harper et le président Obama, ce mercredi 16 septembre à Washington, DC. L'organisation rappelle aux deux chefs d'État que tout développement des sables bitumineux entraînera la planète vers un chaos climatique mondial.

Les grandes lignes du rapport

1. Les sables bitumineux de l'Alberta représentent le plus important projet d'investissement mondial actuel et marque la fin du pétrole à bas prix.

2. La production accélérée de carburants non conventionnels très coûteux, à émissions de carbone élevées, va entraîner un déséquilibre du climat planétaire et de l'économie mondiale.

3. Les exportations d'énergie vers les États-Unis et l'exploitation des sables bitumineux ont fait du Canada l'un des pays industrialisés les plus énergivores et les plus carbo-intensifs du monde. Les émissions de GES par habitant du Canada sont parmi les plus élevées de la planète.

4. Le pétrole des sables bitumineux représente 13 % des importations de pétrole brut des États-Unis, le plus grand consommateur de pétrole au monde, et cette proportion pourrait augmenter jusqu'à 37 %.

5. La Chine, le deuxième plus grand consommateur de pétrole mondial, a proposé une alliance stratégique au Canada visant à transporter ce pétrole sale par super pétrolier vers les raffineries asiatiques.

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