La campagne de Greenpeace contre les sables bitumineux s’étend à la France

Des activistes occupent une raffinerie de Total pour dénoncer un crime contre le climat

Actualité - 7 octobre, 2009
Depuis 7h15 ce matin (heure locale), une trentaine de militants de Greenpeace ont pénétré sur le site de la raffinerie de Total de Gonfreville-l'Orcher, située près du Havre en Normandie. Ils y ont déployé trois bannières afin de dénoncer le crime climatique dont se rend responsable cette entreprise en exploitant les sables bitumineux de l’Alberta.

Greenpeace occupe la raffinerie Total du Havre

La première banderole a été installée sur une énorme citerne, les deux autres sur les deux cheminées principales de la centrale énergie du site, hautes de 75 mètres. Ces banderoles dénoncent un « crime climatique » et proclament que « Total invente la destruction durable ».

« On essaie de nous faire croire que l'exploitation des sables bitumineux constitue un problème strictement canadien, alors qu'il s'agit bien d'un enjeu international, affirme Virginie Lambert Ferry, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada. Comment lutter contre les changements climatiques si on laisse des groupes pétroliers et des États investir dans une telle catastrophe environnementale et climatique? Que vaudra un accord à Copenhague si on n'arrête pas l'exploitation des sables bitumineux? », s'interroge Virginie Lambert Ferry.

Cette action vise à interpeller le président français Nicolas Sarkozy et ses homologues européens, qui, d'un côté, prétendent sauver le climat et, de l'autre, laissent les industriels comme Total développer des activités extrêmement polluantes à l'autre bout du monde.

Un « touriste » canadien se trouve parmi les activistes en France. La militante Eryn Wheating se trouve présentement à l'intérieur de la raffinerie de Total et occupe une énorme citerne. La semaine dernière, le premier ministre de l'Alberta, Ed Stelmach, avait tenté de discréditer les actions des activistes de Greenpeace dans la province en les qualifiant de « touristes ». Aujourd'hui, ces « touristes » ont traversé l'Atlantique afin de s'assurer que Nicolas Sarkozy et l'Europe aient bien conscience que les leaders du climat ne peuvent être ceux qui achètent et financent les sables bitumineux.

« Ce n'est plus un secret pour personne, la catastrophe climatique qui se joue au Canada est maintenant connue dans le monde entier », affirme l'activiste canadienne Eryn Wheating, en direct de la raffinerie.

Le groupe Total a déjà investi plus de 12 milliards de dollars en Alberta et prévoit d'investir 16 milliards de dollars, dans les dix années à venir, notamment en Alberta et à Madagascar. Objectif de la multinationale : que 10 % de sa production de pétrole provienne de l'exploitation des sables bitumineux.

Dans dix semaines, les dirigeants du monde entier se retrouveront à Copenhague pour tenter de trouver un accord pour lutter contre les changements climatiques et donner une suite au Protocole de Kyoto.

L'opération de ce matin se situe dans le sillage des actions menées depuis trois semaines par Greenpeace dans la province de l'Alberta. Des militants venus du Canada, du Québec, de France, du Brésil, et d'Australie ont successivement occupé et bloqué trois sites différents, deux mines à ciel ouvert, puis une usine en construction.

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