Les activistes de Greenpeace se sont joints à O. Polaire sur la colline parlementaire afin de demander au Premier ministre Harper si son gouvernement a l’intention de respecter les engagements du Canada envers le protocole de Kyoto.
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Toronto, Canada —
Les groupes environnementaux du Québec jugent que le gouvernement du Canada fuit ses responsabilités fondamentales envers la communauté internationale et la population canadienne. Ils affirment également que le Québec, la Colombie-Britannique et la Californie dépassent déjà de plusieurs années, en ce qui a trait aux objectifs de réduction, le plan fédéral de lutte aux changements climatiques présenté aujourd’hui aux Canadiens.
Dans son plan déposé aujourd’hui, le Canada vise des réductions de 20 %
sous les niveaux de 2006 en 2020, soit 11 % au-dessus des objectifs de
Kyoto. Il s’agit d’une réduction de 150 mégatonnes (Mt) en 2020 auquel
l’industrie canadienne devra participer à la hauteur de 60 Mt.
« Les objectifs de réduction que se donne aujourd’hui le Canada sont
les pires de tous les pays développés signataires du Protocole de Kyoto
», affirme Hugo Séguin, coordonnateur du dossier des changements
climatiques chez Équiterre. Tandis que le Québec s’est donné comme
objectif de réduire ses émissions de 6 % sous les niveaux de 1990 en
2012, que la Colombie-Britannique s’impose une diminution de 10 % sous
les niveaux de 1990 d’ici 2020 et que la Californie réduira ses
émissions de 80 % en 2050, le Canada laisse augmenter ses émissions de
façon délibérée. « Presque partout ailleurs, on comprend le problème,
on cherche et on trouve des solutions, on répond à l’appel de la
communauté internationale et on prend ses responsabilités, pas au
Canada. Ailleurs, on fait preuve de courage et de vision, mais pas au
Canada. Et l’on ose nous parler de leadership en nous présentant ce
plan », s’indigne M. Séguin.
Un plan qui tourne le dos aux engagements internationaux
« Le gouvernement a la responsabilité de faire tout en son pouvoir pour
respecter ses engagements internationaux et participer aux efforts
mondiaux de lutte aux changements climatiques. Le Canada doit faire
partie de la solution. Mais en laissant nos émissions polluantes
croître pendant plusieurs années, il a résolument décidé de faire
partie du problème », déclare Philippe Bourke, directeur général du
Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du
Québec (RNCREQ).
« Le gouvernement canadien dit en fait au reste du monde : oubliez-nous
pour une génération. Le gouvernement Harper fait encore de la fuite en
avant, alors qu’on ne peut clairement pas se le permettre; autant en
termes de temps que de sens moral », poursuit Jérôme Normand, directeur
général d’ENvironnement JEUnesse.
Un plan qui ne répond pas aux attentes de la population
« Le gouvernement canadien fait fi des souhaits exprimés à maintes
reprises par la population et notamment par la population québécoise
qui soutient le Protocole de Kyoto à plus de 90%. Le gouvernement
abdique ses responsabilités face à la population canadienne », déclare
pour sa part Alexandre Turgeon, président de Vivre en Ville.
Un plan sourd à l’appel à l’action de la communauté scientifique
« L’alarme a été sonnée depuis de nombreuses années par la communauté
scientifique internationale. Les scientifiques décrivent clairement
l’urgence de la situation et appellent les gouvernements du monde à
passer à l’action. Ces scientifiques ne sont pas des radicaux. Ils
décrivent ce qu’ils voient venir et nous montrent ce qu’il faut faire.
Le gouvernement Harper n’est pas à la hauteur de l’appel de la
communauté scientifique », ajoute aussi Brigitte Boulianne, directrice
générale de Nature Québec/ UQCN.
Le Canada doit faire plus
« Ce gouvernement déclare forfait aux Canadiens », lance Joslyn
Higginson, chargée de campagne Climat et Énergie de Greenpeace. «
Devant la responsabilité qu’il a de les protéger, devant ses
responsabilités internationales aussi, ce gouvernement se montre
défaillant. Le plan B de Baird ne fait que la moitié de ce qui doit
être fait pour lutter contre les changements climatiques »,
déplore-t-elle.
Tout ceci alors qu’on apprend ce matin par sondages que les Canadiens
et les Québécois veulent que le Canada respecte le protocole de Kyoto
et que ceux-ci ne croient pas aux mensonges et aux tactiques
propagandistes de ce gouvernement quant à l’impossibilité d’atteindre
les objectifs de Kyoto. « Il faut plus de leadership au Canada, pas
plus de propagande. Nous croyons que la meilleure fondation pour un
leadership solide à l’heure actuelle se trouve dans le projet de loi
C-30, tel qu’amendé par l’opposition. Avec un vrai plan, de vrais
efforts, de réelles cibles de réduction absolues, le Canada peut, et
surtout doit affirmer son leadership », conclut Mme Higginson.