Le président français, Nicolas Sarkozy, a surpris beaucoup de monde en annonçant récemment un train d’objectifs environnementaux plutôt audacieux pour la France. L’annonce présidentielle conclut quelques quatre mois de négociation appelée « le Grenelle de l’environnement » qui est une sorte d’états généraux de l’environnement incluant différents niveaux de gouvernements, des industriels, des syndicats et des groupes environnementaux comme Greenpeace regroupés dans l’Alliance pour la planète.
Les banderoles « GM : Ensemble, un moratoire est possible »déployées sur l'arc de triomphe
© Greenpeace/Pierre Gleizes
Devrait-on exiger un grenelle de l'environnement au Québec pour sortir des impasses dans lesquelles nous nous trouvons comme Rabaska, les OGM, les algues bleues, les forêts, etc ? Probablement !
Les résultats du Grenelle de l'environnement !
Greenpeace est agréablement surpris par l'ampleur des objectifs que le président Sarkozy a établit en concluant le Grenelle de l'environnement. La liste des résultats est assez longue mais on peut en citer quelques uns :
- 20 à 30 % de réduction des gaz à effet de serre d'ici 2020 ;
- 20 % d'énergie renouvelable d'ici 2020 ;
- 20 % d'augmentation d'efficacité énergétique en général, y compris dans les transports et 40 % dans le bâtiment ;
- Gel de la construction de nouvelles autoroutes et de nouveaux aéroports ;
- Deux lignes ferroviaires pour le transport du fret ;
- Principe d'une taxe sur le carbone ;
- Moratoire sur les cultures OGM;
- 50 % de réduction des pesticides d'ici 10 ans ;
- 6 % d'agriculture biologique d'ici 2012 (contre 2 % aujourd'hui) ;
- Interdiction sur les importations de bois illégal ;
- Appui à une interdiction du chalutage ;
- Appui en faveur d'aires de protection marines ;
- Révision des politiques concernant les agro carburants.
Bien entendu, il sera nécessaire de mettre en place des mesures concrètes et des échéanciers pour atteindre ces objectifs et il faudra être vigilant sur le suivi.
Ce qui est significatif dans cette annonce, c'est le fait que ce soit le président français, Nicolas Sarkozy, pas très connu jusqu'à présent pour ses tendances vertes, qui reprenne la plupart des objectifs du Grenelle de l'environnement.
Pour un grenelle de l'environnement au Québec ?
Le dernier rapport des Nations Unies (GEO4), impliquant près de 400 experts internationaux, confirme l'urgence d'agir en matière d'environnement parce que l'espèce humaine est menacée.
Au Québec, le plus grand défi actuellement, c'est le manque chronique de vision stratégique au niveau gouvernemental en matière de développement durable. Les bons coups dans ce domaine (éolien, stratégie sur Kyoto, produits du terroir, commission Coulombe, etc.) sont éclipsés par les mauvais (Mont Orford, mauvais encadrement l'éolien, ports méthaniers, autoroute 30, pont de la 25, etc…). Bref on ne peut plus, comme société, voguer au gré des crises sans avoir une vision minimale de la direction vers laquelle on s'en va… Il faut une gouvernance et un leadership environnemental fort au Québec.
Dans quelques mois, le Québec pourrait se retrouver en élections. Il est temps de se mobiliser pour s'assurer que nous ayons un processus participatif crédible afin de dégager, comme en France, un consensus solide et ferme pour un Québec plus respectueux des impératifs écologiques.
Alors Mme Marois et messieurs Charest et Dumont… qui sera le premier à appuyer un Grenelle de l'environnement fait au Québec ?