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Pour une agriculture écologiquement et socialement durable au Québec ... et donc sans OGM - Couverture du rapport
AgrandirSelon Greenpeace, la prolifération des algues bleues et des cyanobactéries, la culture d’OGM, l’utilisation de pesticides et d’herbicides, l’épandage de lisier de porc, la production d’éthanol au maïs ainsi que la malbouffe sont symptomatiques de pratiques et de politiques agricoles et agroalimentaires non durables.
Les gouvernements encouragent depuis 40 ans l’industrialisation et la concentration de l’agriculture et les crises se succèdent et s’amplifient.Les contribuables et l’environnement payent chaque fois les pots cassés, sans que soit résolu à la source la cause des problèmes. Le Ministère de l’Environnement tente parfois de mettre en place des pratiques agricoles moins dommageables pour l’environnement afin de résoudre des problèmes engendrés par les politiques d’autres ministères comme celui de l’agriculture... Bref, l’agriculture est dans une impasse.
La Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec (la CAAAQ) a tenu de nombreuses audiences publiques régionales et nationales de février à septembre 2007. Comme beaucoup d’autres groupes et de citoyens qui se sont présentés à la CAAAQ, Greenpeace exige que les politiques gouvernementales changent de paradigme en adoptant l’agroécologie. Il faut en effet remettre l’environnement au centre des préoccupations du monde agricole et travailler avec la nature plutôt que contre elle. À titre d’exemple, que ce soit pour les pesticides ou herbicides, les monocultures, les OGM, la réduction de la biodiversité et du patrimoine génétique agricole, ces préoccupations sont largement ignorées. Le discours sur « l’agroenvironnement » du gouvernement ne génère que des solutions marginales face à des défis environnementaux plus considérables. Par exemple, créer ou augmenter des bandes de végétations entre les champs de maïs et les rives des cours d’eau sans résoudre les déversements excédentaires de lisier de porc (de phosphate) dans les champs et au niveau des bassins versants constitue une approche vouée à l’échec.
Pour Greenpeace, il faut que le gouvernement adopte des critères pour mettre en place des politiques et des pratiques basées sur l’agroécologie. Greenpeace suggère sept critères généraux qui devraient être au centre de l’agroécologie.
Recommandation 12 : que le gouvernement du Québec s’assure que les décisions politiques d’un ministère ne contredisent pas ou ne nuisent pas à celles d’autres ministères dans l’objectif global en faveur de la santé environnementale et humaine. À l’heure actuelle, le cloisonnement, la spécialisation des activités gouvernementales et la dominance des priorités économiques (courts et moyens termes) sont des obstacles majeurs à l’application de politiques écologiquement et socialement durables dans une perspective de développement économique durable à moyen et long terme.
Recommandation 6 : que le gouvernement du Québec redéploie les ressources gouvernementales (budget, personnel, priorités de la recherche, etc.) vers des solutions de rechange agroécologiques aux OGM et à l’agriculture chimique, comme l’agriculture biologique.
Recommandation 14 : que le gouvernement du Québec intègre le développement rural et régional comme un des objectifs premiers dans un Cadre stratégique pour une agriculture écologiquement et socialement durable et promouvoir les petites et nombreuses fermes dans les politiques de développement rural et régional.
Recommandation 17 : que le gouvernement du Québec réoriente la recherche publique vers une agriculture écologique et socialement durable, en particulier vers l’agriculture biologique. Pourquoi ne pas se lancer comme objectif d’allouer 20 % des fonds pour ce type d’agriculture en 2008, et ensuite l’augmenter de 2 % par année pour arriver à 50 % des fonds en 2023.
Recommandation 11 : que le gouvernement du Québec fasse passer les pratiques et les politiques agricoles vers une agriculture biologique avec des objectifs clairs, ambitieux et surtout pertinents selon les ressources. Ainsi, sans être utopique, pourquoi ne pas proposer que l’agriculture biologique au Québec atteigne 25 % des surfaces cultivées en 2015 et 50 % en 2025? Le gouvernement doit apporter son soutien financier à hauteur de 100 % pour les agriculteurs lors de la transition de l’agriculture conventionnelle à biologique (environ 3 ans).
Recommandation 21 : que le gouvernement du Québec prône :
Recommandation 22 : que le gouvernement du Québec établisse un « indicateur écologique et social alimentaire » qui serait ajouté à l’étiquetage de tous les aliments vendus au Québec d’ici 2009.
Le Québec peut et doit construire un consensus social et politique autour des grands enjeux de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement qui aillent dans le sens d’une agriculture écologiquement et socialement durable, c’est-à-dire de l’agroécologie. La Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation au Québec peut et doit jouer son rôle de catalyseur pour amorcer les changements nécessaires. Nous invitons le Québec à prendre ce virage vert. Le rapport de la CAAAQ devrait sortir au début de 2008.
Nous vous invitons à lire le mémoire de Greenpeace à la CAAAQ.
Présentation à la CAAAQ le 5 septembre 2007 – 24 recommandations structurantes pour l’avenir de l’agriculture au Québec.
Vous pouvez aussi lire le communiqué.