Brûler des arbres pour de l’énergie menace le climat, les forêts et la population

Actualité - 2 novembre, 2011
Dans un nouveau rapport scientifique percutant publié aujourd’hui, Greenpeace fait la lumière sur les dangers de l’utilisation à grande échelle de la biomasse forestière et de la coupe d’arbres pour la production d’électricité, de biocarburants et de chaleur. Intitulé De biomasse ... à biomascarade, le rapport conclut que brûler des arbres à des fins énergétiques menace le climat, les forêts et les communautés au Québec comme dans le reste du Canada.

 

« Le développement actuel de la biomasse forestière au Québec et au Canada menace nos forêts et accélérera le dérèglement climatique pendant des décennies », a affirmé Nicolas Mainville, responsable de la campagne Forêt chez Greenpeace et auteur du rapport. « La quantité de bois provenant de nos forêts publiques et brûlée dans des centrales électriques ou comme biocarburant est en croissance exponentielle, à l’insu de la population, et sans que nos gouvernements n’aient mis en place des balises environnementales strictes ». 

Ce rapport passe en revue la littérature scientifique la plus à jour et démolit les allégations d’énergie propre, verte et carboneutre véhiculées par les gouvernements et l’industrie. Ce qui était traditionnellement une utilisation locale et à petite échelle des résidus à l’usine pour produire de la chaleur en cogénération se transforme rapidement en une utilisation à grande échelle des forêts pour la combustion, un changement radical du rôle de nos forêts publiques. Suite aux nouvelles politiques d’approvisionnement en biomasse, la quantité de bois extraite des forêts canadiennes pourrait plus que doubler.

 

L’augmentation de la demande en bois, liée au boom des bioénergies, préoccupe grandement Greenpeace qui voit cette tendance comme une augmentation drastique de la pression sur nos forêts et une compétition directe avec le secteur forestier traditionnel et les emplois en forêt.

Notons qu’à ce jour, les émissions de CO2 provenant de la bioénergie forestière ne sont pas comptabilisées par les gouvernements parce que considérées « carboneutres ». En réalité, ces émissions – environ 40 mégatonnes de CO2 annuellement au Canada – dépassent celles du parc automobile canadien pour 2009, et contribuent aux changements climatiques pendant des décennies, voire des siècles, jusqu’à ce que les arbres en régénération recaptent le carbone émis.

« Brûler à des fins énergétiques ce qui était jusqu’alors épargné par les coupes forestières risque de créer un nouveau fiasco environnemental et éloigner le secteur forestier d’un développement réellement durable », a ajouté M. Mainville. « Greenpeace appelle à une suspension des projets en cours, à la tenue d’audiences publiques et à une comptabilisation annuelle complète des émissions de GES provenant de l’ensemble du cycle de vie de la biomasse ».

Le Canada a exporté 1,2 million de tonnes de granules de bois vers l’Union européenne, une augmentation de 700 % en moins de huit ans. La sortie de ce rapport coïncide avec l’ouverture du premier marché d’échange de la biomasse en Europe (APX-ENDEX), dont l’un des actionnaires est la Caisse de dépôt et placement du Québec.

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Contactez votre ministre responsable des dossiers forestier et énergétique et dites-lui de cesser de brûler les forêts publiques pour la production d’énergie et de restreindre ce secteur à une utilisation locale à petite échelle des résidus à l’usine. La combustion de nos forêts à grande échelle à des fins énergétiques menace la santé des forêts, le climat et la création d’emploi.

Québec : Clément Gignac, ministère des Ressources naturelles et de la Faune -

Ontario : Michael Gravelle, ministère des Ressources naturelles -

Nouveau-Brunswick : Bruce Northrup

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