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La destruction de la forêt boréale, du fait de l’exploitation des sables bitumineux, entraîne des émissions de gaz à effet de serre qui ne sont pas comptabilisées à ce jour. En effet, le rapport « Bitume et Biocarbone » montre pour une première fois qu’au bilan annuel des GES de l’industrie des sables bitumineux doivent s’ajouter annuellement 8,7 mégatonnes (mt) de CO2 émis et ce, considérant le développement prévu par l’industrie elle-même.
« Ne pas tenir compte des GES émis suite à la déforestation et au changement d’affectation des sols prouve que l’industrie pétrolière et les gouvernements de l’Alberta et du Canada cherchent à minimiser volontairement les impacts de l’exploitation des sables bitumineux et qu’en réalité, ils ne connaissent pas l’ampleur du problème, affirme Mélissa Filion, directrice intérimaire de Greenpeace au Québec. Se mettre la tête dans le sable n’est certainement pas une stratégie qui nous aidera à échapper à la crise du climat. »
Le rapport affirme que les écosystèmes naturels détruits par l’exploitation des sables bitumineux représentent 1 613 877 hectares (ha), un territoire faisait 20 fois la taille de la ville de Calgary. Emmagasiné dans les plantes, dans les arbres et dans les sols, le carbone organique est libéré lorsque l’on creuse pour construire des mines à ciel ouvert, des routes et de grands réseaux de pipeline et se transforme en dioxyde de carbone. Aux émissions de gaz à effet de serre issues de l’extraction du pétrole, le carbone biologique s’ajoute ainsi au total des émissions émises.
« Un élément phare du rapport est qu’il met à jour l’impact de l’industrie des sables bitumineux sur les tourbières boréales, ajoute Mélissa Filion. Les tourbières constituent l’un des plus importants stocks de carbone de la planète, puisqu’elles emmagasinent du carbone depuis plusieurs milliers d’années. Lorsque les tourbières sont détruites par l’activité industrielle, non seulement ce carbone est libéré dans l’atmosphère, mais les écosystèmes ne peuvent plus capter le carbone de l’atmosphère ce qui amplifie ainsi le phénomène du réchauffement planétaire. »
À ce jour, la quantité déclarée de GES issue de l’industrie pétrolière est de 36 mt par année. Mais comme le montre le rapport, ces données ne tiennent pas comptes de l’impact de l’industrie sur les écosystèmes. Les sables bitumineux représentent la première source de croissance de GES au Canada.
L’analyse complète et plusieurs cartes se trouvent dans le rapport afin d’illustrer l’impact considérable des sables bitumineux de l’Alberta sur l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre au Canada.
Pour télécharger le rapport : www.greenpeace.org/canada/gfwc
Pour consulter les faits saillants : Faits saillants rapport bitume et biocarbone