Rapport de l'ONU

Protection contre le chalutage de fond « cruellement inadéquate »

Actualité - 19 juillet, 2006
Après deux ans d'attente, l'ONU a finalement confirmé ce que tout le monde savait déjà: les mesures existantes pour protéger la vie des grands fonds marins contre les pratiques de pêche destructrices comme le chalutage de fond sont "cruellement inadéquates" et il faut que "la communauté internationale agisse immédiatement" pour y remédier.

Les prises accessoires, dont une étoile de mer, dépassent largement le poids des espèces ciblées lors de cette expédition de chalutage de fond dans les eaux Internationales de la Mer de Tasmanie. Greenpeace, à l’unisson avec des milliers de scientifiques, appuie le décret d’un moratoire International afin que cesse cette forme de pêche hautement desctructive.

Il aura fallu deux ans à l'ONU pour confirmer, dans un rapport d'enquête paru mi-juillet 2006, ce que le monde entier savait déjà: la vie des grands fonds marins et les habitats vulnérables comme les coraux d'eau froide sont massacrés à longueur d'année par un nombre restreint de navires de pêche dont les méthodes sont particulièrement destructrices. Durant ces deux années de palabres, de nombreux écosystèmes des grands fonds ont été ravagés sur des surfaces immenses et des espèces ont probablement été exterminées. En regardant la carte des zones actuellement protégées, vous constaterez à quel point la haute mer est peu... protégée.

"Pour stopper immédiatement l'incontrôlable destruction en cours, l'ONU n'a qu'une solution: instaurer un moratoire sur le chalutage de fond en haute mer lors de la prochaine Assemblée Générale, en octobre 2006", déclare Karen Sack, conseillère politique chez Greenpeace International.

L'enquête

Les conclusions de l'enquête, commandée par l'Assemblée Générale de l'ONU en 2004 et conduite par le Secrétaire Général, sont les suivantes: "De nombreuses pêcheries ne sont pas gérées, jusqu'au moment où elles sont surexploitées et clairement épuisées... Ceci soulève la question du besoin urgent de mesures intérimaires dans des circonstances particulières, en attendant l'adoption de régimes de conservation et de gestion."

Nous aurions pu leur dire cela. En fait, nous l'avons fait. Et nous ne sommes pas les seuls: Greenpeace est membre de la Deep Sea Conservation Coalition (DSCC), une alliance de près de 60 organisations internationales de conservation et de protection de l'environnement qui font campagne depuis 2003 pour un moratoire sur le chalutage de fond en haute mer.

La patate chaude s'arrête là

Matthew Gianni, de la DSCC, a déclaré: "Les ONG, les scientifiques et plusieurs gouvernements ont soutenu à maintes reprises que les mesures existantes étaient inadéquates et qu'une enquête ne ferait que confirmer cela. Malheureusement, cette enquête a coûté 2 ans de protection aux grands fonds marins. A partir de cette année, il faut que la patate chaude cesse de passer de main en main; il est grand temps d'agir."

En réponse au rapport de l'ONU, Sari Tolvanen, le responsable de la campagne océans en France, a ajouté: "Si la communauté internationale échoue à agir et protéger nos biens communs lorsque les preuves accumulées sont aussi précises, il faudra sérieusement remettre en question sa capacité à gérer les autres ressources globales dont l'humanité entière bénéficie."

Les négociations sur l'instauration d'un moratoire sur le chalutage de fond en haute mer auront lieu les 4 et 5 novembre, lors de l'Assemblée Générale de l'ONU. Les décisions tomberont en novembre.

De nombreux Défenseurs des océans ont contribué à faire pression sur les gouvernements, qui ont reçu des dizaines de milliers d'emails leur demandant de 'suspendre le temps' et de faire cesser le chalutage de fond.

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