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La CICTA est la Commission internationale chargée de gérer la pêcherie du thon rouge. L’enjeu sera double lors de la réunion plénière annuelle de la CICTA du 9 au 15 novembre. Premièrement, fermer la pêche au thon rouge le temps de mettre en place une gestion durable de cette pêcherie. Deuxièmement, soutenir le classement du thon rouge à l’annexe I de la CITES pour en interdire le commerce international. Il faut impérativement activer ces deux leviers si l’on veut sauver cette espèce pour les générations futures et l’ensemble de l’écosystème marin.
Le 23 octobre 2009, les conseillers de la CICTA ont conclu que l’ampleur du déclin du thon rouge de l’Atlantique mérite une protection qui interdirait la commercialisation jusqu’à ce que la population de thons se rétablisse.
L’inscription du thon en vertu de la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces de la faune et de flore sauvages menacées d'extinction, a été proposée dans une ultime tentative de sauver cette créature majestueuse de l’extinction commerciale. Les scientifiques de la CICTA ont conclu selon des probabilités dépassant 90 % que la population de thon dans l’Atlantique Est, la Méditerranée et l’Atlantique Ouest représente aujourd’hui moins de 15 % de son bassin initial avant l’arrivée de la pêche industrielle.
Le sort de cette espèce est en train d’être débattu lors de la réunion annuelle de la CICTA du 9 au 15 novembre au Brésil et se poursuivra jusqu’en 2010 à Qatar, lors de la réunion de la CITES.
Afin de répondre à la demande mondiale grandissante de cette espèce trop populaire, l’industrie du thon rouge n’a reculé devant rien pour approvisionner le marché.
Des années de pêches excessives, jumelées aux prises illégales et non déclarées et au piètre contrôle de la CICTA ont laissé cette espèce à des niveaux de stocks dangereusement faibles.
Jusqu’ici, les recommandations des scientifiques de la CICTA ont été ignorées ou abordées de façon inadéquate, y compris les recommandations de réduire les prises autorisées dans les stocks de l’est de l’Atlantique et de la Méditerranée, afin de protéger les lieux et les saisons de frai et pour améliorer les systèmes de contrôle des pêches. Les pays membres ont été invités à réduire volontairement leurs prises dans l’Atlantique Est et la Méditerranée en 2009. Aucun pays ne s’y est conformé.
Les groupes environnementaux sonnent l’alarme quant aux échecs répétés de la CICTA pour une gestion adéquate de ces pêches. Cette mauvaise gestion, combinée au faible taux de reproduction du thon rouge, a encouragé les organisations environnementales et certains pays à se tourner vers la CITES.
Le 14 octobre, la Principauté de Monaco a soumis une proposition afin d’inclure le thon rouge de l’Atlantique à l’Annexe I de la CITES, l’annexe en vertu de laquelle la commercialisation est entièrement interdite. Il y a quelques semaines, le gouvernement des États-Unis a appuyé cette proposition. Le Canada demeure muet face à la catastrophe tout comme l’Union européenne.
De notre côté de l’Atlantique, l’abondance des stocks des côtes de l’Île-du-Prince-Édouard donne la fausse impression que l’ensemble de la ressource se porte bien. Mais rien n’est moins certain ! Les recherches démontrent que les stocks dépendent les uns des autres pour survivre. Malgré les apparences, les industries de la pêche du Québec et des provinces de l’Atlantique ne sont pas à l’abri des conséquences désastreuses de la disparition du thon rouge de l’autre côté de l’océan.
Du côté de l’Atlantique Ouest, la situation du thon rouge est de plus en plus préoccupante. En 2007, la biomasse du stock reproducteur du thon rouge était estimée à 8 693 tonnes. Un contraste frappant par rapport aux 49 482 tonnes de 1970 ! Il s’agit d’un recul alarmant de 82,4 % en seulement 38 ans. Malgré une amélioration de la gestion des pêches du thon rouge de cette région, le stock ne montre aucun signe de rétablissement important.
Le cas du thon rouge est édifiant et caractéristique de la situation actuelle. Les éléments scientifiques sont là, les solutions en matière de gouvernance existent, mais les décisions et le courage politique sont absents. Greenpeace demande la fermeture complète de la pêche au thon rouge. Celles-ci pourront reprendre lorsque :
À vous d’agir ! Retirez les sushis de votre alimentation et dites à votre restaurateur préféré pourquoi c’est maintenant qu’il faut agir si l’on ne veut pas que le thon rouge disparaisse et que cette pêche pratiquée en Méditerranée depuis 7 000 ans appartienne à l’histoire ancienne.