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Jean Charest

Jean Charest

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Montréal, Canada — Le premier ministre du Québec, Jean Charest, présidera demain, à Ste-Adèle, le Sommet national sur les algues bleues. À l’heure actuelle, 156 lacs et cours d’eau sont affectés par les algues bleues. Du jamais vu au Québec. Il y a donc urgence d’agir. Agir, comme dans passer aux actes, opérer, conduire, faire procéder, entrer en jeu, entrer en scène…

Comme d’autres groupes, que ce soit Nature Québec , Eau secours , l’Union paysanne ou encore l’Association québécoise de la lutte contre la pollution atmosphérique, Greenpeace n’ a pas été invité au sommet.  En revanche, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCRE) y sera. Soulignons que Greenpeace est membre du Conseil régional de l’environnement de Montréal et fait entièrement confiance au RNCREQ pour qu’il représente les enjeux environnementaux.

Cependant, le RNCREQ sera la seule voix écologiste au sommet et risque, de fait, d’être marginalisé par d’autres intervenants économiques comme l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Au moment de publier ce texte, moins de 24 heures avant le début du Sommet, le gouvernement n’a toujours pas rendu publique ses propositions pour régler structurellement le problème des algues bleues.  Par conséquent, il est impossible de juger actuellement de la volonté réelle du gouvernement d’apporter une solution globale au problème des algues bleues.  Le grand défi pour le gouvernement, et en particulier pour le premier ministre, sera que ce sommet représente un tournant historique vers une gestion plus écologique de nos lacs et rivières.  Malheureusement, la crainte de Greenpeace est que ce Sommet se termine par un communiqué de presse gouvernemental qui répète laconiquement les politiques, les budgets et les programmes existants ou déjà annoncés sans vraiment mettre en place de nouvelles mesures adéquates ni appliquer sérieusement celles qui existent comme par exemple les bandes riveraines en agriculture où l’impunité règne.

Que pourrait faire le gouvernement ?

Greenpeace suggère ci-dessous quelques mesures qui permettraient au gouvernement de démontrer sa réelle volonté de régler le problème des algues bleues, comme par exemple :

     
  1. Annoncer le réglement global de la problématique de l’eau et de la protection de l’eau (pas seulement les excédents de phosphores dans l’environnement, mais aussi les herbicides, les pesticides, etc...) avec un échéancier précis et des budgets adéquats.
  2.  
  3. Réaffirmer clairement que tous les acteurs qui sont les sources d’excédents de phosphores dans l’environnement devront être impliqué dans les solutions proportionnellement à leurs déversements de phosphore dans l’environnement.  Par exemple si dans certains bassins versants, l’agriculture, et plus précisément les porcheries, sont la cause de 77 % des excédants de phosphores déversés dans un bassin versant, les pollueurs doivent assumer pas moins de 77 % des efforts pour réduire à la source le problème des algues bleues.
  4.  
  5. Dire qu’il est prêt à prendre des mesures environnmentales supplémentaires pour réduire les excédants de phosphore en provenance de l’agriculture même si le gouvernement a pas une entente avec l’UPA  en décembre 2006 qui exempte l’agriculture de nouvelles mesures environnementales jusqu’en 2010.  Et surtout, appliquer les politiques existantes comme dans le cas des bandes riveraines.
  6.  
  7.   Imposer des normes strictes pour tous le Québec tout en fournissant l’aide techniques et fiancières requises pour l’application par les municipalités des excédants de phosphores (ex. résidentiel) qui sont sous la jurisdiction de ces dernières.  (Les municipalités n’ont plus de pouvoir en matière agricole).
  8.  
  9. Prendre des mesures afin que la vente et l’utilisation de détergent contenant du phosphore soient de facto interdite au Québec.  Le Quebec doit s’assurer que le gouvernement fédéral interdise rapidement tous les détergents contenant du phosphore.
  10.  
  11. (R)établir des analyses détaillées et annuelles de la qualité des eaux dans tous les bassins versants affectés notamment par les algues bleues afin d’évaluer  les progrès réels des mesures gouvernementales.  Ces analyses seront rendues publiques intégralement.
  12.  
  13. Donner un mandat et des ressources supplémentaires au Forestier en chef pour qu’il fasse un rapport sur les relations entre l’état des forêts, les pratiques forestières et la qualité des eaux et en particulier la situation des algues bleues.

Il est donc possible d’agir pour améliorer la situation. Agir, comme dans passer aux actes, opérer, conduire, faire procéder, entrer en jeu, entrer en scène… Sinon, on risque de se retrouver dans la même situation l’été prochain.  Jean Charest va-t-il réussir à régler le problème ?  À suivre, dans une télévision en direct près de chez vous.

— Éric Darier, Responsable de la campagne agriculture