Nouveau sondage sur l’étiquetage des OGM

9 Québécois sur 10 réclament l’étiquetage, l’appui grimpe, Québec doit bouger

Actualité - 6 mai, 2007
L’appui à l’étiquetage obligatoire des OGM au Québec est dans une progression constante et solide. Les taux sont si élevés que l’on peut pratiquement parler d’une quasi-unanimité des Québécois sur cette question.

Souvenir de campagne électorale.Les militants de Greenpeace ont fait le guet entre le monticule de maïs et la porte d’entrée du quartier général du Parti libéral du Québec.

C'est du moins ce qui ressort d'un sondage de Léger Marketing réalisépour le compte de Greenpeace, à la veille de la rentrée parlementaire àl'Assemblée nationale. En effet, 86 % des Québécois appuientl'étiquetage obligatoire des OGM, comparativement à 76 % en 2004. 97 %d'entre eux s'attendent également à ce que les partis d'oppositionappuient tout projet libéral d'étiquetage.

Ce sondage dit en somme que les Québécois veulent que leur gouvernementbouge dans ce dossier. D'autant plus qu'Ottawa a réaffirmé la semainedernière ne pas avoir l'intention de changer de politique à cet égard.


Pendant ce temps à Ottawa

« Le ministre de l'Agriculture ChuckStrahl a indiqué mardi que son gouvernement n'avait pas l'intention derendre obligatoire l'étiquetage des OGM, comme le réclament lesécologistes et les associations de consommateurs ».

(Presse canadienne 2 mai 2007)

Malgré que la norme « volontaire » pour l'étiquetage des OGM au Canadan'ait produit à ce jour aucune étiquette « avec OGM », le gouvernementconservateur de Stephen Harper maintient la même politique que leslibéraux de Jean Chrétien et refuse de donner aux consommateurs ledroit de savoir si les aliments contiennent ou non des OGM.  C'esten ces termes que le gouvernement Harper a donné suite à une conférence de presse sur la Colline d'une vaste coalition, le 2 mai dernier

Or, le ministre fédéral de l'Agriculture, Chuck Strahl, a ajouté del'huile sur le feu en faisant quelques déclarations surprenantes.


« ... l’intervention du gouvernementn'est pas nécessaire puisque les entreprises s’adapteront aux besoinset désirs des consommateurs, si les pressions populaires sont assezfortes ».

(Presse canadienne 2 mai 2007)


« … c’est à la population de prendreles choses en main. Si les consommateurs veulent des produits sans OGM,ils ont un grand pouvoir pour changer les choses. Ils n'ont qu'à ne pasen acheter et les choses vont changer. Regardez ce qui s'est passé avecles produits biologiques. Les gens ont commencé à dire qu'ilsn'achèteraient plus que des produits bio. Et ça marche. Il faut que lesconsommateurs fassent pression pour inciter les entreprises à sauterdans le train. Je ne vois pas la nécessité pour le gouvernement d'allervers ça [l'étiquetage obligatoire] », a-t-il affirmé à sa sortie ducaucus conservateur, hier matin.

(Le Devoir 3 mai 2007)

Le ministre Strahl omet de préciser qu'il existe un étiquetage pour lesproduits certifiés biologiques alors que dans la réalité il n'y aencore aucune étiquette « avec OGM », comme c'est pourtant le cas dansplus de 40 pays à travers le monde. Il faut se demander comment lesconsommateurs pourront envoyer un message à l'industrie agroalimentaires'il n'y a pas d'étiquette et s'ils ne sont pas informés de leuralimentation. Bref, sans étiquetage obligatoire des OGM, lesconsommateurs ne peuvent pas exercer leur plein droit de ne pas mangerd'OGM.


86 % veulent que ça bouge!

Depuis plus d'une dizaine d'années, les sondages démontrent un fort appui à l'étiquetage obligatoire des OGM au Québec et au Canada. Récemment, un sondage réalisé en Colombie-Britanniquedémontrait un appui de 79 % pour que le gouvernement de la Colombie-Britannique mette en place un étiquetage obligatoire des OGM.

Le sondage d'aujourd'hui, réalisé par la firme Léger Marketing pour lecompte de Greenpeace montre que, de 76 % en 2004, l'appui àl'étiquetage des OGM ou organismes génétiquement modifiés se situemaintenant à 86 %, un bond de 10 % en moins de trois ans. Aujourd'hui,seule une petite minorité de gens, 8 % en fait, s'oppose à l'étiquetagedes OGM.

« Ce sondage démontre que l'appui à l'étiquetage obligatoire des OGM seconsolide dans la population », lance Éric Darier, coordonnateur de lacampagne OGM de Greenpeace. « Aujourd'hui, près de 9 Québécois sur 10n'en démordent pas : ils veulent l'étiquetage obligatoire des OGM. Legouvernement précédent de monsieur Jean Charest a gâché une belleoccasion de le faire alors qu'il détenait une majorité parlementaire ».

Compte tenu de la nouvelle réalité politique à l'Assemblée nationale,Greenpeace a fait inclure à ce sondage une question supplémentaire pourceux qui appuient l'étiquetage des OGM. Ainsi donc, 97 % des Québécois« pensent que les deux partis d'opposition - l'ADQ et le PQ - devraientappuyer l'étiquetage obligatoire des OGM si le gouvernement libéral leproposait? » 

Pour Éric Darier, « le message est clair pour lestrois partis politiques à l'Assemblée nationale : le gouvernementlibéral doit aller de l'avant pour mettre en place l'étiquetageobligatoire des OGM et ce, même en situation minoritaire.  Lespartis d'opposition doivent quant à eux s'engager à l'appuyer sur cesujet. Toutes les formations ont le devoir d'éviter les chicanespartisanes et d'éviter de heurter le désir et la volonté de 86 % desQuébécoises et Québécois qui veulent l'étiquetage obligatoire des OGM».

Par ailleurs, Greenpeace a voulu connaître ce qui a motivé 8 % desrépondants à ne pas vouloir l'étiquetage obligatoire des OGM. Parmiceux-ci, seulement 12 % (moins de 1 % de l'ensemble de la population)ne veulent tout simplement pas savoir si leurs aliments contiennent desOGM.

De 2003 à 2007, le gouvernement Charest a fait traîner le dossier del'étiquetage des OGM en utilisant moult stratagèmes, prétextes etexcuses. L'un de ceux-ci était de faire peur aux consommateurs et auxagriculteurs en suggérant que l'étiquetage obligatoire des OGMcoûterait trop cher.  Or, seulement 36 % des personnes qui nesouhaitent pas l'étiquetage des OGM (8 %) apparaissent aujourd'huiconvaincus par cet argument, soit moins de 3 % de l'ensemble desQuébécois.  Rappelons qu'une étude commandée par le gouvernement -qu'il n'a jamais rendue publique - et publiée durant la campagneélectorale par des groupes incluant Greenpeace démontrait que les coûtsseraient bien moindres que ce qu'affirmait l'industrie.

Le gouvernement affirmait également durant son précédent mandat qu'illui fallait attendre Ottawa et les autres provinces. Notons là aussique seulement 26 % des personnes qui ne souhaitent pas l'étiquetage desOGM (8 %) croient que c'est au gouvernement fédéral d'agir ou aufédéral et aux autres provinces de s'entendre. En somme, moins de 3 %de l'ensemble des Québécois appuient cette dernière dérobade dugouvernement Charest pour justifier l'inaction et l'attentisme deQuébec.

« Le choix est clair pour le gouvernement Charest minoritaire : va-t-ilcontinuer à gouverner pour la minorité décroissante ou va-t-il agirpour respecter la volonté de l'écrasante majorité », interroge ÉricDarier.  « C'est clair, les Québécois veulent l'étiquetage desOGM, ils veulent que leur gouvernement bouge, ils veulent que les deuxpartis d'opposition appuient l'étiquetage obligatoire des OGM auQuébec.  Pour être crédible, il faut que le premier ministre JeanCharest annonce ces intentions concernant l'étiquetage des OGM dèscette rentrée parlementaire ».

Bref, sur la question de l'étiquetage obligatoire des OGM, aurons-nousun gouvernement minoritaire, par et pour des infiniment minoritaires ouun gouvernement pour tous les Québécois?

 

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