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Souvenir de campagne électorale. Les militants de Greenpeace ont fait 
le guet entre le monticule de maïs et la porte d’entrée du quartier 
général du Parti libéral du Québec.

Souvenir de campagne électorale. Les militants de Greenpeace ont fait le guet entre le monticule de maïs et la porte d’entrée du quartier général du Parti libéral du Québec.

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Montréal, Canada — L’appui à l’étiquetage obligatoire des OGM au Québec est dans une progression constante et solide. Les taux sont si élevés que l’on peut pratiquement parler d’une quasi-unanimité des Québécois sur cette question.

C’est du moins ce qui ressort d’un sondage de Léger Marketing réalisé pour le compte de Greenpeace, à la veille de la rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale. En effet, 86 % des Québécois appuient l’étiquetage obligatoire des OGM, comparativement à 76 % en 2004. 97 % d’entre eux s’attendent également à ce que les partis d’opposition appuient tout projet libéral d’étiquetage.

Ce sondage dit en somme que les Québécois veulent que leur gouvernement bouge dans ce dossier. D’autant plus qu’Ottawa a réaffirmé la semaine dernière ne pas avoir l’intention de changer de politique à cet égard.

Pendant ce temps à Ottawa

« Le ministre de l'Agriculture Chuck Strahl a indiqué mardi que son gouvernement n'avait pas l'intention de rendre obligatoire l'étiquetage des OGM, comme le réclament les écologistes et les associations de consommateurs ». (Presse canadienne 2 mai 2007)

Malgré que la norme « volontaire » pour l’étiquetage des OGM au Canada n’ait produit à ce jour aucune étiquette « avec OGM », le gouvernement conservateur de Stephen Harper maintient la même politique que les libéraux de Jean Chrétien et refuse de donner aux consommateurs le droit de savoir si les aliments contiennent ou non des OGM.  C’est en ces termes que le gouvernement Harper a donné suite à une conférence de presse sur la Colline d’une vaste coalition, le 2 mai dernier

Or, le ministre fédéral de l’Agriculture, Chuck Strahl, a ajouté de l’huile sur le feu en faisant quelques déclarations surprenantes.

« ... l’intervention du gouvernement n'est pas nécessaire puisque les entreprises s’adapteront aux besoins et désirs des consommateurs, si les pressions populaires sont assez fortes ».
(Presse canadienne 2 mai 2007)

« … c’est à la population de prendre les choses en main. Si les consommateurs veulent des produits sans OGM, ils ont un grand pouvoir pour changer les choses. Ils n'ont qu'à ne pas en acheter et les choses vont changer. Regardez ce qui s'est passé avec les produits biologiques. Les gens ont commencé à dire qu'ils n'achèteraient plus que des produits bio. Et ça marche. Il faut que les consommateurs fassent pression pour inciter les entreprises à sauter dans le train. Je ne vois pas la nécessité pour le gouvernement d'aller vers ça [l'étiquetage obligatoire] », a-t-il affirmé à sa sortie du caucus conservateur, hier matin.
(Le Devoir 3 mai 2007)

Le ministre Strahl omet de préciser qu’il existe un étiquetage pour les produits certifiés biologiques alors que dans la réalité il n’y a encore aucune étiquette « avec OGM », comme c’est pourtant le cas dans plus de 40 pays à travers le monde. Il faut se demander comment les consommateurs pourront envoyer un message à l’industrie agroalimentaire s’il n’y a pas d’étiquette et s’ils ne sont pas informés de leur alimentation. Bref, sans étiquetage obligatoire des OGM, les consommateurs ne peuvent pas exercer leur plein droit de ne pas manger d’OGM.

86 % veulent que ça bouge!

Depuis plus d’une dizaine d’années, les sondages démontrent un fort appui à l’étiquetage obligatoire des OGM au Québec et au Canada. Récemment, un sondage réalisé en Colombie-Britannique démontrait un appui de 79 % pour que le gouvernement de la Colombie- Britannique mette en place un étiquetage obligatoire des OGM.

Le sondage d’aujourd’hui, réalisé par la firme Léger Marketing pour le compte de Greenpeace montre que, de 76 % en 2004, l’appui à l’étiquetage des OGM ou organismes génétiquement modifiés se situe maintenant à 86 %, un bond de 10 % en moins de trois ans. Aujourd’hui, seule une petite minorité de gens, 8 % en fait, s’oppose à l’étiquetage des OGM.

« Ce sondage démontre que l’appui à l’étiquetage obligatoire des OGM se consolide dans la population », lance Éric Darier, coordonnateur de la campagne OGM de Greenpeace. « Aujourd’hui, près de 9 Québécois sur 10 n’en démordent pas : ils veulent l’étiquetage obligatoire des OGM. Le gouvernement précédent de monsieur Jean Charest a gâché une belle occasion de le faire alors qu’il détenait une majorité parlementaire ».

Compte tenu de la nouvelle réalité politique à l’Assemblée nationale, Greenpeace a fait inclure à ce sondage une question supplémentaire pour ceux qui appuient l’étiquetage des OGM. Ainsi donc, 97 % des Québécois « pensent que les deux partis d’opposition – l’ADQ et le PQ – devraient appuyer l’étiquetage obligatoire des OGM si le gouvernement libéral le proposait? » 

Pour Éric Darier, « le message est clair pour les trois partis politiques à l’Assemblée nationale : le gouvernement libéral doit aller de l’avant pour mettre en place l’étiquetage obligatoire des OGM et ce, même en situation minoritaire.  Les partis d’opposition doivent quant à eux s’engager à l’appuyer sur ce sujet. Toutes les formations ont le devoir d’éviter les chicanes partisanes et d’éviter de heurter le désir et la volonté de 86 % des Québécoises et Québécois qui veulent l’étiquetage obligatoire des OGM ».

Par ailleurs, Greenpeace a voulu connaître ce qui a motivé 8 % des répondants à ne pas vouloir l’étiquetage obligatoire des OGM. Parmi ceux-ci, seulement 12 % (moins de 1 % de l’ensemble de la population) ne veulent tout simplement pas savoir si leurs aliments contiennent des OGM.

De 2003 à 2007, le gouvernement Charest a fait traîner le dossier de l’étiquetage des OGM en utilisant moult stratagèmes, prétextes et excuses. L’un de ceux-ci était de faire peur aux consommateurs et aux agriculteurs en suggérant que l’étiquetage obligatoire des OGM coûterait trop cher.  Or, seulement 36 % des personnes qui ne souhaitent pas l’étiquetage des OGM (8 %) apparaissent aujourd’hui convaincus par cet argument, soit moins de 3 % de l’ensemble des Québécois.  Rappelons qu’une étude commandée par le gouvernement – qu’il n’a jamais rendue publique – et publiée durant la campagne électorale par des groupes incluant Greenpeace démontrait que les coûts seraient bien moindres que ce qu’affirmait l’industrie.

Le gouvernement affirmait également durant son précédent mandat qu’il lui fallait attendre Ottawa et les autres provinces. Notons là aussi que seulement 26 % des personnes qui ne souhaitent pas l’étiquetage des OGM (8 %) croient que c’est au gouvernement fédéral d’agir ou au fédéral et aux autres provinces de s’entendre. En somme, moins de 3 % de l’ensemble des Québécois appuient cette dernière dérobade du gouvernement Charest pour justifier l’inaction et l’attentisme de Québec.

« Le choix est clair pour le gouvernement Charest minoritaire : va-t-il continuer à gouverner pour la minorité décroissante ou va-t-il agir pour respecter la volonté de l’écrasante majorité », interroge Éric Darier.  « C’est clair, les Québécois veulent l’étiquetage des OGM, ils veulent que leur gouvernement bouge, ils veulent que les deux partis d’opposition appuient l’étiquetage obligatoire des OGM au Québec.  Pour être crédible, il faut que le premier ministre Jean Charest annonce ces intentions concernant l’étiquetage des OGM dès cette rentrée parlementaire ».

Bref, sur la question de l’étiquetage obligatoire des OGM, aurons-nous un gouvernement minoritaire, par et pour des infiniment minoritaires ou un gouvernement pour tous les Québécois?

En attendant de le savoir, faites parvenir un courriel à Jean Charest avec copie conforme aux chefs des deux partis d’opposition.

Pour consulter le sondage

Exigez l'étiquetage obligatoire auprès de Jean Charest