Océans : Greenpeace presse les décideurs politiques de suivre l’exemple de certains supermarchés

Actualité - 28 octobre, 2010
Dans son nouveau rapport intitulé «Oceans Advocates» (Défenseurs des océans), Greenpeace montre comment les pressions exercées par les consommateurs incitent les détaillants à adopter des pratiques d’approvisionnement responsables. Grâce à ces pressions, l’industrie des poissons et fruits de mer a connu d’encourageantes transformations au cours des dernières années. Ce rapport, destiné aux politiciens - dont le premier ministre Stephen Harper et la ministre de Pêches et Océans Canada, Gail Shea - constitue une nouvelle invitation à passer à l’action Plusieurs politiciens canadiens sont d’ailleurs actuellement présents à la Convention sur la diversité biologique de Nagoya, au Japon, où se trouvent également divers acteurs de l’industrie du marché ayant pris des initiatives de pointe en matière de durabilité des pêches. Les politiciens présents à Nagoya feraient bien de s’ inspirer de ces derniers et de prendre les mesures nécessaires à la restauration des océans, dont la santé laisse réellement à désirer.

 Les marchés des poissons et fruits de mer poussent vers une gestion durable des océans

  • Depuis un an, les détaillants fournissent plus de précisions aux consommateurs par rapport aux produits de la mer. L’étiquetage des comptoirs à poissons est de plus en plus détaillé et la formation du personnel des poissonneries s’est améliorée; la clientèle est ainsi de mieux en mieux informée. Comme l’approvisionnement en poissons et fruits de mer se fait maintenant de manière plus transparente, les consommateurs sont en mesure de faire des choix bien plus éclairés.
  • Parmi les espèces les plus souvent retirées des comptoirs à poissons, mentionnons: l’hoplostète orange, le requin, le thon rouge, le pocheteau et la raie.
  • Les détaillants et les transformateurs qui adhèrent à des politiques progressives d’approvisionnement en produits de la mer travaillent en étroite collaboration avec leurs fournisseurs afin de s’assurer que leurs produits proviennent de pêcheries durables.
  • Certains joueurs ont choisi d’aborder directement les politiciens pour leur faire part des inquiétudes qu’ils entretiennent par rapport à l’avenir des mers. Il ne fait aucun doute que la demande croissante pour un approvisionnement durable en produits de la mer, jumelée à la place de plus en importante que les médias consacrent aux enjeux reliés à la durabilité des pêches font écho au sein des officines politiques.

Les transformateurs alimentaires du secteur des poissons et fruits de mer, les négociants et les distributeurs ont déjà commencé à modifier leurs normes de pratiques afin de s’adapter à la demande accrue pour des pêches durables. Maintenant, ce sont les décideurs politiques qui doivent s’inspirer de l’exemple donné par les acteurs du marché en élaborant une législation ambitieuse capable d’assurer, partout dans le monde, le maintien de pêcheries durables et bien gérées.

Que fait le Canada pendant ce temps?

Des politiciens de l’Union européenne, de la Nouvelle-Zélande et d’autres régions du monde ont d’ores et déjà reconnu la pertinence de préconiser des méthodes de pêche durables. Il est crucial que des mesures politiques soient adoptées au pays afin de récompenser les entreprises pratiquant des initiatives de pointe en matière de durabilité. Il est également nécessaire d’établir de nouvelles règles de jeu basées sur les meilleures normes de pratiques possible et ce, pour l’ensemble de l’industrie. Selon Greenpeace, afin d’assurer une concurrence équitable entre les détaillants, les négociants et le secteur de la production, il importe d’instaurer des normes de production et des processus de mise en marché standardisés. C’est aux législateurs qu’il appartient de concevoir et d’appliquer ces normes communes qui permettraient d’assurer une concurrence équitable entre les différents acteurs.

« Dans un surprenant revirement, plusieurs acteurs du monde des affaires engagés dans la production et la vente des produits de la mer n’hésitent pas à aller au-delà du scénario du laisser-faire auquel bien des décideurs politiques sont attachés », affirme Stephanie Goodwin, coordonnatrice de la campagne Océans chez Greenpeace. «Bien que beaucoup reste à faire, nombreux sont les détaillants, aux quatre coins de l’Europe ou de l’Amérique du Nord, qui ont déjà modifié leurs pratiques d’approvisionnement en poissons et fruits de mer, en tenant de plus en plus compte des préoccupations liées à la durabilité. Il est malheureux de constater que les stratèges gouvernementaux sont à la traîne par rapport aux consommateurs et au monde des affaires quand il s’agit de sauvegarder les océans, mais il n’est pas trop tard. Il faut agir dès maintenant si on veut léguer des océans en santé aux générations futures. »

À l’heure actuelle, les réserves marines protègent moins d’1 pour cent des mers du pays. Afin de les sauvegarder, le pays doit se fixer comme objectif à court terme de protéger l’équivalent de 20 pour cent de l’ensemble de ses océans. À long terme, une protection de 40 pour cent sera nécessaire.

Télécharger le rapport (anglais seulement)

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