Le directeur général de Greenpeace au Canada se joint à une veille mondiale visant à mettre fin à la persécution politique des « Deux de Tokyo »

Actualité - 11 décembre, 2008
Le directeur général de Greenpeace au Canada s'est présenté en personne ce matin à l'ambassade du Japon à Ottawa dans l'espoir de se faire arrêter en tant que co-accusé de deux militants surnommés les « Deux de Tokyo », lesquels font face à dix années de prison pour avoir exposé un scandale de détournement de viande de baleine au Japon.

Le directeur général de Greenpeace Canada, Bruce Cox, s’est présenté à l’embassade du Japon dans l'espoir de se faire arrêter en tant que co-accusé pour la défense des baleines

Une « photo de police » non officielle de Bruce Cox a été prise à sa demande à l'extérieur de l'ambassade à Ottawa avant que les agents de sécurité ne viennent le faire quitter les lieux. Un événement similaire a également eu lieu aujourd'hui à Tokyo. Les directeurs généraux allemand, japonais, néerlandais, australien, suisse, brésilien et américain de Greenpeace, ainsi que celui des pays nordiques, se sont rendu au bureau du Premier ministre japonais Taro Aso pour réclamer la fin à la chasse à la baleine subventionnée par le gouvernement japonais dans le Sanctuaire de l'océan Austral.

Junichi Sato et Toru Suzuki, deux militants de Greenpeace, se situent au coeur de cette tempête politique. Greenpeace avait découvert en mai dernier que de grandes quantités de viande de baleine étaient dissimulées dans les bagages personnels des membres d'équipage d'un navire pratiquant une chasse soi-disant « scientifique ». Une fois étiquetés comme étant du « carton » ou des « matières salées », les paquets étaient expédiés par la poste aux domiciles des membres d'équipage. Sato et Suzuki sont parvenus à intercepter une des boîtes que les contrebandiers cherchaient à faire sortir clandestinement du navire. Après avoir constaté qu'elle contenait de la viande de baleine évaluée à environ 3 000$, ils alertèrent les autorités.

Leur conférence de presse avait fait beaucoup de bruit au Japon, et à Tokyo le procureur général avait même promis de procéder à une « enquête approfondie » pour vérifier le bien-fondé des accusations. Au lieu d'agir ainsi, les autorités ont procédé à l'arrestation de Sato et Suzuki un mois plus tard et ceux-ci ont dû rester 28 jours en prison. En outre, des policiers ont saisi des téléphones portables, des documents et des ordinateurs lors de raids effectués dans les bureaux et aux domiciles de cinq employés de Greenpeace Japon. Quant à l'enquête portant sur le scandale de la viande de baleine, la police l'a abandonnée.

« Mes collègues japonais se sont fait arrêter parce qu'ils avaient cherché à empêcher la chasse à la baleine au Japon. S'il s'agit d'un crime, alors arrêtez-moi aussi, parce que la chasse commerciale aux cétacés n'a pas sa place au 21e siècle » a affirmé Bruce Cox. « Le procès qu'on devrait faire, c'est celui de cette imposture qu'est la chasse à la baleine, pas celui de deux militants ayant dévoilé au grand jour un trafic illégal sévissant au sein de l'industrie baleinière ».

Amnistie Internationale a affirmé être « grandement préoccupée » par cette situation. L'organisme a laissé entendre que les accusations portées contre Sato et Suzuki obéissaient à des motivations politiques et « visaient à intimider tant les ONG que les militants ».

Des militants d'Australie, des É.-U., de Nouvelle-Zélande, d'Argentine, de France, de Norvège, de Finlande, de Suède, du Danemark, des Pays-Bas, de Belgique, du Mexique et d'Italie se sont également autoproclamés « co-accusés » aujourd'hui, en cette veille du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Plus d'information sur les « Deux de Tokyo » (anglais seulement)

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