Russie

Vers des aliments sans OGM

Actualité - 22 novembre, 2006
77% du soya, du maïs et du canola importé en Russie sera désormais SANS OGM

Semences de soja non-OGM qui ont été déposées, en 1997, devant le siège d’Unilever par des militants de Greenpeace.

L'importateur russe Sodruzhestvo qui contrôle 70 % du soya vendu par l'industrie de l'alimentation animale et humaine en Russie et a récemment adopté une politique sans OGM pour le soya, le maïs et le canola.  Voilà qu'une seconde entreprise, Rybflotprom, lui emboîte le pas. À elles seules, ces deux entreprises contrôlent près de 80 % du mais, soya et canola importé en Russie.

Cette nouvelle survient après trois semaines de campagne intensive de Greenpeace dirigée contre les importations, en Russie, d'aliments issus du génie génétique et destinés à la consommation humaine et animale. Ces décisions auront pour effet de contraindre l'Argentine et les États-Unis à ne plus exporter leur soya et maïs OGM vers ce pays.

« Un par un, les marchés internationaux pour les OGM disparaissent », constate Éric Darier, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace à Montréal. 

En effet, Sodruzhestvo, le plus important importateur de soja de Russie, fournisseur de 70 % de tout le soja destiné à l'industrie agroalimentaire, a affirmé vouloir faire de sa nouvelle usine, actuellement en construction à Kaliningrad, un endroit où les OGM n'auront pas leur place. La nouvelle usine d'extraction d'huile et de transformation des aliments destinés aux animaux permettra non seulement d'obtenir de l'huile de soja et de la nourriture pour animaux sans OGM, mais aussi du maïs et du colza oléagineux non transgéniques. Suivant l'initiative de Sodruzhestvo, Rybflotprom, qui représente 7 % du marché de la nourriture pour animaux, et dont la firme française Provimi est propriétaire à 80 %, a pour sa part annoncé avoir adopté une politique de non-utilisation des OGM pour tous ses produits. Les deux entreprises concernées vont bientôt commencer à importer du soja non génétiquement modifié du Brésil, plutôt que du soja transgénique d'Argentine et des États-Unis.

« Greenpeace se réjouit de l'initiative des entreprises russes, c'est une indication claire que le marché mondial tend à se tourner vers des denrées alimentaires sans OGM », affirme Geert Ritsema, responsable de la campagne OGM à Greenpeace International. La nouvelle stratégie des importateurs russes constitue un autre coup porté à l'industrie mondiale du génie génétique, et notamment à Monsanto, le plus grand vendeur de semences OGM au monde.

Ces annonces ont été rendues publiques lors d'une conférence de presse tenue à bord de l'Arctic Sunrise, un navire de Greenpeace présentement à quai dans le port de Kaliningrad. Depuis trois semaines, l'Artic Sunrise sillonnait la mer Baltique afin de dévoiler l'existence d'importations controversées de denrées alimentaires OGM destinées à la consommation humaine ou animale, et dont la Russie est la destinataire.

Le responsable de la campagne OGM de Greenpeace Canada, Éric Darier, s'en réjouit. « Il serait temps que le gouvernement canadien et que les agriculteurs qui encouragent ou utilisent les OGM se rendent compte qu'il n'y a pas d'avenir pour ces produits rejetés par les consommateurs et consommatrices, lance Éric Darier.  Il est impératif que le gouvernement Charest tienne sa promesse électorale pour de l'étiquetage obligatoire des OGM au Québec afin que les consommateurs et consommatrices au Québec ne se retrouvent pas à manger, contre leur volonté, les aliments OGM que le reste du monde refuse.  Greenpeace invite les citoyennes et citoyens à participer aux travaux de la Commission indépendante sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire (caaaq.qc.ca) qui début à la mi-février et de réclamer le retrait des OGM de l'alimentation et l'étiquetage obligatoire », conclut Eric Darier.

Les campagnes de Greenpeace en faveur de cultures non transgéniques et d'une production alimentaire sans OGM se fondent sur les principes de durabilité et de protection de la biodiversité. Elles ont pour but de permettre à tout le monde de consommer des aliments sécuritaires et nourrissants. Le génie génétique n'est qu'une technologie inutile, indésirable, ayant pour résultat de contaminer l'environnement, de menacer la biodiversité et de faire courir des risques inacceptables à la santé.

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