Intitulée Patrimoine menacé, l'étude lève le voile sur la
destruction ayant cours dans le secteur sud de la forêt
Waswanipi-Broadback. On y apprend notamment que plus de 51pour cent
du secteur est morcelé, que moins de deux pour cent est protégé et
qu'aucune mesure n'a été prise pour conserver l'habitat du caribou
forestier. De plus, l'étude sonne l'alarme quant à la construction
imminente de deux ponts qui ouvriront la voie à ce même scénario de
destruction dans la forêt de haute valeur de conservation au nord
de la rivière Broadback.
« La portion encore intacte de la forêt de Waswanipi-Broadback
sera rayée de la carte si le gouvernement n'agit pas », déclare
Mélissa Filion, directrice intérimaire de Greenpeace au Québec.
Sans plus attendre, ce territoire doit être protégé d'autant plus
qu'il contribuera à la sauvegarde d'une espèce en péril, le caribou
forestier ».
UN RÉSEAU ROUTIER DANS NOS FORETS
Le rapport fait notamment mention du morcellement démesuré du
territoire, causé par la construction d'un véritable réseau routier
dans nos forêts. À lui seul, le territoire Waswanipi-Broadback
supporte plus de 7 433 km de chemins forestiers, soit l'équivalent
de six fois l'aller-retour entre Montréal et New York. Cette
catastrophe écologique est payée à même les poches des
contribuables québécois à travers un programme de subvention du
gouvernement.
LES COMMUNAUTÉS BAFOUÉES
Patrimoine menacé révèle également les rapports
conflictuels qu'entretient AbitiBibowater avec les travailleurs et
les communautés des Premières Nations. L'entreprise ne démontre
aucune volonté de participer à l'essor d'une économie régionale
forte à long terme. À titre d'exemple, le géant forestier alterne
sans cesse les fermetures de ses usines de Lebel-sur-Quévillon et
d'Amos, laissant l'économie de ces communautés sur un respirateur
artificiel.
Selon Greenpeace, des communautés entières retiennent
présentement leur souffle, ajoute Mélissa Filion. Les actionnaires,
les clients de l'entreprise et le gouvernement doivent s'inquiéter
des dommages environnementaux, mais aussi sociaux dont est
responsable AbitibiBowater et en prendre acte sans plus tarder.
LA MINISTRE NORMANDEAU DOIT AGIR
Rappelons que la ministre des Ressources naturelles et de la
Faune bénéficie d'une opportunité unique de moderniser le régime
forestier pour les décennies à venir. Sans plus tarder, Madame
Normandeau doit amender la Loi 57 pour y inclure une stratégie de
sauvegarde des forêts intactes qui comprend le secteur
Waswanipi-Broadback.
À PROPOS DU RAPPORT
L'information contenue dans le rapport Patrimoine menacé
provient des plans d'aménagement de l'entreprise, de rapports
gouvernementaux, d'images satellites et d'études scientifiques. Le
rapport contient aussi un volet ontarien qui démontre que les
pratiques d'AbitibiBowater sont toutes aussi déplorables dans la
province voisine où la compagnie a échoué à l'examen des audits
gouvernementaux dans la forêt English River.
Pour plus d'information:
Catherine Vézina, medias et communications, Greenpeace :
514-212-5749
Mélissa Filion, directrice intérimaire, Greenpeace au Québec :
514-581-8216
Geoff Quaile, Analyste environnement / Grand Conseil des Cris du
Québec (819) 775-0301