Voilà en somme les conclusions de ce rapport international
intitulé
Comment l'agriculture peut contribuer à la lutte aux
changements climatiques. Ce document est le tout premier
rapport qui documente dans le moindre détail les effets directs et
indirects de l'agriculture sur les changements climatiques. Produit
pour le compte de Greenpeace par le professeur Pete Smith, de
l'Université d'Aberdeen, en Écosse - qui agit également comme l'un
des principaux auteurs pour le Groupe d'experts intergouvernemental
sur l'évolution du climat (GIEC), ce rapport est rendu public aux
premiers jours d'une année au cours de laquelles les Nations unies
devraient réaliser le premier bilan global de l'agriculture.
« En matière de lutte aux changements climatiques, les impacts
de l'agriculture industrielle ont atteint un niveau critique »,
constate Jan van Aken, responsable de la campagne Agriculture pour
Greenpeace International. « Les gouvernements qui se rencontreront
à Nairobi la semaine prochaine doivent agir pour que l'agriculture
travaille désormais en synergie avec la nature, plutôt que contre
elle ».
On peut lire dans ce rapport comment l'agriculture intensive en
énergie et en produits chimiques a contribué à une augmentation des
émissions de GES, en raison surtout de la surutilisation des
engrais, de la déforestation, de la dégradation des sols et des
élevages intensifs. Au total, la contribution de l'agriculture aux
changements climatiques (incluant la déforestation pour faire place
notamment à des terres agricoles) est estimée entre 8,5 et
16,5 milliards de tonnes d'oxyde de carbone, ce qui correspond au
minimum à 17 % et au maximum à 32 % de toutes les émissions de GES
d'origine humaine.
La surutilisation des engrais est la cause première des
émissions de GES dans le secteur agricole, ce qui représente chaque
an à 2,1 milliards de CO2. Les excédents d'engrais
produisent des émissions d'oxyde nitreux (N2O), 300 fois
plus dommageable que l'oxyde de carbone en terme d'émissions de
GES.
Au Québec, 8,3 % des émissions de GES sont le résultat des
activités agricoles directes. On peut donc estimer qu'environ 15 %
des émissions de GES au Québec proviennent directement et
indirectement des activités associées à l'ensemble du secteur
alimentaire. « Ce qui est particulièrement préoccupant au Québec
est l'augmentation de 23 % des émissions de GES provenant de
l'agriculture entre 1990 et 2004, en raison notamment de la
croissance des élevages et de l'utilisation des engrais ».
Pour Greenpeace, les gouvernements d'Ottawa et de Québec doivent
prendre acte de cette situation préoccupante. « Nos gouvernements
doivent agir et adopter des mesures pour une agriculture plus
respectueuse de l'environnement », conclut Éric Darier, responsable
de la campagne Agriculture pour Greenpeace au Québec.
Enfin, le rapport suggère des solutions pratiques et faciles à
mettre en place et qui peuvent réduire les changements climatiques.
Ces solutions vont de la réduction de l'utilisation des engrais, à
la protection des sols, l'amélioration de la production du riz et
la réduction de la consommation de viande, en particulier dans les
pays développés.
Pour plus de
renseignements :
Jocelyn Desjardins, Communication/relations publiques,
Greenpeace - 514-212-5749
Éric Darier, Campagne Agriculture, Greenpeace - 514-605-6497
Pete Smith, Professor of Soils & Global Change, University
of Aberdeen - +44 (0)1224 272702