Survenue moins de 24 heures après l'annonce d'une entente
volontaire avec les alumineries sur la réduction de leurs émissions
de gaz à effet de serre (GES), cette décision annule pratiquement
tous les efforts de cette industrie. En effet, les 150 000 tonnes
de réductions projetées d'ici 2012 par les alumineries seront
essentiellement comblées par les 130 000 tonnes de GES que devrait
générer le port méthanier de Gros-Cacouna, soit l'équivalent des
émissions produites par 29 000 voitures. « On se demande bien
comment la ministre du Développement durable, de l'Environnement et
des Parcs, Line Beauchamp, fera pour mettre les bouchées doubles si
son collègue aux Ressources naturelles et prédécesseur à
l'Environnement passe son temps à contrecarrer ces efforts »,
interroge Daniel Breton, porte-parole de la Coalition Québec Vert
Kyoto.
En plus d'accroître la dépendance envers une énergie fossile,
les groupes sont d'avis que la construction d'un terminal et d'une
usine de gaz naturel liquéfié (GNL) à Gros-Cacouna constitue un
fort mauvais choix énergétique, tant du point de vue de la
diversification énergétique que sur le plan environnemental. «
Alors même qu'on parle de plus en plus de nous affranchir de
l'importation d'hydrocarbures, cette décision augmente
considérablement notre dépendance envers un carburant de plus en
plus dispendieux et dont nous ne contrôlons aucunement les
approvisionnements », lance Hugo Séguin, coordonnateur du dossier
des changements climatiques chez Équiterre . « La décision de
Québec fait en sorte que des milliards de dollars sortiront
désormais du Québec pour acheter à grands frais davantage de gaz
naturel, que nous ne produisons pas. Or, nous pouvons développer
ici même d'autres formes d'énergie ».
Le gaz naturel, qu'il soit liquéfié ou gazeux, n'est pas une
source d'énergie propre. Il est constitué de produits fortement
émetteurs de gaz à effets de serre (GES) et de polluants
atmosphériques. La liquéfaction, le transport et la regazéification
du GNL consomment énormément d'énergie. « La contribution du GNL à
l'augmentation des émissions de CO2 est exceptionnellement forte,
déclare Daniel Breton, de la Coalition Québec-Vert-Kyoto. « Les
procédés permettant de liquéfier le gaz naturel et de le
transporter sont énergivores. Ils augmentent les émissions de 18 à
40 % par rapport aux émissions couramment produites à partir du gaz
naturel obtenu de sources domestiques, par exemple ailleurs au
Canada ». En conséquence, Québec doit se tourner davantage vers des
énergies plus vertes (c.-à-d. toits solaires, géothermie, éolien et
efficacité énergétique).
« On est loin de la coupe aux lèvres », affirme Steven
Guilbeault, directeur de Greenpeace au Québec et responsable de la
campagne Climat et Énergie de cet organisme. « Il n'existe à
l'heure actuelle aucun tracé de gazoduc. Et toute proposition de
tracé devra faire à nouveau l'objet d'une évaluation
environnementale et publique du Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement (BAPE) ». Aussi, la construction d'un port
méthanier à Gros-Cacouna pose des risques à la sécurité maritime. «
Selon le BAPE, le passage des méthaniers entre les Escoumins et
Gros-Cacouna augmenterait grandement le trafic maritime. Si la
vitesse réduite des navires diminuerait la probabilité de
collisions avec des mammifères marins, aucune étude ne peut à ce
jour éclaircir les effets cumulatifs du bruit marin issu de la
navigation sur la population des bélugas du Saint-Laurent ».
Enfin, soulignons que le rapport du Bureau d'audiences publiques
sur l'environnement (BAPE) quant au projet de port méthanier à
Lévis doit être rendu public avant le 30 juillet.
VVPR info: Pour plus de renseignements :Daniel Breton, porte-parole, Coalition Québec Vert Kyoto : 514-799-3553Suzann Méthot, portable 514-792-1843Steven Guilbeault, responsable campagne Climat et Énergie, Greenpeace : 514-231-2650Jocelyn Desjardins, Communications – Relations publiques, Greenpeace : 514-212-5749Amélie Ferland, Communications, Équiterre : 514-973-2000
Exp. contact date: 2007-06-28 00:00:00