Greenpeace et des regroupements d'agriculteurs, de consommateurs
et d'environnementalistes japonais demandent au gouvernement
canadien l'arrêt de la contamination de l'environnement et de la
chaîne alimentaire en cessant d'exporter du canola génétiquement
modifié (GM).
Les regroupements ont expédié une lettre à l'Ambassade
canadienne à Tokyo à l'attention des ministres canadiens de
l'Environnement et de l'Agriculture les informant de la
contamination.
L'Institut national pour les études environnementales du Japon
(INEE) a découvert que du canola GM poussait librement dans en
périphérie de cinq ports. Une enquête menée par des groupes de
citoyens en a trouvé dans trois autres ports. Du canola GM pousse
donc dans les environs de 8 des 10 ports par lesquels transite le
canola GM importé du Canada. Ce canola GM qui pousse librement à
proximité des champs de riz, le long des rivières et des routes
provient du déversement accidentel des graines de canola durant le
transport. On a retrouvé du canola GM jusqu'à 30 km du port de
Kashima.
Près de 80 % des deux millions de tonnes de canola importés
annuellement par le Japon proviennent du Canada. Les 4/5 de ce
canola est GM. Le canola GM est produit par deux entreprises :
Monsanto et Bayer. Ce canola est génétiquement modifié de telle
manière qu'il puisse survivre aux arrosages d'herbicides au
glyphosate et au glufosinate que ces entreprises vendent également.
Les graines de canola servent à produire des huiles comestibles, de
la margarine, de la mayonnaise ainsi que des aliments pour le
bétail et des engrais.
Les groupes de consommateurs sont déjà inquiets parce que le
canola GM, utilisé pour produire des huiles comestibles et autres
aliments au Japon, n'est pas sujet aux règles de l'étiquetage des
OGM. Le fait que le canola GM pousse librement au Japon accroît l'
inquiétude. Dans le port de Chiba, des citoyens affirment avoir
rempli un petit camion avec du canola GM qui poussait librement
dans l'environnement.
Le déversement de graines risque de disséminer les gènes du
canola GM dans les semences et les cultures vivrières apparentées
que l'on retrouve au Japon comme le chou, le chou chinois et le
rutabaga. Ceci risque aussi des créer des « super-mauvaises herbes
» qui nécessiteront le recours à des herbicides chimiques encore
plus toxiques. Steve Shallhorn, un Canadien qui travaille pour
Greenpeace au Japon, précise que : « Le gouvernement canadien a la
responsabilité envers le peuple japonais, qui est un bon client du
Canada, de mettre fin à l'exportation du canola
GM ».
Afin de souligner les préoccupations des consommateurs japonais,
les représentants des ONG ont livré à l'Ambassade du Canada à Tokyo
des bouteilles d'huile de canola pour illustrer le fait que les
consommateurs japonais pourraient ne plus acheter les produits du
canola, si les importations et la contamination au canola GM se
poursuit. Cette action a lieu à la veille de l'ouverture des
négociations sur la responsabilité civile en cas de dommages causés
par les OGM, prévu dans le cadre du Protocole de biosécurité. Akiko
Frid, de Greenpeace Japon, sera présente à Montréal lors de ces
négociations ainsi que pour la 2e rencontre du Protocole sur la
biosécurité qui débute le 30 mai. Akiko Frid souligne : « La
contamination causée par le canola GM importé au Japon est une
bonne raison pour laquelle une réglementation stricte de
responsabilité civile est nécessaire pour les OGM. Sinon, qui paie
pour les dommages lorsque les OGM contamine nos aliments et
l'environnement ? »
Pour sa part, Greenpeace au Canada invite le ministre Stéphane
Dion, à venir récupérer des spécimens du canola GM qui poussent au
Japon, le matin de l'ouverture du Protocole sur la biosécurité le
lundi 30 mai.