Communiqué de presse - 23 juillet, 2009
Montréal, le vendredi 24 juillet 2009. Des représentants de la société sonnent l’alarme concernant les conséquences dangereuses de l’autorisation par le Canada du maïs OGM SmartStax contenant huit gènes, ce qui indique un autre affaiblissement de la réglementation environnementale. Ce maïs OGM est nouveau, car il empile huit gènes incluant deux de tolérance aux herbicides (Roundup et glufosinate) et d’autres qui produisent des insecticides. Ces gènes ont déjà été autorisés individuellement, mais jamais combinés ensemble. Ce maïs SmartStax est le résultat d’un accord entre Monsanto et Dow AgroSciences.
D'habitude, l'ACIA publie un « document de décision » qui résume
les raisons pour justifier d'une autorisation. Cependant, il
n'existe pas de tel document justificatif pour le SmartStax. « On
pourrait raisonnablement penser que l'ajout de huit gènes devrait
être suffisant pour enclencher une évaluation spécifique des
risques environnementaux, mais l'ACIA n'offre aucune preuve d'une
telle évaluation. Ceci semble confirmer que le maïs SmartStax a
évité les procédures établies des évaluations des risques, qui, de
toute manière, ont été jugées insuffisantes en 2001 par la Société
Royale du Canada », constate Lucy Sharratt du Réseau canadien
d'action sur les biotechnologies.
En autorisant ce maïs OGM, l'Agence canadienne d'inspection des
aliments (ACIA) a également réduit d'une manière significative les
exigences que les agriculteurs doivent suivre afin de retarder la
résistance éventuelle des insectes aux insecticides. L'ACIA a
réduit l'exigence de préserver des zones de refuge de 20 à 5 % pour
les cultures de SmartStax. Les agriculteurs qui cultivent un OGM
produisant un insecticide (maïs Bt) doivent cultiver 20 % de leur
champ avec un maïs non-Bt dans un périmètre de 400 mètres d'un
champ de maïs OGM Bt. L'objectif du refuge est de retarder la
résistance des insectes aux insecticides.
« Non seulement l'ACIA n'a pas fait d'évaluation des risques
pour le maïs SmartStax, mais elle a aussi réduit très sérieusement
l'une des seules exigences de précaution imposée aux agriculteurs
», déplore Benoit Girouard de l'Union paysanne. « La résistance
éventuelle des insectes aux insecticides est inévitable, c'est une
question de temps et la nouvelle exigence de 5 % de refuge ne fera
qu'empirer la situation ».
De plus, l'ACIA promet de revoir en 2013 cette décision sur le
refuge sur la foi des données fournies par Monsanto et Dow. « C'est
extrêmement choquant qu'apprendre que l'ACIA se base sur des
données fournies par Monsanto et Dow pour évaluer le succès ou
l'échec de la réduction du refuge à 5 %. C'est comme confier au
loup la santé des brebis! » affirme Éric Darier de Greenpeace.
« Il est scandaleux que l'ACIA abandonne la politique des
refuges. Sans doute, ils savent que les insectes sont proches
d'être résistants à l'insecticide Bt. L'utilisation occasionnelle
du Bt, un microorganisme naturel pour contrôler les insectes est
une pratique responsable des agriculteurs biologiques. Ces derniers
ont toujours prévenu que l'utilisation du maïs Bt accélèrerait la
résistance des insectes. » déclare Benoit Girouard de l'Union
paysanne.
L'ACIA et la USDA ont simultanément approuvé le maïs SmartStax
et réduit le refuge à 5 %. « Cette synchronisation est un signe
inquiétant que les gouvernements américain et canadien sont prêts à
harmoniser leurs politiques commerciales au détriment des
considérations environnementales et sociales » de conclure Stéphane
Groleau des AmiEs de la Terre de Québec.
Pour plus amples renseignements :
| Lucy Sharratt |
Réseau canadien d'action sur les biotechnologies |
Tél. : 613 241 2267 ext.6 |
| |
| Éric Darier |
Greenpeace |
Cell. : 514 605-6497 |
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| Benoit Girouard |
Union paysanne |
Cell. : 450 495-1910 |
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| Stéphane Groleau |
AmiEs de la Terre de Québec |
Tél. : 418 524-2744 |