Communiqué de presse - 13 mai, 2008
Greenpeace accueille avec une certaine retenue les annonces de nouvelles aires protégées qu’ont faites ce matin les ministres Claude Béchard et Lyne Beauchamp.
« Le gouvernement semble avoir compris l'importance de créer des
aires protégées », lance Mélissa Filion, responsable de la campagne
Forêt boréale de Greenpeace. « Seulement, le besoin demeure urgent
de protéger de grandes superficies de forêts intactes. Plus cette
superficie est grande, plus la biodiversité est favorisée et mieux
on résiste aux perturbations naturelles et aux effets des
changements climatiques. Cela maintient également l'habitat
d'espèces vulnérables tel le caribou forestier et facilite la
migration des espèces ».
Greenpeace estime que les annonces de création d'aires protégées
devront se succéder dans les prochains mois. « Il ne faut pas
oublier que nous sommes en mode de rattrapage et que cet effort de
protection de 1% ne nous permet toujours pas de nous distinguer sur
la scène internationale », poursuit Mélissa Filion.
Greenpeace se réjouit du fait que le gouvernement se montre de
plus en plus préoccupé par l'état des forêts intactes et par la
lutte aux changements climatiques puisque, comme il l'écrit dans
son communiqué, « les forêts et les sols qui s'y trouvent
constituent d'immenses réservoirs de carbone, notamment en forêt
boréale ».
Par ailleurs, Greenpeace reproche au gouvernement du Québec de
faire dans son communiqué de presse de la comptabilité créative. Le
gouvernement affirme que « le Québec se place au 2ième rang des
provinces canadiennes en terme de superficie puisque la superficie
totale des aires protégées dépasse aujourd'hui 100 000 km2 ». Si en
chiffres absolus, cette situation s'avère juste, le Québec traîne
de la patte en terme de pourcentage d'aires protégées par rapport
aux autres provinces. À titre d'exemple, la Colombie-Britannique
protège 14% de son territoire, l'Ontario en protège 12% et les
États-Unis 15,8.
Alors qu'approche l'avant-projet de Loi qui devrait donner une
bonne idée de la prochaine grande politique forestière du Québec,
Greenpeace presse maintenant le gouvernement du Québec de préciser
ses objectifs de protection en ce qui a trait aux aires protégées.
« Il importe que Québec définisse ce qui doit être protégé en forêt
boréale avant de décider de réallouer l'ensemble de la forêt
productive à l'exploitation. Sans quoi la dilapidation des forêts
pourra se poursuivre à un rythme démesuré, alors que la protection
sera refrénée », conclut Mélissa Filion.
Pour plus de renseignements :
Mélissa Filion, Forêt boréale, Greenpeace : 514-581-8216
Jocelyn Desjardins, Relations publiques, Greenpeace :
514-212-5749