« Il faut soit être aveugle ou être un peu porté au guignol pour
ne pas comprendre nos sorties », lance Mélissa Filion, responsable
de la campagne Forêt boréale de Greenpeace. « Il me semble que
c'est assez clair après tout ce temps où nous nous évertuons à
communiquer le même message : nous ciblons, Monsieur Béchard, les
compagnies forestières les plus récalcitrantes à la protection de
la forêt, parce que ce sont elles qui bloquent l'action de votre
gouvernement ».
Greenpeace rappelle au ministre Béchard qu'il n'a toujours pas
effectué le virage recommandé par le rapport Coulombe, pas complété
le réseau d'aires protégées en forêt boréale pour atteindre 12 %
d'ici 2010, pas entamé un virage vers l'aménagement écosystémique
ni vers une gestion intégrée des ressources, pas mis à profit
l'expertise et la crédibilité du BAPE, pas nommé un Vérificateur
des forêts et qu'il n'a surtout pas de plan d'action pour mettre en
œuvre le reste des 81 recommandations du rapport Coulombe ou pour
diversifier l'économie des communautés mono-industrielles.
« Pendant que Rome brûle, Claude Béchard essaie de…
comprendre »!
De plus, dans un article paru dans l'édition de vendredi du
Quotidien de Chicoutimi, Claude Béchard affirme qu'en « grande
majorité, les gens de l'industrie essaient de tout faire pour la
protéger. Ils le savent et mis à part quelques délinquants, ils
s'organisent pour ne pas détruire la ressource ». Greenpeace
s'interroge sur le sens de cette déclaration. Claude Béchard
vient-il de confirmer qu'Abitibi-Consolidated, Bowater et Kruger
sont des entreprises « délinquantes »? Vient-il d'avouer que ces
entreprises « détruisent » la ressource forestière?
Greenpeace s'inquiète qu'un Ministre des Ressources naturelles
et de la faune se porte à la défense des industriels de la forêt
alors que son rôle est plutôt de gérer la forêt dans l'intérêt de
la population et des communautés. « Peut-être que Claude Béchard
vise un jour à remplacer au Conseil de l'industrie forestière son
illustre prédécesseur, Guy Chevrette », lance Mélissa Filion.
« Alors qu'il devrait être en train de prendre des décisions et
agir, Claude Béchard essaie toujours de comprendre », affirme
Mélissa Filion. Pourtant, il y a consensus au Québec sur la
nécessité de protéger la forêt et de la gérer dans l'intérêt des
communautés. Même l'opposition à Québec appelle à plus d'action.
C'est le cas du Parti québécois qui en a réclamé aujourd'hui par
voie de communiqué. En effet, le PQ reconnaît l'importance de
servir l'intérêt des travailleurs et des communautés touchées par
la crise forestière. C'est aussi le cas, en quelque sorte, de
l'Action démocratique du Québec qui, lors de son dernier congrès, a
adopté une position officielle quant à la nécessité pour les
compagnies forestières et le gouvernement d'adhérer à la
certification FSC, la seule norme qui est reconnue
internationalement et la seule à susciter la préférence des clients
sur les marchés
« Il faudrait que Claude Béchard, qui est ministre dans un
gouvernement (…au Québec… là où des milliers d'emplois se
perdent... là où l'on peut encore protéger un joyau du patrimoine
mondial) agisse un jour », conclut Mélissa Filion. « L'alarme a
sonné au Québec. Qu'attend-t-il? Que l'alarme sonne ailleurs dans
le monde? »
Pour plus de
renseignements :
Jocelyn Desjardins, Communication/relations publiques,
Greenpeace - 514-212-5749
Mélissa Filion, Campagne Forêt boréale, Greenpeace -
514-581-8216