Claude Béchard, pantin des industriels de la forêt

Communiqué de presse - 11 octobre, 2007
Greenpeace est consternée par les plus récentes déclarations du ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard. Celui-ci se porte à la défense des industriels de la forêt les plus récalcitrants en pratiquant le déni et prétend « ne pas comprendre » (sic) les sorties de Greenpeace.

« Il faut soit être aveugle ou être un peu porté au guignol pour ne pas comprendre nos sorties », lance Mélissa Filion, responsable de la campagne Forêt boréale de Greenpeace. « Il me semble que c'est assez clair après tout ce temps où nous nous évertuons à communiquer le même message : nous ciblons, Monsieur Béchard, les compagnies forestières les plus récalcitrantes à la protection de la forêt, parce que ce sont elles qui bloquent l'action de votre gouvernement ».

Greenpeace rappelle au ministre Béchard qu'il n'a toujours pas effectué le virage recommandé par le rapport Coulombe, pas complété le réseau d'aires protégées en forêt boréale pour atteindre 12 % d'ici 2010, pas entamé un virage vers l'aménagement écosystémique ni vers une gestion intégrée des ressources, pas mis à profit l'expertise et la crédibilité du BAPE, pas nommé un Vérificateur des forêts et qu'il n'a surtout pas de plan d'action pour mettre en œuvre le reste des 81 recommandations du rapport Coulombe ou pour diversifier l'économie des communautés mono-industrielles. « Pendant que Rome brûle, Claude Béchard essaie de… comprendre »!

De plus, dans un article paru dans l'édition de vendredi du Quotidien de Chicoutimi, Claude Béchard affirme qu'en « grande majorité, les gens de l'industrie essaient de tout faire pour la protéger. Ils le savent et mis à part quelques délinquants, ils s'organisent pour ne pas détruire la ressource ». Greenpeace s'interroge sur le sens de cette déclaration. Claude Béchard vient-il de confirmer qu'Abitibi-Consolidated, Bowater et Kruger sont des entreprises « délinquantes »? Vient-il d'avouer que ces entreprises « détruisent » la ressource forestière?

Greenpeace s'inquiète qu'un Ministre des Ressources naturelles et de la faune se porte à la défense des industriels de la forêt alors que son rôle est plutôt de gérer la forêt dans l'intérêt de la population et des communautés. « Peut-être que Claude Béchard vise un jour à remplacer au Conseil de l'industrie forestière son illustre prédécesseur, Guy Chevrette », lance Mélissa Filion.

« Alors qu'il devrait être en train de prendre des décisions et agir, Claude Béchard essaie toujours de comprendre », affirme Mélissa Filion. Pourtant, il y a consensus au Québec sur la nécessité de protéger la forêt et de la gérer dans l'intérêt des communautés. Même l'opposition à Québec appelle à plus d'action. C'est le cas du Parti québécois qui en a réclamé aujourd'hui par voie de communiqué. En effet, le PQ reconnaît l'importance de servir l'intérêt des travailleurs et des communautés touchées par la crise forestière. C'est aussi le cas, en quelque sorte, de l'Action démocratique du Québec qui, lors de son dernier congrès, a adopté une position officielle quant à la nécessité pour les compagnies forestières et le gouvernement d'adhérer à la certification FSC, la seule norme qui est reconnue internationalement et la seule à susciter la préférence des clients sur les marchés

« Il faudrait que Claude Béchard, qui est ministre dans un gouvernement (…au Québec… là où des milliers d'emplois se perdent... là où l'on peut encore protéger un joyau du patrimoine mondial) agisse un jour », conclut Mélissa Filion. « L'alarme a sonné au Québec. Qu'attend-t-il? Que l'alarme sonne ailleurs dans le monde? »

Pour plus de renseignements :

Jocelyn Desjardins, Communication/relations publiques, Greenpeace - 514-212-5749

Mélissa Filion, Campagne Forêt boréale, Greenpeace - 514-581-8216

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