Greenpeace est extrêmement déçue par le budget du gouvernement Charest présenté cet après-midi par la ministre des Finances, madame Monique Jérôme-Forget. « Ce budget manque de vision structurante et ambitieuse en matière d’environnement, alors que le Québec en a cruellement besoin pour sortir durablement de la crise économique actuelle », déplore Éric Darier, Directeur de Greenpeace au Québec.
« Le gouvernement n'a alloué que 8,6 millions de dollars pour
faire du Québec un leader en matière de protection de
l'environnement et de technologies environnementales », affirme
Éric Darier. « L'enveloppe du ministère du Développement durable,
des Parcs et de l'Environnement augmente d'environ 19 millions de
dollars, ce qui représente une goutte d'eau par rapport à d'autres
annonces budgétaires gouvernementales qui n'ont pas grand-chose
d'environnemental. »
Le budget prévoit l'exploration gazière dans le St-Laurent et
offre des congés de redevances de cinq ans pour
l'industrie.« Pourquoi le gouvernement Charest ouvre-t-il la porte
à une énergie polluante alors que le Québec est si riche en énergie
renouvelable et que le défi planétaire est de sortir des énergies
fossiles d'ici 2030? », questionne Éric Darier. Le budget prévoit
aussi 670 millions pour la construction de routes et d'aéroports
pour le Nord, alors que seulement 1,6 million est alloué pour
préserver l'environnement et valoriser le patrimoine naturel du
Nord québécois. « Cette politique illustre cruellement le manque
d'envergure du gouvernement Charest en matière de développement
durable et son attachement à un modèle économique dépassé et basé
sur l'exploitation non durable des ressources naturelles. »
Selon Greenpeace, le gouvernement aurait dû annoncer un
programme renforcé et ambitieux pour l'isolation thermique des
bâtiments, un projet qui aurait à la fois créé des emplois dans le
secteur de la construction dans toutes les régions du Québec tout
en augmentant l'efficacité énergétique de la province.
Le crédit d'impôt pour l'achat d'un véhicule écoénergétique,
bien qu'intéressant, reste fort modeste puisque les coûts pour le
gouvernement en 2009-2010 ne seront que de 2,3 millions de dollars
et ne concerneront qu'environ 19 000 acquéreurs potentiels sur un
horizon de 4 ans.
Enfin, accorder quelques millions de dollars pour aider les
travailleurs forestiers ne fera pas de tort, mais il s'agit d'un
bien petit pansement pour traiter une véritable plaie ouverte. Jean
Charest doit plutôt cesser la liquidation des forêts intactes et
construire une économie durable pour garantir des emplois à long
terme aux Québécois.
« La crise financière et économique, ainsi que les changements
politiques aux États-Unis auraient dû être les conditions gagnantes
pour prendre un virage vert au Québec afin de préparer l'économie
de demain aux impératifs écologiques. Jean Charest vient de rater
une belle occasion », conclut Éric Darier.
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Lettre de Greenpeace à la ministre des
Finances.
Pour plus amples renseignements :
Catherine Vézina, Communications et Relations publiques,
514-212-5749
Éric Darier, Directeur de Greenpeace au Québec, 514-605-6797