L'accord final adopté au sommet du G8 ne mentionne aucun
objectif obligatoire de réduction des émissions de gaz à effet de
serre, se contentant de spécifier que le G8 « étudierait
sérieusement » la réduction de moitié des émissions mondiales d'ici
2050. L'incapacité d'obtenir d'importantes réductions des émissions
s'avérera désastreuse pour des milliards de personnes
« Le G8 n'a pas relevé le défi des changements climatiques »,
constate Steven Guilbeault, Campagne climat, Greenpeace Canada. «
Stephen Harper, en appuyant les positions de George Bush, a
grandement contribué à cet échec. Il a perdu toute crédibilité : il
a appuyé l'adoption de mesures urgentes au G8 tout en refusant
d'appuyer l'adoption de mesures urgentes par le Canada pour que ce
dernier puisse respecter ses engagements en vertu du protocole de
Kyoto. »
Toutefois, Greenpeace a salué le fait que le G8 a déblayé le
terrain pour la prochaine série de réductions exécutoires des
émissions devant être établies à la conférence des Nations Unies
sur le climat qui aura lieu en Indonésie, en décembre.
« L'ONU peut maintenant établir des objectifs obligatoires dès
décembre, ce qui est une évolution positive », estime M.
Guilbeault. « Pour que ces négociations réussissent, les sept
membres du protocole de Kyoto au sein du G8, dont le Canada,
devraient s'engager à réduire leurs émissions de 30 pour cent d'ici
2020 et de 80 à 90 pour cent d'ici 2050. »
Le bulletin du G8 et de Harper par rapport au climat
Voici une évaluation de la décision relative aux changements
climatiques prise au sommet du G8 - les décisions qui s'imposaient
et celles qui ont été prises…
1. . Il existe un vaste consensus au sein de la
communauté scientifique voulant que pour contrer les changements
climatiques, dangereux pour la planète, l'augmentation de la
température globale moyenne (prenant comme point de départ la
période préindustrielle) doit être aussi éloignée que possible de
deux degrés Celsius.
Note : Échec. Le G8 n'a adopté aucun accord.
Bien que l'Union européenne ait publiquement réaffirmé son
engagement à atteindre cet objectif, les autres pays n'ont pas
suivi. Stephen Harper a refusé de se ranger à cet argument, fondé
sur des données scientifiques, préconisant l'adoption de réductions
encore plus radicales des émissions.
2. Les émissions mondiales doivent commencer à
diminuer au cours des 10 à 15 prochaines années et être réduites de
50 pour cent, par rapport aux niveaux de 1990, d'ici 2050.
Note : Échec. Aucun objectif obligatoire n'a
été établi.
3. Les pays industrialisés, dont le Canada,
doivent faire preuve de leadership et s'engager à réduire leurs
émissions de 30 pour cent d'ici 2020 et de 80 à 90 pour cent d'ici
2050 (par rapport aux niveaux de 1990).
Note : Échec. Aucun objectif n'a été fixé. Le
G8 estime que les pays industrialisés doivent agir les premiers,
mais les mots ne veulent rien dire s'ils ne sont pas suivis de
mesures concrètes. Les sept pays ayant ratifié le protocole de
Kyoto et membres du G8 doivent immédiatement prendre des
engagements les obligeant à diminuer unilatéralement leurs
émissions.
4. Le G8 doit accepter sans réserve le fait que
les prochaines négociations sur le climat devant se tenir en
Indonésie, en décembre, sous l'égide de l'ONU, mèneront à
l'adoption d'ici 2009 d'un mandat et d'un calendrier officiels
portant sur la prochaine ronde de réductions obligatoires des
émissions en vertu du protocole de Kyoto.
Note : Succès. Le G8 s'est engagé à participer
à des négociations sérieuses aux Nations Unies à compter de
décembre. Il est intéressant de noter que la tentative de George
Bush de créer un processus parallèle a échoué et que les États-Unis
ont dû accepter le fait que l'ONU représente le seul forum légitime
où débattre de ces questions. La fin des négociations a été fixée à
2009.
Pour plus d'informations
:
Jocelyn Desjardins, responsable des communications, Greenpeace,
cell. : 514-212-5749
Steven Guilbeault, Campagne climat, Greenpeace Canada - cell. :
514-231-2650
Daniel Mittler, expert en politique sur le climat, Greenpeace
International - cell. : +49 171 876 5345
(à Heiligendamm)