Greenpeace réclame un moratoire sur la chalutage de fond en haute mer

Communiqué de presse - 24 août, 2005
Les écosystèmes des fonds marins sont extrêmement mal gérés à l’échelle planétaire, et cela est particulièrement vrai dans le cas de l’océan Atlantique Nord-Ouest.

C'est ce qui ressort d'un rapport présenté aujourd'hui par Greenpeacequi invite encore une fois le Canada à imposer immédiatement unmoratoire sur le chalutage de fond en haute mer.

Le rapport s'intitule « NAFO Case Study: The Northwest AtlanticFisheries Organization: a case study in how RFMOs regularly fail tomanage our Oceans ». Bruce Cox, le directeur général de Greenpeace,explique : « Dans ce rapport, on constate qu'en 25 années d'existence,la Northwest Atlantic Fisheries Management Organisation (NAFO) n'a pasréussi à protéger efficacement les stocks de poissons. Au contraire,elle a permis la destruction d'écosystèmes marins extrêmement richesqui se développaient depuis des milliers d'années. La NAFO est étoufféepar la bureaucratie, elle exerce très peu de représailles contre sesmembres fautifs, elle ferme les yeux sur les infractions et elle n'estabsolument pas en mesure d'exercer quelque pression que ce soit sur lespays non membres qui enfreignent ses règles. Avant qu'il ne soit troptard et que la mauvaise gestion de la NAFO n'entraîne des conséquencesirréversibles, il faut que le Canada fasse preuve de leadership etqu'il demande un moratoire sur le chalutage de fond en haute mer. »

La NAFO est un organisme international mandaté pour gérer lapêche dans les eaux internationales de l'est du Canada. Cette annéeseulement, pas moins de quatre des six espèces gérées par la NAFO ontdû être protégées par un moratoire parce que la NAFO n'a pas suempêcher la pêche excessive de ces espèces.

Greenpeace a dépêché le MV Esperanza dans cette région pourétudier les activités des flottes de bateaux de pêche internationales,un peu comme elle l'avait fait le mois dernier avec le Rainbow Warrior,qui s'est rendu examiner le chalutage de fond pratiqué en Australie eten Nouvelle-Zélande. Malheureusement, le Canada a toujours refuséd'imposer un moratoire sur le chalutage de fond en haute mer,prétextant que des organismes comme la NAFO étaient en mesure de réglereux-mêmes les problèmes.

« Il faut protéger la diversité des écosystèmes en haute mer etl'industrie de la pêche, affirme Mark Butler du Ecology Action Centre.Malheureusement, Pêches et Océans Canada fait tout le contraire enrefusant de reconnaître l'immense impact négatif du chalutage de fond,un procédé qui détruit les écosystèmes, décime les poissons et met enpéril les activités de pêche de tout le Canada atlantique. LesCanadiens ont de quoi avoir honte de ce gouvernement qui refused'imposer un moratoire. »

Pour le chalutage de fond, on utilise d'immenses filets de prèsde 100 mètres de largeur lestés par des poids. Les chaînes ou lesrouleaux attachés à l'avant des filets raclent le fond et endommagentou détruisent tout sur leur passage, notamment les coraux fragiles desmers froides et les colonies d'éponges. De plus, d'importantesquantités de poissons sont aussi capturés accidentellement dans lesfilets, puis rejetés à la mer comme des déchets.

Martin Willison de l'Université de Dalhousie conclut : « Si onn'apporte pas des correctifs importants (comme ceux recommandés dans lerapport de Greenpeace), les organisations comme la NAFO serontincapables de protéger la biodiversité en haute mer et elles neparviendront pas à assurer le développement durable des industries despêches. On estime que 60 % du chalutage de fond en haute mer a lieudans l'Atlantique Nord-Ouest et la majeure partie de cette régionrelève de la responsabilité de la NAFO. En 2005, quatre des six espècesde poissons de fond gérées par la NAFO ont dû être protégées par unmoratoire à cause de la surpêche. »

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