C'est ce qui ressort d'un rapport présenté aujourd'hui par
Greenpeacequi invite encore une fois le Canada à imposer
immédiatement unmoratoire sur le chalutage de fond en haute
mer.
Le rapport s'intitule « NAFO Case Study: The Northwest
AtlanticFisheries Organization: a case study in how RFMOs regularly
fail tomanage our Oceans ». Bruce Cox, le directeur général de
Greenpeace,explique : « Dans ce rapport, on constate qu'en 25
années d'existence,la Northwest Atlantic Fisheries Management
Organisation (NAFO) n'a pasréussi à protéger efficacement les
stocks de poissons. Au contraire,elle a permis la destruction
d'écosystèmes marins extrêmement richesqui se développaient depuis
des milliers d'années. La NAFO est étoufféepar la bureaucratie,
elle exerce très peu de représailles contre sesmembres fautifs,
elle ferme les yeux sur les infractions et elle n'estabsolument pas
en mesure d'exercer quelque pression que ce soit sur lespays non
membres qui enfreignent ses règles. Avant qu'il ne soit troptard et
que la mauvaise gestion de la NAFO n'entraîne des
conséquencesirréversibles, il faut que le Canada fasse preuve de
leadership etqu'il demande un moratoire sur le chalutage de fond en
haute mer. »
La NAFO est un organisme international mandaté pour gérer
lapêche dans les eaux internationales de l'est du Canada. Cette
annéeseulement, pas moins de quatre des six espèces gérées par la
NAFO ontdû être protégées par un moratoire parce que la NAFO n'a
pas suempêcher la pêche excessive de ces espèces.
Greenpeace a dépêché le MV Esperanza dans cette région
pourétudier les activités des flottes de bateaux de pêche
internationales,un peu comme elle l'avait fait le mois dernier avec
le Rainbow Warrior,qui s'est rendu examiner le chalutage de fond
pratiqué en Australie eten Nouvelle-Zélande. Malheureusement, le
Canada a toujours refuséd'imposer un moratoire sur le chalutage de
fond en haute mer,prétextant que des organismes comme la NAFO
étaient en mesure de réglereux-mêmes les problèmes.
« Il faut protéger la diversité des écosystèmes en haute mer
etl'industrie de la pêche, affirme Mark Butler du Ecology Action
Centre.Malheureusement, Pêches et Océans Canada fait tout le
contraire enrefusant de reconnaître l'immense impact négatif du
chalutage de fond,un procédé qui détruit les écosystèmes, décime
les poissons et met enpéril les activités de pêche de tout le
Canada atlantique. LesCanadiens ont de quoi avoir honte de ce
gouvernement qui refused'imposer un moratoire. »
Pour le chalutage de fond, on utilise d'immenses filets de
prèsde 100 mètres de largeur lestés par des poids. Les chaînes ou
lesrouleaux attachés à l'avant des filets raclent le fond et
endommagentou détruisent tout sur leur passage, notamment les
coraux fragiles desmers froides et les colonies d'éponges. De plus,
d'importantesquantités de poissons sont aussi capturés
accidentellement dans lesfilets, puis rejetés à la mer comme des
déchets.
Martin Willison de l'Université de Dalhousie conclut : « Si
onn'apporte pas des correctifs importants (comme ceux recommandés
dans lerapport de Greenpeace), les organisations comme la NAFO
serontincapables de protéger la biodiversité en haute mer et elles
neparviendront pas à assurer le développement durable des
industries despêches. On estime que 60 % du chalutage de fond en
haute mer a lieudans l'Atlantique Nord-Ouest et la majeure partie
de cette régionrelève de la responsabilité de la NAFO. En 2005,
quatre des six espècesde poissons de fond gérées par la NAFO ont dû
être protégées par unmoratoire à cause de la surpêche. »