Communiqué de presse - 7 octobre, 2008
Le refus par le premier ministre Jean Charest d’examiner en commission parlementaire la décision d’Hydro-Québec de reconstruire la centrale nucléaire Gentilly-2 est une véritable honte, estime un regroupement d’organismes qui s’opposent à la reconstruction de Gentilly-2. Le coût officiel estimé de 1,9 milliard $ pourrait vite être révisé à la hausse, quand on tient compte des dépassements de coût habituels et de la gestion à moyen et à long terme de tous les déchets radioactifs. Le regroupement « Sortons le Québec du nucléaire » réagit ainsi à une déclaration récente du premier ministre sur les ondes de Radio-Canada en Mauricie.
Alors que la construction d'un port de plaisance (marina) ou
d'un petit parc éolien nécessite un processus complet d'évaluation
environnementale des impacts, ainsi que des audiences publiques par
le BAPE, il est aberrant selon le regroupement qu'une centrale
nucléaire ne soit soumise à aucun examen public ni même à un simple
débat en commission parlementaire. Pourtant les impacts réels et
potentiels sur la santé et l'environnement d'une centrale nucléaire
et de ses déchets radioactifs sont très importants et se
poursuivent sur plusieurs générations.
Le regroupement « Sortons le Québec du nucléaire » formé de plus
de 50 organisations n'entend pas en rester là et mobilisera la
population contre une décision qu'elle estime insensée à l'heure
des surplus énergétiques, de l'existence de filières d'énergie à
faible impact et de la conservation. En attendant, elle demande aux
membres de la Commission parlementaire de l'économie et du travail
de passer outre à la volonté du premier ministre et d'examiner de
sa propre initiative le projet Gentilly-2.
Hydro-Québec reconnaît que la centrale nucléaire de Gentilly-2
émet quotidiennement quelques 42 radionucléides dans l'eau et 49
dans l'air. La demi-vie de ces substances dans l'environnement
varie de 76 minutes pour le crypton à 4,5 milliards d'années pour
l'uranium 238. Toutes ces substances radioactives peuvent avoir des
effets négatifs sur l'organisme humain. En exemple, le tritium dont
la demi-vie est de 13 ans, peut selon nombre de documents
scientifiques causer le cancer et des mutations génétiques. Chez
les femmes enceintes, le tritium peut être absorbé par le fœtus.
Rappelons qu'en 2005 un rapport révélait des émissions du tritium
tellement élevées à Gentilly que la radioactivité dans l'eau
potable des communautés avoisinantes serait illégale en Californie,
puisque le Québec permet un niveau de radioactivité pour le tritium
de 7 000 becquerels par litre d'eau soit 467 fois plus que ne le
permet la norme californienne qui est de 15 becquerels par litre
d'eau.
À ce jour, aucun pays n'a trouvé de formule magique pour
disposer de manière sécuritaire et socialement acceptable des
déchets radioactifs des centrales nucléaires. Seulement au chapitre
des déchets de combustible irradié, Gentilly-2 en a déjà produit 2
500 tonnes. Hautement radioactifs, ces déchets devront être isolés
de l'environnement pour 1 million d'années.Une autre recommandation
de 2005, d'ailleurs corroborée par le ministère des Ressources
naturelles, précisait la nécessité de valider les coûts projetés
par Hydro Québec pour la réfection de la centrale Gentilly-2. Dès
1994, le Bureau d'audiences publiques recommandait qu'Hydro Québec
rende publiques toutes les études techniques et économiques
concernant la rénovation de la centrale. Aucune de ces
recommandations n'a été prise en considération par le
gouvernement.
Si M. Charest a en sa possession les documents d'Hydro-Québec
qui justifient la réfection de Gentilly-2 des points de vue
économique, technique, environnemental et d'acceptation sociale,
pourquoi ne les rend-il pas accessibles aux Québécois et ne les
soumet-il pas à un examen public formel (BAPE) ou à tout le moins à
un débat en commission parlementaire ? Ne pas le faire, compte tenu
des impacts, serait une véritable honte pour le gouvernement, de
conclure le regroupement « Sortons le Québec du nucléaire ».
Pour informations :
- Michel Fugère, Mouvement vert Mauricie, tél. : 819
532-2073
- Christian Simard, Nature Québec, tél. : 418 648-2104 poste
2071
- André Belisle, AQLPA, tél. : 418 642-1322
- Shawn Patrick Stencil, Greenpeace, tél. : 416 884-7053
-
- Artistes pour la paix
- Association contre le port méthanier
- Association pour la protection de l' environnement de
Lévis
- Association pour la protection de l'environnement des
Hautes-Laurentides
- Association québécoise de lutte contre la pollution
atmosphérique
- Association québécoise des professionnels en éducation relative
à l'environnement
- Athabasca Bioregional Society
- Canadian Environnemental Law Association
- Chute Libre
- Citizens for Alternatives to Chemical Contamination
- Coalition des citoyens de Mékinac
- Coalition pour un Québec des régions, Mauricie
- Coalition verte de Trois-Rivières
- Comité de l'environnement de Chicoutimi
- Community Coalition Against Mining Uranium
- Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick
- Earth Dance Studio
- EcoJustice
- École de musique Vincent-d'Indy
- Energy Probe
- ENvironnement JEUnesse
- Equiterre
- Fondation David Suzuki
- Fondation Rivières
- Front commun des personnes assistées sociales du Québec
- Front commun québécois de gestion écologique des déchets
- Glacialis
- Greenpeace
- Groupe d' éducation relative à l'environnement, 3R
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- Groupe d'action pour restauration du lac Saint-Pierre
- Groupe de recherche en écologie sociale, Université de
Montréal
- Groupe Écosphère
- Inter Chuch Uranium Committee Educational Coop
- Journal de rue La Galère
- La Fête Verte
- Le Conseil des Canadiens
- Les Amis de la Terre de Québec
- Les Jardins de la Cité
- Ligue des citoyens du secteur Beaurivage Shawinigan
- Maison des grands-parents de Villeray
- Mouvement vert Mauricie
- Muséobus
- Nature Québec
- Professionnels de la santé pour la responsabilité
nucléaire
- Professionnels de la santé pour la survie mondiale
- RABAT-JOIE
- Regroupement des organismes environnementaux en énergie
- Regroupement des travailleurs victimes du nucléaire
- Regroupement pour la surveillance du nucléaire
- Réseau québécois des groupes écologistes
- Sierraclub Québec
- Société pour vaincre la pollution
- Union Saint-Laurent Grands Lacs
- Zéro Nucléaire
- Waridel, Laure, écosociologue
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