Communiqué de presse - 7 octobre, 2008
Greenpeace complimente aujourd’hui le gouvernement du Québec pour ses efforts des derniers mois ayant permis la création de nouvelles aires protégées au Québec. L’organisation souligne cependant que l’annonce de grandes aires protégées en forêt boréale commerciale fait cruellement défaut.
«Aujourd'hui, Jean Charest nous démontre que son gouvernement
fait du progrès pour porter la superficie totale de la province
sous protection à 8% » affirme Mélissa Filion, responsable de la
campagne forêt boréale de Greenpeace. « Le hic, c'est qu'il ne faut
pas uniquement regarder le pourcentage, il faut aussi examiner la
qualité globale du réseau d'aires protégées et préserver les forêts
les plus riches sur le plan de la biodiversité, celles qui sont
menacées par l'exploitation forestière ».
Selon Greenpeace, l'approche étroitement comptable du
gouvernement actuel dans le dossier des aires protégées comporte
des failles importantes, car la qualité du réseau d'aires protégées
n'est pas garantie, même une fois l'objectif de 8% atteint. À cet
égard, Greenpeace souligne le manque de territoires suffisamment
grands pour préserver l'habitat d'espèces à grand domaine vital,
comme le Caribou forestier. Par ailleurs, les scientifiques
démontrent qu'une proportion adéquate de forêts intactes doit être
mise en réserve pour la préservation de la biodiversité et pour la
lutte aux changements climatiques. Finalement, la connectivité des
aires protégées est essentielle.
En outre, le gouvernement de Jean Charest n'a toujours pas de
vision pour mener la protection de la province du Québec au-delà de
l'objectif de 8% de protection. Objectif qui date, rappelons-le,
de 1999.
« On attend de Jean Charest une vision inspirante pour la
préservation de notre territoire et de nos dernières forêts
intactes » estime Mélissa Filion. «Pour l'instant, ces éléments
sont absents de son discours », ajoute-t-elle.
Malgré la réforme du régime forestier qui est en cours, les
coupes forestières en forêts intactes ne seront vraisemblablement
pas diminuées. «L'intérêt des l'industries forestières et des
minières passent encore trop souvent avant la protection de
l'environnement et le respect des communautés locales et des
Premières Nations » souligne Mélissa Filion.
Du point de vue de Greenpeace, la création d'un réseau d'aires
protégées de qualité peut aller main dans la main avec une
industrie forestière diversifiée. Par ailleurs, les acteurs des
marchés internationaux n'hésitent pas à donner la préférence aux
produits issus d'une gestion vraiment durable des forêts, ce qui
doit inclure la préservation adéquate de territoires de forêts
intactes.