Voiture spécialement modifiée pour utiliser 85% d'éthanol.
Greenpeace se réjouit que le gouvernement du Québec ait décidé
d'abandonner formellement le développement de la filière
éthanol-maïs, tel que le prescrit son Plan vert de lutte aux
changements climatiques.
« Il est très bien que Québec partage l'opinion critique que
nous exprimons depuis plus d'une décennie au sujet du bilan
environnemental et économique de l'éthanol-maïs », lance Éric
Darier, coordonnateur de la campagne Agriculture de Greenpeace.
Greenpeace a d'ailleurs déposé, un juin dernier, à la Commission
sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois, un
mémoire intitulé Nourrir le monde ou les autos, dans lequel nous
demandions l'arrêt de l'expansion de l'éthanol-maïs. «
L'éthanol-maïs n'a jamais représenté une solution dans la lutte aux
émissions de gaz à effet de serre (GES). Ses conséquences sont
néfastes pour l'environnement et cette culture menace le
développement d'une agriculture écologiquement et socialement
durable. Son développement représente une subvention déguisée au
maïs OGM rejeté massivement par les marchés alimentaires mondiaux
».
Selon Greenpeace, il sera désormais intéressant d'observer le
gouvernement du Québec dans ses relations avec le gouvernement
fédéral au sujet de l'éthanol. « Que demandera Québec maintenant à
Ottawa », s'interroge Éric Darier. « Québec exigera-t-il le
transfert des montants alloués par le gouvernement fédéral pour
l'éthanol-maïs (235 M$) afin de le réinvestir dans des alternatives
plus propres? Le gouvernement libéral demandera-t-il à Stephen
Harper un moratoire sur l'éthanol-maïs pour l'ensemble du pays, tel
que le recommande sur la scène internationale le rapporteur spécial
des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, M. Jean Ziegler.
Il faut que le gouvernement fédéral mette en place un moratoire de
cinq ans afin d'avoir de vrais débats et discussions sur
l'utilisation énergétique de l'agriculture au Canada ».
Par ailleurs, Greenpeace craint que malgré cette décision de
Québec, que les subventions du fédéral résultent malgré tout en la
construction d'autres usines d'éthanol au Québec. De plus, Ottawa
devrait surseoir à l'obligation d'atteindre 5 % d'éthanol dans
l'essence d'ici 2010 et trouver une alternative plus verte, du
moins pour le Québec. Pour commencer, le gouvernement Harper
pourrait adopter les normes californiennes en matière d'efficacité
énergétique pour les véhicules.
Selon Greenpeace, Québec doit rester fort prudent dans son choix
de se tourner vers l'éthanol cellulosique. L'augmentation des
coupes forestières dans le peu de territoires toujours intacts,
particulièrement pour produire de l'éthanol cellulosique, est à
craindre. « Il importe aussi de ne pas considérer les débris
forestiers (branches, tiges, etc.) comme de vulgaires déchets »,
affirme Mélissa Filion, responsable de la campagne forêt boréale de
Greenpeace. « Leur prélèvement massif pour la fabrication d'éthanol
cellulosique serait une grande erreur sur le plan écologique
puisque ces débris sont essentiels à la productivité des sols et à
leur régénération ».
Pour plus de renseignements
:
Jocelyn Desjardins, Communication/relations publiques,
Greenpeace - 514-212-5749
Éric Darier, Campagne Agriculture, Greenpeace - 514-605-6497
Mélissa Filion, Campagne Forêt boréale, Greenpeace -
514-581-8216
Exp. contact date: 2007-11-13 00:00:00