Ce sondage est le premier à avoir été effectué depuis l'adoption parOttawa, le 15 avril dernier, d'une norme volontaire d'étiquetage quiprévoit notamment une marge de tolérance de 5 % d'OGM dans les alimentssans qu'il soit nécessaire de les étiqueter. Ces résultats constituentun désaveu de la politique canadienne dans le dossier de l'étiquetagedes OGM. De plus, il fournira un argument de plus pour faire de laquestion des OGM l'un des enjeux des prochaines élections fédérales.
Pour les associations de consommateurs et Greenpeace, cette trèsforte majorité de répondants en faveur de l'étiquetage obligatoiredémontre que la politique complaisante du gouvernement de Paul Martin àl'endroit de l'industrie des biotechnologies heurte de plein fouet lavolonté des consommateurs qui tiennent à savoir s'il y a ou non des OGMdans les aliments qu'ils mettent dans leur assiette.
« Le fait que 83 % des Canadiens veulent toujours l'étiquetageobligatoire des OGM même après l'annonce officielle par le gouvernementd'une norme d'étiquetage volontaire montre que la population n'est pasdupe et qu'elle comprend que la nouvelle norme est bidon », constateCharles Tanguay, responsable des communications de l'Union desconsommateurs.
« Nous demandons un étiquetage obligatoire assorti d'une margede tolérance de beaucoup inférieure à 5 %, ce qui est loin d'êtreimpossible », ajoute Geneviève Reed, responsable du Service derecherche et de représentation chez Option consommateurs. En Australieet en Nouvelle-Zélande, la marge de tolérance d'OGM dans les alimentssans qu'il soit nécessaire de les étiqueter est de 1 % et l'Europevient d'abaisser cette marge à 0,9 %. La marge de tolérance arbitrairede 5% adoptée au Canada est plus de cinq fois supérieure à celle del'Europe, ce qui est inacceptable. »
Autre problème : contrairement à la législation européenne, lanorme volontaire canadienne ne prévoit pas de système de traçabilité etd'identification. « Si ce système existait, il permettrait notamment des'assurer de l'exactitude de ce qui est inscrit sur les étiquettes »,affirme Mme Reed.
«Nous espérons qu'avant de voter aux prochaines électionsfédérales, les électrices et les électeurs se rappelleront que c'est àcause du gouvernement libéral, et de Paul Martin en particulier, queles OGM dans les aliments continuent à être cachés », affirme ÉricDarier, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace.
Par ailleurs, Greenpeace, Option consommateurs et l'Union desconsommateurs invitent le gouvernement libéral de Jean Charest à allerrésolument de l'avant avec un étiquetage obligatoire des OGM au Québecdès cette année, comme promis par le programme du PLQ. Une telle mesureaurait l'appui de 87 % des Québécois
Les consommateurs canadiens et américains partagent le même point de vue
« Cette semaine, le Canada est l'hôte d'une importante réunioninternationale sur l'étiquetage des aliments génétiquement modifiés oùil défendra sensiblement la même position que le gouvernementaméricain, une position faible, contraire à la volonté clairementexprimée des consommateurs ici et ailleurs dans le monde. C'esthonteux!» déclare Éric Darier.
Cette situation fait aussi bondir les consommateurs américains.« Plusieurs sondages menés aux États-Unis affichent des résultatssimilaires à ceux du Canada. Les consommateurs américains favorisentl'étiquetage obligatoire des aliments génétiquement modifiés », affirmeMichael Hansen, de Consumers Union of the United States. « Lesconsommateurs ont le droit fondamental de choisir ce qu'ils mangent.Nos gouvernements devraient défendre les intérêts des citoyens et nonceux du monde des affaires. »
Julian Edwards, directeur général de Consumers International (lavoix des consommateurs à travers le monde) est très critique parrapport au peu de progrès du Codex en matière d'étiquetage des OGM : «Cela fait 10 ans que le comité du Codex remet cette décision. Quelquesgouvernements, ayant les États-Unis comme chef de file, refusent dereconnaître que répondre à la demande des consommateurs est leprincipal intérêt que doit servir le Codex. L'impasse actuelle relèvede l'entière responsabilité des producteurs de semences et desimpératifs du marché. »
Comme nous pouvons le constater, les Canadiens et les Québécoissont loin d'être les seuls à demander un étiquetage obligatoire assortid'une marge de tolérance et d'un système de traçabilité qui lesprotègent vraiment. Ne reste qu'à espérer qu'ils seront entendus.
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* Sondage Léger Marketing pour le compte de Greenpeace, Optionconsommateurs et l'Union des consommateurs. Premier volet : SondageOmnican effectué par entrevues téléphoniques entre le 20 et le 24 avril2004 auprès de 1500 Canadiens et Canadiennes adultes. Marge d'erreurmaximale de plus ou moins 2,6 %, et ce, 19 fois sur 20. Deuxième volet: Sondage Omnibus effectué par entrevues téléphoniques entre le 20 etle 24 avril 2004 auprès de 1003 Québécois et Québécoises adultes. Marged'erreur maximale de plus ou moins 3,4 %, et ce, 19 fois sur 20.
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Pour plus de renseignements :
Éric Darier, Greenpeace, tél. (514) 933-0021, poste 15 ; cell. :(514) 605-6497
Geneviève Reed Option consommateurs, tél. : (514) 598-7288, poste 240 ; cell : (514) 577-0615
Charles Tanguay Union des consommateurs, tél.: (514) 521-6820 ; cell. : (514) 743-0419