Fermeture de réacteurs en Ontario : Le Québec devrait emboîter le pas

Communiqué de presse - 9 février, 2010
La décision de Ontario Power Generation (OPG) rapportée aujourd’hui par le Toronto Star selon laquelle la société d’État envisagerait la fermeture de quatre réacteurs nucléaires devrait amener le gouvernement Charest à revenir sur sa décision de reconstruire Gentilly 2.

Greenpeace répond à l'article du Toronto Star faisant mention aujourd'hui de la volonté de la société d'État de procéder à la fermeture des quatre réacteurs Pickering B dus au coût élevé.

« Québec devrait faire de même avec Gentilly-2. Si l'Ontario, dépendante de l'énergie nucléaire, admet que la réfection de CANDU est trop chère, pourquoi le gouvernement Charest s'obstine-t-il à poursuivre en ce sens, questionne Shawn-Patrick Stensil, responsable de la campagne nucléaire de Greenpeace. L'énergie verte pourrait facilement remplacer Gentilly-2 à moindre coût et sans les déchets radioactifs et les risques d'accident associés à l'énergie nucléaire. »

Les quatre réacteurs en question produisent environ 10 pour cent de l'électricité de l'Ontario tandis que le réacteur Gentilly-2 au Québec n'en produit que 2 pour cent.

L'article du Toronto Star révèle aussi que l'OPG effectuait de nouvelles études sur la réfection de réacteurs désuets à Darlington. Greenpeace demande que ces études soient rendues publiques avant que le gouvernement ne prenne sa décision concernant l'avenir des réacteurs de Darlington.

Les réacteurs CANDU, comme ceux de Pickering et de Gentilly-2, doivent être reconstruits à mi-vie, contrairement aux autres modèles de réacteurs, au coût de milliards de dollars. Il y a quelques années, l'industrie nucléaire canadienne estimait rentable la remise à neuf des réacteurs CANDU, mais cette affirmation a été démentie par les récents dépassements de coûts et retards dans la reconstruction des réacteurs à la station Point Lepreau au Nouveau-Brunswick et au site Bruce en Ontario.

« La probable fermeture des réacteurs Pickering est l'occasion idéale pour le gouvernement Charest de revenir sur sa décision de 2008 de remettre en état Gentilly-2, ajoute Shawn-Patrick Stensil. Depuis, la réfection des réacteurs au Nouveau-Brunswick et en Ontario, elles ont donné de piètres résultats et aujourd'hui, un article révèle que l'Ontario fermera quatre de celles-ci. »

Le gouvernement Charest a annoncé la maintenance de Gentilly-2 avant que ne soient connus les problèmes de reconstruction des réacteurs de Point Lepreau, même si initialement il affirmait suspendre sa décision jusqu'à ce qu'il obtienne les résultats du Nouveau-Brunswick.

L'éventuelle fermeture de quatre réacteurs en Ontario témoignerait également d'une situation qui se dégrade dans l'industrie nucléaire canadienne en 2010, marquée par les dépassements de coûts, les condamnations de réacteurs et les situations embarrassantes en 2009. En 2005, l'Ontario a également remisé deux autres réacteurs au site de Pickering après que le coût de redémarrage ait dépassé le milliard de dollars.

« Cette nouvelle laisse présager la fin des réacteurs CANDU, poursuit Shawn-Patrick Stensil. Il serait parfaitement insensé de dépenser des milliards de dollars pour un réacteur qui coûtera encore davantage à réparer à mi-vie. Les réacteurs CANDU ne peuvent se mesurer aux coûteux modèles de réacteurs, encore moins à l'énergie verte. L'argent dépensé dans la réfection de Gentilly 2, ce sont autant de sommes qui ne le sont pas dans les énergies vertes. »

Pour de plus amples informations :

Catherine Vézina, Communications et Relations publiques, Greenpeace Canada,

(514) 212-5749

Shawn-Patrick Stensil, responsable de la campagne Climat et Énergie,

(416) 884-7053 (anglais et français)