L'action avait débuté hier matin à 5 heures, heure locale. 19
activistes venus du Canada, de France, du Brésil, de Suède et
d'Australie s'étaient introduits sur le site de Shell, au cœur du «
couloir du cancer », comme le surnomme beaucoup de propriétaires
locaux dont les terres sont affectées par l'exploitation des sables
bitumineux. Les activistes avaient escaladé les trois cheminées et
la grue d'une usine de traitement des sables bitumineux en
construction sur le site de Scotford de Shell. Leur objectif était
de dénoncer le crime climatique que constitue l'exploitation des
sables bitumineux. Ce pétrole est le plus sale, le plus polluant et
le plus dangereux de tous.
La police a arrêté ce matin les 9 activistes qui avaient passé
la nuit sur le site, dont certains à une trentaine de mètres de
hauteur, installés dans des tentes d'escalade, accrochées par des
cordes aux cheminées et à la grue de l'usine en construction. Sur
les 19 activistes impliqués dans l'action, 16 d'entre eux ont été
arrêtés. Les charges pesant sur les activistes pourraient aller de
l'entrée par effraction, violation de propriété, occupation
illégale et dommages. A l'heure de la publication de ce communiqué,
aucun d'entre eux n'avait été relâché.
« Cette nouvelle action réussie nous a permis d'exposer à
nouveau le crime contre le climat que constitue l'exploitation des
sables bitumineux, a affirmé Virginie Lambert Ferry, responsable de
la campagne Énergie-Climat de Greenpeace Canada. Des centaines de
milliers de personnes meurent déjà chaque année du fait des
bouleversements climatiques. La dépendance au pétrole qui alimente
le développement des sables bitumineux nous conduit tout droit vers
le chaos climatique. Nous avons donc envoyé le message aux
dirigeants du monde entier qu'il est grand temps de mettre un terme
à cette énergie destructrice et de construire un avenir basé sur
les énergies propres. »
Cette action est la troisième conduite par des activistes de
Greenpeace en Alberta en quelques semaines dans le but de dénoncer
les sables bitumineux. Le processus utilisé par cette usine de
traitement de Shell pour produire du pétrole sale à partir des
sables bitumineux est très énergivore. Ce crime contre le climat
qui se joue en Alberta ne va qu'empirer à mesure que de nouveaux
projets d'exploitation vont voir le jour, comme le prévoit
l'industrie pétrolière. Ainsi, dans quelques années, la production
de pétrole sale des sables bitumineux engendrera environ 140
millions de tonnes d'émissions de gaz à effet de serre par an, soit
un montant équivalent aux émissions actuelles de la Belgique, un
pays de 10 millions d'habitants.
« Il est très inquiétant de voir notre Premier ministre se faire
dicter sa politique par les grandes pétrolières et de le voir dans
un même temps rester totalement sourd aux appels des citoyens,
poursuit Virginie Lambert Ferry. Stephen Harper et les autres
dirigeants de ce monde doivent entendre les recommandations faites
par les scientifiques du climat et réduire drastiquement les
émissions de gaz à effet de serre de leur pays afin de sauver le
climat. Nous avons besoins de leaders climatiques et non de
politiciens nourris au pétrole sale des sables bitumineux. »
Photos disponibles sur http://gallery.greenpeace.ca
Pour plus d'information, veuillez
contacter :
Virginie Lambert Ferry, responsable de la campagne
Climat-Énergie, 514-217 5438