Le prix citron, qu'on dit autant prestigieux que déshonorant,
est remis quotidiennement pendant les rencontres des Nations unies
sur le climat. Il est attribué aux pays qui bloquent ou
ralentissent les négociations.
Dans une entrevue hier, le ministre de l'Environnement du
Canada, M. Jim Prentice, a déclaré [traduction libre] : « Et bien,
si le prix à payer pour avoir des négociateurs forts, compétents et
durs est d'être isolé et de se voir remettre un « fossile de
l'année », qu'il en soit ainsi. Emmenez-en ! ».
« Emmenez quoi exactement ? », demande Steven Guilbeault
d'Equiterre. « Plus de sécheresse en Afrique de l'Ouest et dans les
prairies canadiennes, plus de feux de forêt dans le sud de l'Europe
et en Colombie-Britannique, ou encore plus de vagues de chaleur en
Inde et dans le sud de l'Ontario ? C'est ce qui va arriver si le
Canada continue obstinément à bloquer les négociations ».
« Le Canada a le pire bilan de tous les pays industrialisés dans
ces négociations. On aurait pu croire qu'ils auraient montré
quelque signe de remords pour avoir abandonné leurs engagements
dans le cadre du protocole de Kyoto, mais non, pas le Canada. Non
seulement ils refusent de s'attaquer à l'imposante pollution et aux
émissions croissantes de gaz à effet de serre des sables bitumineux
- responsables de près de 50 % de la hausse des émissions des gaz à
effet de serre au Canada depuis 1990- mais le gouvernement a aussi
l'intention de multiplier par 5 la production actuelle de sables
bitumineux », explique Dale Marshall de la Fondation David
Suzuki.
« J'aimerais dire que je suis surpris, mais la réalité c'est que
le gouvernement canadien n'a même pas essayé de cacher à quel point
ils ne reconnaissent pas l'importance de ces négociations »,
explique Graham Saul de Réseau Action climat Canada. « Le refus du
Canada de s'engager sérieusement dans les discussions de Barcelone
devrait être considéré comme une insulte pour l'ensemble de la
communauté internationale, et particulièrement pour les pays
pauvres pour qui ces négociations sont une question de vie ou de
mort.
« Les Canadiens ont le droit d'être fâchés. Le Canada est l'un
des 10 plus grands pollueurs, et Jim Prentice, le ministre de
l'Environnement du Canada, semble croire que nous pouvons nous
défiler de notre responsabilité à lutter contre les changements
climatiques », dit Mark Fried, directeur des politiques chez Oxfam
Canada.
Les membres de Réseau action climat international croient tout
de même qu'un accord solide, légalement contraignant et équitable
peut être conclu à Copenhague. La minute la plus sombre est
toujours celle avant l'aube. Copenhague a besoin d'être un moment
de coopération internationale et de succès.
« Nous devons appeler notre gouvernement à prendre cet enjeu au
sérieux », affirme Virginie Lambert Ferry de Greenpeace Canada. «
Les Canadiens ont hâte au jour où nous pourrons célébrer le
leadership et l'action de notre gouvernement. Peut-être que ce jour
viendra à Copenhague, peut-être que le Canada va enfin comprendre
», ajoute-t-elle.
Mais pour l'heure, un autre « Fossile du jour » s'ajoute sur le
tablier de la cheminée du Canada, spécialement dédié à
l'enthousiasme du ministre Prentice.
Les Canadiens suivants sont
disponibles pour commenter :
Graham Saul, Climate Action Network Canada, gsaul@climateactionnetwork.ca+34
633 234 130
Dale Marshall, David Suzuki Foundation, dmarshall@davidsuzuki.org+1
613-302-9913
Virginie Lambert Ferry, Greenpeace Canada, vlambert@greenpeace.org+
34 608 44 6885
Steven Guilbeault, Équiterre, guilbeault@equiterre.org
+34 693-100-875
Mark Fried, Oxfam Canada, markf@oxfam.ca+1 613-237-5236 ext.
2231
Pour une entrevue :
Hannah McKinnon
hmckinnon@climateactionnetwork.ca
(w) 613-241-4413 (c) 613-276-7791
ou
Marie-Ève Roy, Équiterre
mroy@equiterre.org
+34 644 545 704
Pour plus d'information et pour les
communiqués de presse :
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www.climatenetwork.org