Sortons le Québec du nucléaireManifestation Anti nucléaire à Gentilly-2
Greenpeace demande à la Commission canadienne de sûreté
nucléaire (CCSN) de suivre de plus près la situation à la centrale
nucléaire Gentilly-2 parce qu'elle approche de la fin de sa vie
utile et qu'elle est de plus en plus dangereuse. Greenpeace croit
aussi qu'il faut refuser d'accéder à la demande d'Hydro-Québec qui
souhaite obtenir un permis d'exploitation supplémentaire de 4 ans
pour la centrale.
Les 7 et 8 novembre prochains, la CCSN tiendra des audiences
publiques à Trois-Rivières sur le renouvellement du permis de
Gentilly-2 et sur l'évaluation environnementale du projet
d'Hydro-Québec concernant l'agrandissement du site d'entreposage
des déchets radioactifs.
« Gentilly-2 est une centrale moribonde et elle est de plus en
plus dangereuse. Hydro-Québec a découvert des fissures dans le
réacteur et elle admet qu'on ne peut pas prédire si ces fissures
vont augmenter ou même éclater », expliquait Shawn-Patrick Stensil,
le spécialiste des questions nucléaires chez Greenpeace Canada. «
Voilà pourquoi il faut examiner de très près la situation à
Gentilly, et voilà pourquoi aussi il faut que la CCSN rejette la
demande d'Hydro-Québec qui voudrait obtenir un nouveau permis
d'exploitation de 4 ans. »
Hydro-Québec reconnaît qu'on ne peut pas faire fonctionner la
centrale Gentilly-2 de façon sécuritaire au-delà de 2010. Pourtant,
et malgré la forte opposition à l'énergie nucléaire au Québec,
Hydro-Québec envisage de rénover cette centrale âgée de 24 ans au
coût de 1,2 à 2,3 milliards $, au lieu de la remplacer par des
énergies vertes. Greenpeace soutient qu'il faut fermer
définitivement Gentilly-2 en 2010 et que la CCSN doit ordonner à
Hydro-Québec d'élaborer un plan de fermeture sécuritaire.
« Les Québécois ne veulent pas des risques associés à l'énergie
nucléaire, ajoutait Stensil. Gentilly-2 approche de la fin de sa
vie utile et c'est le moment idéal pour mettre un terme aux
expérimentations du Québec dans le secteur nucléaire. Le
gouvernement Charest a posé des premiers gestes importants pour
favoriser le développement de l'énergie éolienne au Québec; il doit
maintenant continuer dans la direction des énergies vertes et
sécuritaires. »
Par ailleurs, en 2004, le Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement (BAPE) a examiné une proposition déposée par
Hydro-Québec concernant l'agrandissement de son site d'entreposage
des déchets nucléaires. Le but de cet agrandissement était de
recueillir les déchets supplémentaires produits dans l'éventualité
où on prolongerait la vie utile de Gentilly-2. Le BAPE avait alors
recommandé qu'Hydro-Québec reporte ses projets de rénovation de la
centrale et d'agrandissement du site d'entreposage jusqu'à ce que
le gouvernement fédéral ait présenté un plan définitif de gestion
permanente du combustible irradié.
Le BAPE a aussi constaté qu'Hydro-Québec n'avait pas de plan
pour gérer certains déchets radioactifs non couverts par la
réglementation fédérale et il recommandait qu'Hydro-Québec présente
« une solution réaliste et acceptable socialement » pour gérer ces
déchets, qui demeureront radioactifs pendant des milliers d'années.
Hydro-Québec n'a pas donné suite à cette recommandation. Greenpeace
demande donc à la CCSN de forcer Hydro-Québec à présenter un tel
plan d'ici deux ans.
« Hydro-Québec doit dire clairement aux Québécois que la
centrale Gentilly-2 a produit de grandes quantités de déchets
radioactifs, qu'elle continuera à en produire si on continue à
l'exploiter, et que la gestion de ces déchets dangereux constitue
un énorme fardeau que nous léguons aux générations à venir,
concluait Stensil. Avant de prendre une décision quant au futur de
Gentilly-2, il faut qu'Hydro-Québec nous dise ce qu'elle veut faire
avec ces déchets au cours des prochains millénaires... »
Les Québécois ont toujours été contre le projet du gouvernement
fédéral de créer un site d'enfouissement permanent des déchets
nucléaires au Québec. Ne serait-ce que pour cette raison,
Hydro-Québec doit fermer la centrale Gentilly-2 en 2010.
Other contacts: Shawn-Patrick Stensil, responsable de la campagne Énergie : 416-884-7053 (cellulaire)Andrew Male, coordonnateur des communications : 416-880-2757