Les militants demandent à la compagnie de cesser de fabriquer
les produits Kleenex et d'autres papiers jetables en rasant les
arbres de la forêt boréale du Canada. Une vingtaine de volontaires
étaient postés de façon à empêcher la circulation des camions et
des trains de marchandises, tandis que d'autres sont montés sur le
toit de l'usine et ont installé une immense banderole qui dit : «
Kimberly-Clark & Kleenex : Cessez de détruire la forêt boréale
». Cette manifestation coïncidait avec la tenue de la réunion
annuelle des actionnaires de Kimberly-Clark, qui avait lieu
aujourd'hui même aussi, à Irving au Texas.
« Kimberly-Clark refuse d'agir ou même de reconnaître l'impact
dévastateur qu'elle a sur les forêts au Canada, expliquait Christy
Ferguson de la campagne Forêts de Greenpeace. C'est pourquoi nous
allons continuer à perturber l'exploitation des usines de
Kimberly-Clark et à mobiliser ses clients tant que l'entreprise et
son chef de la direction, Thomas Falk, n'auront pas décidé de
mettre un terme à la destruction des forêts anciennes. »
Trois trépieds métalliques de 7 m de haut ont été érigés pour
bloquer le passage des camions. Des militants sont installés dans
le haut et enchaînés à la base de chaque trépied avec des
banderoles qui disent : « Kleenex = destruction des forêts » et «
Sauvez la forêt boréale ».
Pendant ce temps, Richard Brooks, un autre collaborateur de la
campagne Forêts de Greenpeace, était au Texas à la réunion des
actionnaires de Kimberly-Clark. Sa tâche : sensibiliser les
actionnaires, les membres du conseil d'administration et le chef de
la direction pour les inciter à voter en faveur de la résolution
d'un actionnaire sur l'adoption de pratiques forestières durables.
Brooks explique : « Quand une entreprise comme Kimberly-Clark
achète d'énormes quantités de fibres vierges qui ont été récoltées
en faisant des coupes de façon irresponsable dans des forêts
anciennes comme la forêt boréale du Canada, elle soulève des
controverses de plus en plus marquées, et elle s'expose elle-même,
de même que ses investisseurs, à des risques financiers accrus. »
Pourtant, ajoutait Brooks, il y a de plus en plus d'exemples de
compagnies responsables comme JP Morgan et Home Depot qui ont agi
concrètement pour protéger les forêts.
La résolution en question a été soumise par un groupe
d'actionnaires corporatifs qui détient des actions de l'entreprise
totalisant 21 millions $. Elle exige que Kimberly-Clark réalise une
étude de faisabilité sur l'adoption de politiques environnementales
conformes à celles recommandées par Greenpeace. Cela signifie, par
exemple, que Kimberly-Clark devrait augmenter radicalement la
proportion de fibres recyclées dans tous ses produits et acheter
ses fibres vierges uniquement auprès d'entreprises qui respectent
les normes de développement durable très strictes du Conseil de la
bonne gestion forestière.
« Au pays et partout dans le monde, les forêts disparaissent à
un rythme alarmant et il est urgent de les protéger, ajoutait
Ferguson. Il est hors de question que nous laissions des
entreprises comme Kimberly-Clark détruire un des plus grands
écosystèmes intacts de la planète pour fabriquer du papier de
toilette et des mouchoirs jetables. »
Kimberly-Clark est le plus important fabricant de papiers
jetables au monde. Au Canada, la multinationale fabrique notamment
du papier de toilette, des serviettes de table et des mouchoirs de
marque Kleenex. Tous ses produits destinés au grand public vendus
en Amérique du Nord sont entièrement faits de fibres vierges (ils
ne contiennent aucune fibre recyclée). Or, une bonne partie de ces
fibres vierges sont directement extraites de la forêt boréale du
Canada, souvent en réalisant des coupes à blanc dévastatrices.
Kimberly-Clark utilise plus de 3 millions de tonnes de fibres
vierges par année.
La forêt boréale du Canada couvre le nord du pays de Terre-Neuve
jusqu'au Yukon. Elle représente plus de 25 % des forêts anciennes
intactes encore en existence sur la Terre. La forêt boréale est un
milieu de vie essentiel pour de nombreuses communautés autochtones
et elle abrite des centaines d'espèces d'oiseaux et une faune
extrêmement diversifiée (comprenant notamment le caribou des bois
et le carcajou, deux espèces menacées). De plus, la forêt boréale
constitue un puits de carbone essentiel pour combattre les
changements climatiques.
Other contacts: Pour plus de renseignements...http://www.kleenexsosforet.com