Le premier ministre Jean Charest devrait demander à Hydro-Québec
de fermer en 2013 la seule centrale nucléaire du Québec,
Gentilly-2, et d'accroître ses programmes de conservation d'énergie
et d'énergie renouvelable, selon Greenpeace Canada en réponse aux
recommandations du Bureau des audience publiques en environnement
(BAPE) sur l'agrandissement d'un dépotoir de déchets radioactifs à
Gentilly-2.
Le rapport du BAPE publié aujourd'hui recommande qu'Hydro-Québec
soit autorisée à agrandir son dépotoir temporaire de déchets
hautement radioactifs pour recevoir des déchets produits jusqu'en
2013; le rapport recommande également que la société d'Etat reporte
sa décision de réaménager la centrale Gentilly-2 et tout projet
d'agrandissement du dépotoir de déchets jusqu'à ce qu'un projet
fédéral de dépotoir de déchets radioactifs situé au Canada soit
conclu.
"Il nous reste huit années pour planifier la fin de l'énergie
nucléaire au Québec. Nous avons là une possibilité de développer
des solutions de rechange plus propres et plus sécuritaires pour
remplacer Gentilly-2. Québec n'a pas besoin d'énergie nucléaire", a
déclaré Steven Guilbeault, porte-parole de Greenpeace en matière
d'énergie.
Jean Charest avait affirmé lors de l'élection de 2003 que le
Parti libéral du Québec s'était prononcé contre le développement de
l'énergie nucléaire. Greenpeace lance un appel au gouvernement
Charest pour qu'il libère officiellement le Québec du nucléaire en
fermant la centrale Gentilly-2. Selon un sondage commandé par
Greenpeace en 2004, l'énergie nucléaire obtient l'appui de moins de
10 % des Québécois.
Au cours des audiences du BAPE, le gouvernement du Québec a
également réaffirmé sa position établie de longue date contre la
création d'un dépotoir permanent de déchets radioactifs au Québec.
Le prolongement de la vie de la centrale Gentilly-2 doublerait la
quantité de déchets radioactifs à activité élevée au Québec.
"Il serait hypocrite de la part du gouvernement Charest de
permettre à Hydro-Quebec de réaménager la centrale Gentilly-2 alors
que Québec a refusé de créer un dépotoir permanent de déchets
radioactifs. L'heure est venue pour le Québec d'agir de façon
responsable et d'arrêter de produire encore plus de déchets
radioactifs", a déclaré Steven Guilbeault.
En 2000, l'Allemagne s'était engagée à éliminer progressivement
ses 19 réacteurs nucléaires d'ici 2025. L'Allemagne est devenue
depuis le chef de file mondial en matière d'énergie renouvelable et
possède des installations d'énergie éolienne produisant 15 000 MW.
D'autres pays, comme la Suède, la Belgique, l'Autriche et l'Italie,
ont également décidé de sortir du nucléaire. "L'énergie nucléaire
est malpropre, dangereuse et coûteuse. Nous devons laisser mourir
Gentilly-2 de sa belle mort. Ce sera bon pour le Québec et ce sera
bon pour l'environnement", a ajouté Steven Guilbeault.
Hydro-Québec a refusé de publier des études économiques
effectuées sur le réaménagement de Gentilly-2, malgré la
déclaration de la société alléguant que le réaménagement de
Gentilly-2, au coût de 1,4 G$, soit rentable. Greenpeace demande à
Hydro-Québec de rendre publiques ses études techniques et
économiques afin que la population puisse les examiner.