Harper au pouvoir, le blé OGM de retour ?

Communiqué de presse - 8 mai, 2006
On fête demain le deuxième aniversaire du retrait du projet controversé de blé génétiquement modifié, - projet initié par la multinationale américaine Monsanto. L'entreprise souhaitait obtenir l’autorisation du Canada pour produire un blé génétiquement modifié qui aurait résisté au Roundup, un herbicide également vendu par Monsanto. À elle seule, cette compagnie commercialise environ 90 % des OGM (organismes génétiquement modifiés) cultivés actuellement sur la planète (principalement du maïs, du soya, du canola et du coton).

« Monsanto n'a pas l'habitude de renoncer facilement à ses projets. Alors, la victoire du 10 mai 2004 est d'autant plus significative, face à cette entreprise de produits chimiques et de semences OGM, très influente dans les cercles politiques », constate Éric Darier, responsable de la campagne OGM au bureau de Greenpeace à Montréal.

«C'est grâce à la forte mobilisation de groupes environnementaux, de consommateurs et de citoyens et citoyennes, que Monsanto a dû abandonner son projet. Mais c'est aussi et surtout grâce au lobby efficace des agriculteurs, en particulier ceux de l'ouest canadien, qui craignaient de perdre leurs marchés extérieurs si le blé OGM avait été autorisé », déclare Éric Darier.

La Commission canadienne du blé, organisme public fédéral de mise en marché, a joué un rôle décisif dans le dossier du blé OGM, en protégeant et privilégiant les intérêts des agriculteurs canadiens plutôt que ceux de Monsanto. Pourtant, même s'il se réjouit de cet anniversaire, Éric Darier reste très prudent :

« Il va falloir être extrêmement vigilant dans les prochains mois, dit-il, car les conservateurs de Stephen Harper n'aiment pas la Commission canadienne du blé et vont probablement tout faire pour contrer ses décisions. Stephen Harper a d'ailleurs déjà transféré la Commission sous l'autorité directe du ministre fédéral de l'agriculture, ministère dont l'orientation est très pro-OGM, ce qui indique clairement l'approche du gouvernement conservateur.

« Si aujourd'hui, la menace semble écartée du côté de Monsanto, il faut rester attentif ! poursuit Eric Darier. L'entreprise suisse Syngenta, une multinationale en agro-biotechnologie, développe actuellement un projet de blé OGM. D'ici quelques années, elle tentera de le commercialiser. Et si les conservateurs réussissent parallèlement à museler ou même à démanteler la Commission canadienne du blé, cela rendra beaucoup plus facile l'autorisation sur le territoire canadien du blé OGM de Syngenta... Et si Syngenta parvient à s'implanter au Canada, il est évident qu'on retrouvera Monsanto dans les rangs, prêt à se positionner et à inonder le marché de blé OGM. Mieux vaut être lucide et demeurer vigilant pour ne pas crier victoire trop tôt » conclut-il.

Other contacts: Éric Darier, campagne OGM, cell. : (514) 605-6497Delphine Grenon, Communications, cell. : (514) 814-3481Pour plus de renseignements...http://www.greenpeace.org