Greenpeace Canada a aujourd'hui exhorté les dirigeants européens
à ignorer la tournée qu'effectue actuellement Stephen Harper sur le
Vieux Continent afin de prêcher en faveur de la biodiversité et de
la lutte contre le changement climatique.
Des représentants du bureau du premier ministre ont précisé que
M. Harper passera trois jours en Europe cette semaine, au cours
desquels il rencontrera des dirigeants du G8 en France, en
Allemagne, en Italie et en Grande-Bretagne. On prévoit qu'il
continuera de mettre l'accent sur la nécessité que les pays en
développement, comme l'Inde et la Chine, déploient davantage
d'efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre
(GES) à l'échéance du Protocole de Kyoto, en 2012.
« Il est inadmissible que le premier ministre Harper fasse la
leçon à qui que ce soit, dans quelque pays que ce soit, compte tenu
de sa feuille de route », a déclaré Dave Martin, coordonnateur de
la campagne climat et énergie de Greenpeace. « Sous le gouvernement
Harper, le Canada a renié l'engagement qu'il avait pris en vertu du
Protocole de Kyoto, sans compter que ses objectifs en matière de
réduction de gaz à effet de serre se situent bien en deçà de ceux
des pays européens. »
Les visites de M. Harper aux dirigeants du G8 cadrent avec les
tentatives du premier ministre de mettre un frein aux efforts
visant à conclure un pacte post-Kyoto afin de réduire les émissions
de GES après 2012. Avant sa tournée, M. Harper a téléphoné au
président des Etats-Unis, George W. Bush, pour discuter de la ligne
de conduite à adopter.
En vertu du plan de M. Harper en matière de changement
climatique, « Prendre le virage », le Canada s'engage à faire en
sorte que, d'ici 2020, ses émissions de GES soient inférieures de
20 % au niveau où elles se trouvaient en 2006, un pourcentage bien
inférieur à ceux avancés par les pays européens. Par exemple,
l'Allemagne s'est engagée à réduire ses émissions de 40 % entre
1990 et 2020.
Greenpeace met en oeuvre la campagne KYOTOplus afin de
convaincre Ottawa de s'engager à réduire de 25 % ses émissions de
1990 à 2020. Si le Canada atteint cet objectif, les émissions de
GES au pays chuteraient à 444 millions de tonnes en 2020, soit
quelque 130 millions de tonnes de moins que dans l'engagement pris
par M. Harper.
Si l'exploitation insouciante des sables bitumineux en Alberta
se poursuit, les émissions du Canada seront plus élevées encore.
« Le Canada dirigé par Stephen Harper n'a absolument aucun
leadership en matière de changement climatique. Les dirigeants
européens devraient se faire une faveur et faire une faveur aux
Canadiens en l'ignorant, jusqu'à ce qu'il s'engage, comme il se
doit, à procéder à des réductions importantes », a indiqué M.
Martin.
Greenpeace a également déclaré que les dirigeants qui se
trouvent actuellement à la conférence sur la diversité biologique,
à Bonn, devraient rejeter le message de M. Harper étant donné que
le Canada, qui n'a pas signé la Convention sur la diversité
biologique, n'a aucune crédibilité dans ce dossier.
« La délégation canadienne a été la principale pierre
d'achoppement aux négociations sur la protection de la
biodiversité, à Bonn », a précisé Eric Darier, coordonnateur de la
campagne agriculture et membre de la délégation de Greenpeace. « Si
Stephen Harper souhaite faire quelque chose pour l'environnement,
il pourrait recommander à sa délégation d'être plus souple et de
laisser le reste du monde se mobiliser en faveur de la
biodiversité. » A la conférence, le Canada a paralysé, entravé et
retardé les discussions les plus importantes à l'ordre du jour,
lesquelles portaient sur des thèmes tels que les agrocarburants,
les forêts et l'agriculture. « La ligne de conduite du Canada à
Bonn est si faible que les délégués devraient envisager
sérieusement de déménager le secrétariat de la Convention sur la
diversité biologique, qui se trouve à Montréal, vers un pays qui
appuie les initiatives liées à la biodiversité », a conclu M.
Darier.
Pour plus d'informations :
Eric Darier, coordonnateur de la campagne agriculture et délégué
à Bonn, + (49) 157 373 679 39;
Dave Martin, coordonnateur de la campagne climat et énergie,
(416) 627-5004;
Brian Blomme, responsable des relations publiques et avec les
médias, (416) 930-9055/