Habillés en poisson, pieuvres et autres créatures de fond de
mer, les manifestants ont brandi des bannières sur lesquelles on
pouvait lire "Honte à Harper" et ont demandé au premier ministre de
cesser de se faire complice de la destruction des océans de la
Terre et de soutenir le moratoire sur la pêche au chalut dans les
eaux internationales.
« La semaine dernière, la politique du gouvernement sur Kyoto a
jeté l'opprobre sur tous les Canadiens à l'échelle mondiale et
cette semaine le gouvernement continue de nous faire honte avec le
chalutage de fond », a déclaré Bruce Cox, directeur exécutif de
Greenpeace Canada. « Le nouveau gouvernement du Canada s'impose
rapidement sur la scène mondiale comme récidiviste en matière
d'environnement. Le premier ministre Harper a eu l'occasion de
démontrer sa bonne volonté en matière d'environnement, mais encore
une fois, il choisit de placer les intérêts financiers de quelques
privilégiés devant les préoccupations environnementales du plus
grand nombre. Honte à Harper! »
Les états membres des Nations Unies reprendront le vendredi 17
novembre à New York les pourparlers pour un projet de moratoire sur
le chalutage de fond, en préparation á l'Assemblée générale de
l'ONU en décembre. Le Canada se joint à l'Espagne, au Japon et à la
Russie pour s'opposer au projet de moratoire, malgré un appui
grandissant provenant d'alliés pourtant improbables comme les
États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni et malgré le fait qu'il
n'y a pas de chalutiers canadiens en haute mer.
Le chalutage de fond est une méthode de pêche qui consiste à
traîner au fond des oceans d'énormes filets très lourds, des
plaques de métal et des roues de caoutchouc, ramassant du coup tous
les poissons et crustacés et écrasant les coraux, éponges et tout
ce qui se trouvent sur leur passage. Le moratoire proposé
arrêterait temporairement le chalutage de fond jusqu'à
l'élaboration de plan de gestion précis pour les eaux
internationales.
« Le raisonnement mis d'avant par le premier ministre Harper, à
savoir qu'il est impossible de mettre un moratoire en application,
est tout à fait sans fondement, » continue M. Cox. « Les
entreprises qui feraient du chalutage de fond en infraction à un
moratoire feraient face à diverses sanctions, notamment se
retrouver sur une liste noire, se voir refuser le permis de pêche
dans leurs eaux nationales et être bannis des ports. Pour que
l'application soit efficace, il ne suffit qu'un peu de volonté
politique et une force motrice internationale. »
La pression sur le gouvernement canadien n'a cessé de monter au
cours des dernières semaines, alors que plus de 10 000 personnes du
Canada et du monde entier ont envoyé des courriels au premier
ministre pour lui demander avec insistance qu'il change sa position
et appuie le moratoire. L'administration Bush a signé en faveur du
moratoire et plus de 1 500 scientifiques partout dans le monde ont
demandé que soit imposée une pause immédiate sur cette pratique
destructive.
Le gouvernement Harper continue pourtant de s'opposer au
moratoire et c'est véritablement inquiétant à la lumière des
résultats d'une étude rendue publique ce mois-ci, réalisée par le
professeur Boris Worm de l'Université Dalhousie qui indique que les
stocks de poissons sauvages pourraient être épuisés d'ici 2048 si
nous maintenons nos méthodes de pêche actuelles. Greenpeace exhorte
le premier ministre à apprendre de nos erreurs passées avec la
pêche à la morue et d'opter pour une façon de faire préventive et
écologique. Sinon, nous nous dirigeons tout droit vers
l'effondrement des pêches dans le monde.
Other contacts:
- Bruce Cox, directeur éxécutif de Greenpeace Canada, cell : 416-419-7341
- Andrew Male, communications Greenpeace, cell. : 416-880-2757 (français et anglais)