La décision de l’OMC va accentuer le rejet des OGM

Communiqué de presse - 6 février, 2006
Greenpeace dénonce une décision de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui malheureusement appuie les efforts des États-Unis, du Canada et de l’Argentine pour forcer l’Europe d’accepter les OGM (organismes génétiquement modifiés). En août 2003, ces trois pays ont déposé une plainte à l’OMC contre l’Europe qui avait suspendu les autorisations d’OGM.

« Cette décision de l'OMC n'est qu'une victoire symbolique pour l'industrie des OGM. Cela va augmenter les craintes des consommateurs et leur rejet des OGM. La majorité des citoyens, des agriculteurs et un nombre croissant de gouvernements s'opposent aux OGM », constate Daniel Mittler, conseiller en commerce international pour Greenpeace. « Le rejet des OGM par le marché va continuer en Europe et ailleurs dans le monde. Les États-Unis vont continuer à perdre annuellement les 300 millions de dollars parce qu'ils ne peuvent exporter leur maïs transgénique. Les pays exportateurs de denrées agricoles comme le Canada et l'Argentine devraient aussi se rendre compte que les consommateurs ne veulent pas d'OGM. »

« Greenpeace demande à Stephen Harper, nouveau Premier ministre canadien, de ne pas souscrire à la politique pro-OGM des Libéraux. Le Canada ne devrait pas travailler avec les États-Unis et l'OMC pour forcer les consommateurs à manger des OGM contre leur volonté », déclare Éric Darier, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace. « Le Canada devrait encourager la production d'aliments cultivés dans le respect de l'environnement et qui répondraient à la demande des consommateurs. Se servir de l'OMC pour forcer les consommateurs à manger des OGM contre leur volonté est une stratégie douteuse de mise en marché et sûrement une très mauvaise décision au plan économique ».

Les États-Unis utiliseront sans doute la décision de l'OMC pour continuer à forcer d'autres pays à accepter les OGM. Selon le Protocole de Cartagena sur la biosécurité, les pays ont, en vertu du principe de précaution, le droit de refuser les OGM. « La décision de l'OMC place les intérêts du commerce en priorité. L'OMC n'est pas le lieu approprié pour trancher les questions liées à la biosécurité. Ce cas illustre, la tentative désespérée de l'administration américaine et des entreprises des OGM comme Monsanto, d'utiliser l'OMC pour imposer les OGM sur le marché », de conclure Daniel Mittler.

La décision de l'OMC a peu de chance de changer la position européenne. En 2005, la majorité des gouvernements européens ont voté en faveur du maintien des interdictions des OGM au niveau national. La semaine dernière, la Grèce a annoncé la prolongation de l'interdiction des semences d'un maïs OGM vendues par Monsanto. L'Autriche a aussi annoncé récemment son intention d'interdire l'importation de canola OGM. Quelques 172 régions européennes se sont déclarées zone sans OGM. Lors d'un référendum, les Suisses ont voté en faveur d'un moratoire sur les OGM. Les législations européennes sur l'étiquetage et les autorisations des OGM ne seront pas affectées par la décision de l'OMC.

« Quoique en disent l'OMC ou l'administration Bush, le nouveau gouvernement de Stephen Harper devrait prêter une oreille attentive aux agriculteurs canadiens qui ont empêché l'autorisation du blé OGM en 2004 et à l'ensemble des consommateurs qui refusent les OGM », affirme Éric Darier. « Le Premier ministre Harper devrait mettre fin à la culture du secret des Libéraux et imposer l'étiquetage obligatoire des OGM réclamé par plus de 80 % des Canadiens et Canadiennes. »