Monsanto forcée de rendre public des études douteuses sur un maïs OGM

Communiqué de presse - 21 juin, 2005
Un tribunal allemand a forcé Monsanto à rendre public les détails d’une étude sur des rats nourris avec un maïs génétiquement modifié (GM), le MON 863, devant protéger le maïs contre la chrysomèle, un insecte nuisible qui attaque les racines.

Depuis plus d'un an, Greenpeace se battait pour que l'article 25 de la Directive européenne 2001/18/EC, qui porte sur la transparence et le droit du public à l'information, soit appliqué dans le cas du maïs MON 863. Ce maïs OGM qui n'est pas autorisé en Europe est accepté au Canada depuis mars 2003.

Les résultats de Monsanto révèlent de nombreuses irrégularités dans l'étude incluant cinq différences importantes entre les rats nourris avec le maïs OGM MON 863 et les groupes témoins. Ceci comprend des différences statistiques significatives au niveau des globules blancs. Ces globules sont un indicateur de situations anormales dans le corps telles que des infections et des inflammations. De plus, il existe des différences dans le poids et une modification des reins.

Monsanto tente d'atténuer les résultats en utilisant des données de contrôle dites de « références » ou « historiques » obtenues lors d'autres études au cours desquelles des rats furent nourris avec du maïs non-OGM. L'utilisation de données de contrôle dites de «références » ou « historiques » n'est pas une pratique scientifique valide. Ce sont les comparaisons directes entre deux ou plusieurs groupes durant la même étude qui constituent une comparaison valide scientifiquement. Dès qu'apparaissent des différences statistiques significatives, on doit immédiatement vérifier plus loin et effectuer d'autres tests pour trouver la cause de ces différences. Ceci est particulièrement important dans le cas de l'étude sur l'alimentation des rats au maïs OGM MON 863 qui n'a duré que 90 jours. Le nombre élevé de différences statistiques significatives soulève par conséquent des doutes sérieux sur l'innocuité pour l'alimentation humaine et animale de ce maïs OGM.

Deux scientifiques indépendants, le professeur Gilles-Eric Séralini, un membre des deux commissions des évaluations des OGM au ministère de l'Agriculture et au ministère de l'Environnement de France et le professeur Arpad Pusztai, un scientifique invité par le gouvernement allemand pour donner son opinion sur ce maïs OGM, appuient la demande de Greenpeace pour que ce maïs MON 863 ne soit pas autorisé en Europe.

« Le gouvernement canadien a autorisé le maïs MON 863 en mars 2003 sur la base d'études fournies directement par l'entreprise Monsanto. Suite à la publication en Allemagne de l'étude de Monsanto, il est désormais évident que les données provenant de l'entreprise Monsanto ne sont pas scientifiquement rigoureuses. Il est aussi évident que le gouvernement canadien est complice de Monsanto en approuvant ce maïs OGM sans qu'il y ait eu véritablement de contre-expertise indépendante et rigoureuse qui prouve l'innocuité du maïs MON 863 ni pour la santé animale et humaine, ni pour l'environnement », constate Éric Darier, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace.

« À la lumière des données rendues public en Europe sur le MON 863, Greenpeace exige que le gouvernement canadien retire immédiatement son autorisation pour le maïs MON 863 et entame des études indépendantes et scientifiquement crédibles pour prouver son innocuité pour la santé et l'environnement avant d'être mis en marché », déclare Éric Darier.

« Comme c'est le cas en Europe, le gouvernement canadien devrait également donner aux citoyennes et citoyens l'accès à l'information sur les études fournies par les promoteurs des OGM pour justifier leur demande d'autorisation de commercialisation des OGM », de conclure Éric Darier.