Le gouvernement McGuinty doit s'attendre à une bataille
politique musclée partout en Ontario s'il continue à miser sur
l'énergie nucléaire et s'il accepte la recommandation d'une agence
fédérale qui propose de faire le stockage de déchets nucléaires en
Ontario. Voilà la mise en garde faite aujourd'hui au gouvernement
ontarien par Action déchets nucléaires, une coalition de groupes
environnementaux canadiens.
Brennain Lloyd, coordonnateur chez Northwatch, un regroupement
d'organisations qui oeuvrent dans le secteur de la protection de
l'environnement et de la justice sociale dans le nord-est de
l'Ontario, ajoute : « Les maires de toutes les grandes villes du
nord de l'Ontario ont déjà dit non au stockage des déchets
nucléaires. Les villes de North Bay et de Temiskaming Shores
refusent même tout transport de déchets nucléaires sur leur
territoire. Si le gouvernement décide d'enfouir dans le nord de la
province des déchets nucléaires provenant du sud, le mouvement
d'opposition ne fera que s'accentuer. »
Des groupes écologistes ont publié un rapport et un résumé des
enjeux suite à la recommandation de la Société de gestion des
déchets nucléaires (SGDN), qui propose d'enfouir les déchets
nucléaires en profondeur dans le bouclier canadien, dans des «
dépôts géologiques ». En 2002, le gouvernement fédéral avait
demandé à la SGDN de proposer une solution pour la gestion à long
terme des déchets nucléaires au Canada. Dans son rapport
préliminaire, l'organisme présente un plan de 24 milliards $,
échelonné sur 300 ans, qui comprend le stockage de déchets
hautement radioactifs au Québec, en Ontario ou en Saskatchewan.
« Parce qu'elle refuse d'appuyer la fermeture graduelle des
centrales nucléaires, la SGDN ne mérite même pas la note de passage
pour son rapport, affirme David Martin de Greenpeace. Si nous ne
fermons pas les réacteurs, les communautés ontariennes vont être
condamnées à supporter indéfiniment la production d'énergie
nucléaire et le transport de déchets radioactifs dans leur
environnement. Personne ne veut de déchets radioactifs dans sa cour
et personne ne veut en voir passer devant chez lui non plus. Le
premier ministre McGuinty a dit que l'Ontario " réagirait " si on
choisissait un site d'enfouissement sur son territoire. Il est donc
hypocrite de sa part de contribuer à amplifier le problème en
envisageant de construire de nouvelles centrales. »
M. Rick Bartolucci, ministre du Développement du Nord et des
Mines de l'Ontario, a dit que les résidants du nord ontarien
allaient réagir très vigoureusement si jamais le gouvernement
fédéral essayait d'entreposer des déchets nucléaires chez eux. M.
Bartolucci a d'ailleurs envoyé une lettre à la SGDN dans laquelle
il fait clairement état de son opposition à tout projet de stockage
en Ontario.
« Plus d'énergie nucléaire égale plus de déchets, plus de
transport de déchets, et encore plus d'opposition de la part des
citoyens ontariens, affirme Gordon Edwards, le président du
Regroupement pour la surveillance du nucléaire du Canada. Pour le
premier ministre McGuinty, il y a une seule façon de limiter les
dégâts : c'est d'investir dans le développement de sources
d'énergie renouvelables plus propres, plus économiques et plus
sécuritaires. »
Selon les écologistes, pour être socialement acceptable, toute
stratégie relative aux déchets nucléaires doit commencer par
l'arrêt de production des déchets, et donc par la fermeture
graduelle des 20 réacteurs nucléaires du Canada. Sans l'injection
d'au moins 17 milliards $ en subventions, les 20 centrales de
l'Ontario atteindront la fin de leur vie utile d'ici 2020. Les
groupes écologistes croient que cette date butoir devrait être
adoptée pour cesser définitivement de produire des déchets
nucléaires.
Other contacts: Personnes-ressources :David Martin, responsable des questions énergétiques, Greenpeace Canada : (416) 647-5004 (cellulaire)Brennain Lloyd, coordonnateur, Northwatch : (705) 498-7907 (cellulaire)Gordon Edwards, président, Regroupement pour la surveillance du nucléaire : (514) 839-7214 (cellulaire)