Non au stockage des déchets nucléaires en Ontario

Communiqué de presse - 14 septembre, 2005
Une agence fédérale identifie l’Ontario comme site de stockage possible pour les déchets nucléaires. Les écologistes préviennent McGuinty :les Ontariens ne se laisseront pas faire

Le gouvernement McGuinty doit s'attendre à une bataille politique musclée partout en Ontario s'il continue à miser sur l'énergie nucléaire et s'il accepte la recommandation d'une agence fédérale qui propose de faire le stockage de déchets nucléaires en Ontario. Voilà la mise en garde faite aujourd'hui au gouvernement ontarien par Action déchets nucléaires, une coalition de groupes environnementaux canadiens.

Brennain Lloyd, coordonnateur chez Northwatch, un regroupement d'organisations qui oeuvrent dans le secteur de la protection de l'environnement et de la justice sociale dans le nord-est de l'Ontario, ajoute : « Les maires de toutes les grandes villes du nord de l'Ontario ont déjà dit non au stockage des déchets nucléaires. Les villes de North Bay et de Temiskaming Shores refusent même tout transport de déchets nucléaires sur leur territoire. Si le gouvernement décide d'enfouir dans le nord de la province des déchets nucléaires provenant du sud, le mouvement d'opposition ne fera que s'accentuer. »

Des groupes écologistes ont publié un rapport et un résumé des enjeux suite à la recommandation de la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), qui propose d'enfouir les déchets nucléaires en profondeur dans le bouclier canadien, dans des « dépôts géologiques ». En 2002, le gouvernement fédéral avait demandé à la SGDN de proposer une solution pour la gestion à long terme des déchets nucléaires au Canada. Dans son rapport préliminaire, l'organisme présente un plan de 24 milliards $, échelonné sur 300 ans, qui comprend le stockage de déchets hautement radioactifs au Québec, en Ontario ou en Saskatchewan.

« Parce qu'elle refuse d'appuyer la fermeture graduelle des centrales nucléaires, la SGDN ne mérite même pas la note de passage pour son rapport, affirme David Martin de Greenpeace. Si nous ne fermons pas les réacteurs, les communautés ontariennes vont être condamnées à supporter indéfiniment la production d'énergie nucléaire et le transport de déchets radioactifs dans leur environnement. Personne ne veut de déchets radioactifs dans sa cour et personne ne veut en voir passer devant chez lui non plus. Le premier ministre McGuinty a dit que l'Ontario " réagirait " si on choisissait un site d'enfouissement sur son territoire. Il est donc hypocrite de sa part de contribuer à amplifier le problème en envisageant de construire de nouvelles centrales. »

M. Rick Bartolucci, ministre du Développement du Nord et des Mines de l'Ontario, a dit que les résidants du nord ontarien allaient réagir très vigoureusement si jamais le gouvernement fédéral essayait d'entreposer des déchets nucléaires chez eux. M. Bartolucci a d'ailleurs envoyé une lettre à la SGDN dans laquelle il fait clairement état de son opposition à tout projet de stockage en Ontario.

« Plus d'énergie nucléaire égale plus de déchets, plus de transport de déchets, et encore plus d'opposition de la part des citoyens ontariens, affirme Gordon Edwards, le président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire du Canada. Pour le premier ministre McGuinty, il y a une seule façon de limiter les dégâts : c'est d'investir dans le développement de sources d'énergie renouvelables plus propres, plus économiques et plus sécuritaires. »

Selon les écologistes, pour être socialement acceptable, toute stratégie relative aux déchets nucléaires doit commencer par l'arrêt de production des déchets, et donc par la fermeture graduelle des 20 réacteurs nucléaires du Canada. Sans l'injection d'au moins 17 milliards $ en subventions, les 20 centrales de l'Ontario atteindront la fin de leur vie utile d'ici 2020. Les groupes écologistes croient que cette date butoir devrait être adoptée pour cesser définitivement de produire des déchets nucléaires.

Other contacts: Personnes-ressources :David Martin, responsable des questions énergétiques, Greenpeace Canada : (416) 647-5004 (cellulaire)Brennain Lloyd, coordonnateur, Northwatch : (705) 498-7907 (cellulaire)Gordon Edwards, président, Regroupement pour la surveillance du nucléaire : (514) 839-7214 (cellulaire)