Communiqué de presse - 24 octobre, 2009
Une coalition sous l’égide du Regroupement québécois contre les OGM (RQcOGM) et du Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (CBAN) dénonce l’approbation, par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) d’une nouvelle variété de maïs génétiquement modifié destiné à la consommation humaine et animale. En effet, le SmartStax, un nouvel OGM de Monsanto et Dow AgroSciences, a été approuvé sans aucune évaluation de ses effets potentiels sur la santé humaine. La coalition demande le retrait de cette autorisation et un moratoire sur toute nouvelle approbation d’ici à ce que soit établie, de façon indépendante, la rigueur et la transparence des processus d’évaluation des OGM de l’ACIA et de Santé Canada. Elle réclame également à nouveau l’étiquetage obligatoire des aliments contenant des OGM.
La coalition dénonce le concept «d'équivalence substantielle»
qui sert d'assise à l'approbation des nouveaux aliments
génétiquement modifiés. Dans le cas du SmartStax, qui combine huit
gènes modifiés, l'ACIA semble avoir conclut à cette équivalence du
simple fait que chacun des gènes a déjà été évalué séparément dans
d'autres plantes où il avait été introduit. Or, selon la coalition,
la combinaison de huit gènes peut provoquer de nouveaux effets qui
diffèrent de ceux produits par chacun des gènes individuellement.
La coalition pointe également du doigt le fait que l'ACIA et Santé
Canada ne réalisent aucun test par eux-mêmes mais évaluent les
données fournies par l'industrie. Le gouvernement n'a même pas
établit de méthodologie standard pour faire ces évaluations et se
fie entièrement à celle de l'industrie. Finalement, sous le
prétexte du secret commercial, le processus d'approbation est
marqué par l'absence totale de transparence.
Le chercheur Peter Andrée, politologue de l'Université Carleton
et expert international en réglementation des technologies
agricoles du vivant, a tenu à s'associer à cette dénonciation par
une déclaration dans laquelle il mentionne notamment que «le cas du
SmartStax démontre des lacunes fondamentales dans le système de
règlementation canadien des organismes génétiquement modifiés:
Santé Canada n'a pas évalué cette nouvelle culture et l'ACIA n'a
fourni aucune raison pour un changement majeur de politique à
l'égard de l'établissement des zones refuges Bt et n'a apparemment
pas fourni à des experts externes l'occasion de participer à cette
importante décision».
Aux yeux du RqcOGM et du CBAN, le refus par le gouvernement
fédéral d'imposer l'étiquetage obligatoire des aliments contenant
des OGM donne l'impression qu'il est de connivence avec l'industrie
des biotechnologies. Si les autorités réglementaires n'avaient rien
à cacher à la population au sujet des OGM, si elles étaient sûres
de l'absence de danger pour la santé et pour l'environnement, le
gouvernement se plierait à la demande, maintes fois répétée de la
part des consommateurs, en imposant l'étiquetage des OGM. Il s'agit
d'un droit fondamental qui demeure bafoué à ce jour au Canada:
celui de savoir et de pouvoir choisir ce que l'on mange.
Sources:
Greenpeace
Nature Québec - Christine Gingras - 418-648-2104 p 2051
Union des consommateurs - Charles Tanguay - 514-743-0419
Amies de la Terre de Sherbrooke - André Nault - 819-562-4413
AmiEs de la Terre de Québec - Stéphane Groleau -
418-524-2744
ACEF de Québec - Denis Falardeau - 418-522-1568; cel.:
418-999-0925
Lucy Sharratt - CBAN - 613-241-2267 p.6