Au fil des discussions des derniers mois et lors du Sommet, les
groupes environnementaux ont constaté que plusieurs de leurs
préoccupations étaient partagées par les intervenants du milieu
forestier et que plusieurs de leurs pistes de solutions ont été
accueillies favorablement.
Les discussions sur les aires protégées démontrent à quel point
la perception a évolué au sein de la société civile et que
l'établissement d'un réseau d'aires protégées crédible à l'échelle
internationale fait partie de la solution pour le secteur
forestier. Bien que l'ensemble des intervenants ne soient pas
encore prêts à s'engager envers la protection d'au moins 12 % de la
forêt boréale, conformément à nos engagements internationaux et au
rapport Coulombe, tous ont reconnu le besoin d'accélérer
radicalement la cadence pour attendre l'objectif de 8 % d'aires
protégées avant la fin de l'année 2008 et de bonifier ensuite le
réseau afin de compléter les carences, tant pour la
représentativité des écosystèmes que pour les espèces menacées
comme le caribou forestier.
L'aménagement écosystémique et la gestion intégrée des
ressources ont fait l'objet de nombreuses discussions entre les
intervenants. Malgré les divergences sur les modalités, les
participants ont reconnu l'importance de changer la planification
et les pratiques sur le terrain pour mieux intégrer l'ensemble des
valeurs et des usages reliés à la forêt. Une panoplie de mesures,
notamment des projets pilotes, est proposée dans les différents
documents du Sommet afin que la forêt soit gérée comme un tout.
La certification environnementale de l'industrie forestière
s'est également imposée comme un incontournable afin d'accéder aux
marchés internationaux. Plusieurs intervenants ont clairement
démontré une préférence pour la norme FSC (Forest Stewardship
Council), car en ce moment, cette norme est celle qui offre le plus
de garanties pour un aménagement forestier durable. Il a été
demandé que le gouvernement réduise les obstacles et mette en place
des mesures incitatives pour favoriser l'implantation de la
certification sur le territoire québécois.
À plusieurs reprises lors du Sommet, les groupes
environnementaux ont eu à se prononcer sur un concept d'aménagement
intensif de la forêt, dont l'objectif serait de doubler la valeur
des produits de la forêt d'ici 25 ans. Malgré l'aspect prometteur
de ce concept, plusieurs questions fondamentales méritent d'être
éclaircies avant de pouvoir envisager certaines formes plus «
artificielles » de sylviculture. Notons que l'établissement du
réseau d'aires protégées et la mise en place de l'aménagement
écosystémique représentent deux conditions préalables à toute
intensification de l'aménagement forestier. Dans tous les cas, des
balises claires et précises pour cette intensification devront
faire l'objet d'une consultation publique du BAPE avant de se
lancer dans pareille aventure.
Le mouvement environnemental souhaite également un virage vers
une gestion forestière qui miserait davantage sur les objectifs que
sur une approche normative. Pourvu que l'indépendance des
professionnels soit bien entendu assurée et que l'imputabilité du
ministre reste entière.
En terminant, les groupes environnementaux demandent que le
virage vert réclamé par les participants à ce Sommet se
matérialise, sans équivoque, dans le Livre vert que promet d'ici
quelques semaines le ministre des Ressources naturelles et de la
Faune. Ainsi, le nouveau régime forestier répondra plus
adéquatement aux différents enjeux liés à la conservation de la
biodiversité.
Plus de renseignements :
- Mylène Bergeron (418-933-2031)
- Action boréale Abbitibi-Témiscamingue (ABAT), Richard
Desjardins
- Greenpeace, Mélissa Filion (514-581-8216)
- Mouvement Vert Mauricie (819-532-1717)
- Nature Québec, Louis Bélanger (418-933-2031) membre du comité
contenu
- Regroupement écologique de Val d'or et ses environs (RÈVE)
Henri Jacob (819) 825-1466 p.233
- Regroupement national des Conseils régionaux en environnement
(RNCREQ), Daniel Groleau, membre du chantier Intensification de
l'aménagement (418-480-7016)
- Réseau québécois des groupes écologistes Maude Prud'homme
(514-392-0096)
- Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec
(SNAP), Jean-François Gagnon, membre du chantier Aires protégées
(514-278-7627)
- SOS Levasseur, Jordane Roy-Leblanc
- WWF-Canada, Gaétane Boisseau (514-257-6126)
Industrie forestière - Pas de sortie de crise sans réforme en profondeur
Pour l'ouverture du Sommet, les groupes écologistes ont fait valoir leurs attentes à l'occasion d'une conférence de presse. Vous pouvez d'ailleurs consulter le communiqué de presse des groupes écologistes.
Le Sommet est notamment divisé en groupes de travail, ou comités sectoriels, qui ont eu de nombreuses rencontres préalables à la tenue de cet événement. Greenpeace a participé à l'un deux, le comité sectoriel environnement, qu'a présidé Louis Bélanger, chercheur à l'Université Laval et représentant de Nature Québec/UQCN. Le comité sectoriel environnement regroupe de nombreux groupes environnementaux tels l'ABAT, Greenpeace, le Mouvement Vert Mauricie, Nature Québec, le REVE, le RNCREQ, le RQGE, la SNAP et SOS Levasseur.
Les autres comités qui seront présents à cet événement représentent les milieux universitaires, syndicaux, de la forêt privée, de la Faune, du récréotourisme, de la recherche, des Premières Nations, des milieux régionaux et municipaux, de l'industrie forestière, etc.