Des ONG africaines se font entendre à la CAAAQ

« L’Afrique n’a pas besoin des OGM pour se nourrir »

Communiqué de presse - 18 juin, 2007
Trois représentants d’ONG d’Afrique de l’ouest, inquiets des décisions que pourrait prendre Québec, ont plaidé aujourd’hui pour une agriculture sans OGM, respectueuse de l’environnement et des paysans. C’est ce qui ressort de leur témoignage entendu aujourd’hui à Gatineau, lors des audiences publiques de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Québec (CAAAQ).

Une délégation de COPAGEN, une coalition anti-OGM de l'Afrique de l'Ouest, en visite au Canada en avril 2007 pour nous dire que les OGM ne vont pas nourrir l'Afrique. De gauche à droite : Ibrahim Ouédraogo (Côte d'Ivoire) et Mamadou Goïta et Assétou Samakè du Mali.

Ibrahim Ouédraogo, de l'Institut Africain pour le Développement Economique et Social - Formation (INADES-Formation) de Côte d'Ivoire; Assétou Founè Samaké et Mamadou Göita, de l'Institut de recherche et de promotion des alternatives en développement (IRPAD) du Mali, ont expliqué les risques que font courir les OGM à l'Afrique au cours d'un message vidéo d'une trentaine de minutes produit par Greenpeace.  Les trois représentants ont fait, en mars, une visite officielle au Canada alors même que la CAAAQ devait suspendre ses travaux pour la durée de la campagne électorale au Québec. Pour que ces ONG puissent contribuer au débat sur l'agriculture comme ils l'avaient souhaité, Greenpeace a produit ce vidéo pour la CAAAQ.

« Nous voulons que nos voix d'Afrique de l'ouest soient entendues par les autorités », déclare Ibrahim Ouédraogo, d'INADES-Formation, au cours de ce vidéo. « Les OGM et le droit de brevetage constituent des menaces en Afrique car ce sont des moyens de privatiser les semences et de nous déposséder de nos ressources.  Nos organisations préfèrent faire la promotion de l'agroécologie et de méthodes agricoles durables ».

Pour la coordinatrice Scientifique du IRPAD, Assétou Founè Samaké, « les multinationales des OGM menacent la biodiversité qui a été préservée jusqu'à présent par les femmes africaines, en particulier dans les cultures considérées comme marginales ». À son avis, l'alimentation est un élément fondamental de la culture africaine.  « C'est pour cela qu'il faut protéger non seulement la biodiversité mais également la diversité culturelle afin de préserver notre contrôle sur ce que nous mangeons et sur ce que nous cultivons », rajoute-t-elle.

« L'Afrique est la porte d'entrée des OGM qui sont rejetés par les autres continents », affirme Mamadou Goïta, directeur exécutif du IRPAD. « Nous n'avons pas besoin des OGM.  Il faut comprendre que ce qui va être décidé au Québec va avoir aussi des impacts en Afrique.  L'idée que les OGM constituent la solution à la faim en Afrique est une illusion.  Au contraire, l'introduction des OGM menace de faire disparaître la structure sociale et économique de notre agriculture paysanne qu'on doit préserver et améliorer afin d'encourager des solutions locales et sous contrôle local. C'est pour cela que le Québec doit dire NON aux OGM ».

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