« Il est temps qu'on propose d'interdire au Québec le phosphate
dans les détergents à lave-vaisselle, de mettre en place des
mesures plus contraignantes pour établir ou rétablir des bandes
végétales le long des plans d'eau et d'aider les municipalités à
appliquer les règlements sur les fosses sceptiques », se réjouit
Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture chez
Greenpeace. « Il s'agit de mesures pratiques qui vont régler une
partie du problème des algues bleues. Le gouvernement de Jean
Charest aurait pu facilement mettre en place les mesures que
proposent le Parti québécois, mais il préfère sans doute s'enliser
dans l'inaction et maintenir entre autres son entente avec l'UPA de
ne pas mettre en place de nouvelles mesures environnementales en
agriculture d'ici à 2010 ».
« Le gouvernement de Jean Charest est de plus en plus isolé dans
le dossier des algues bleues », constate Éric Darier. Rappelons que
le candidat du NPD dans Outremont, Thomas Mulcair, a récemment
proposé des bandes riveraines de dix mètres ainsi qu'une
compensation fédérale de 15 M$ pour les pertes de productions que
cela occasionnerait aux agriculteurs. En juin dernier, le Bloc
québécois a tenté de forcer la main au gouvernement fédéral, mais
en vain, au sujet d'une interdiction des phosphates dans les
détergents. Récemment, l'ADQ a aussi condamné l'inaction du
gouvernement de Jean Charest dans ce dossier.
« Greenpeace continue d'exiger un règlement global du problème
des algues bleues et en particulier de la réduction des quantités
excédentaires de phosphore déversées dans l'environnement, quelles
que soient les sources », reprend Éric Darier. « Dans des bassins
versants comme celui de la Baie Missisquoi, 77 % du phosphore
excédentaire provient de mauvaises pratiques agricoles. L'effort
principal doit être concentré sur les sources principales de la
contamination. Le gouvernement Charest et l'UPA peuvent toujours
critiquer Greenpeace, malheureusement cela ne changera rien à la
réalité de nos cours d'eau si le gouvernement n'agit pas ».
Par ailleurs, Greenpeace estime que le gouvernement de Jean
Charest devrait imiter la France et créer un super ministère de
l'Environnement afin d'avoir une approche plus stratégique et
complète de la somme des nombreux enjeux liés à l'environnement et
qui touchent à de nombreux ministères. « Le Ministère de
l'Environnement ne doit plus servir à nettoyer les problèmes que
des ministères comme celui de l'Agriculture n'ont pas su régler au
fil des ans », affirme Éric Darier.
De plus, afin d'offrir des solutions durables aux multiples
problèmes environnementaux dont les causes sont d'origines
agricoles (phosphore, pesticide, herbicide, OGM, érosion des sols,
perte de biodiversité, etc.), Greenpeace rendra publique 23
recommandations structurantes lors des audiences nationales de la
Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire
(CAAAQ), qui auront lieu du 27 août au 7 septembre prochain.
Pour plus
derenseignements :
Éric Darier, campagneAgriculture, Greenpeace, cell. : (514)
605-6497.
JocelynDesjardins, Communications-Relations publiques,
Greenpeace, cell. :(514) 212-5749