Ottawa ira seul à la rencontre du groupe scientifique de la Convention pour la biodiversité de l’ONU

Fédéralisme de fermeture environnementale ou d’exclusion de témoins gênants?

Communiqué de presse - 6 février, 2008
Greenpeace a appris qu’Ottawa n’invitera ni les groupes environnementaux ni les représentants du gouvernement du Québec à faire partie de la délégation canadienne qui doit se rendre à la 13ième rencontre scientifique des Nations-Unies sur la biodiversité et la biosécurité (SBSTTA), malgré la pratique établie avant l’arrivée au pouvoir du gouvernement Harper.. Cette importante rencontre de l'ONU doit avoir lieu à Rome, du 18 au 22 février 2008.

La présence des groupes environnementaux dans cette délégation est un enjeu de taille puisqu'il sera question, au cours de cette rencontre des Nations-Unies, de sujetsqui  font actuellement controverse, tels que les agrocarburants, les technologies dites du Terminator, ainsi que les arbres OGM. « Greenpeace craint que l'exclusion des groupes environnementaux de la délégation canadienne soit un moyen de plus pour garder secrètes les manœuvres du gouvernement Harper afin de miner la volonté de la communauté internationale de protéger la biodiversité », affirme Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture de Greenpeace et membre de la délégation de Greenpeace International à cette réunion. Rappelons que le gouvernement Harper est à l'origine de restrictions à la liberté d'expression des scientifiques d'Environnement Canada (National Post - 31janvier www.nationalpost.com/news/canada/story.html?id=277560)

Greenpeace a appris qu'il n'y aura pas non plus de représentants du gouvernement du Québec dans cette délégation canadienne, malgré la pratique établie.  « L'absence du Québec dans la délégation du Canada est surprenante. Depuis des années, le Ministère de l'environnement du Québec avait toujours un ou des représentants sur la délégation canadienne. On doit s'interroger : pourquoi le gouvernement fédéral n'a pas invité le Québec et les provinces canadiennes à faire partie de la délégation à cette réunion des Nations-Unies? Y a-t-il eu un changement dans la politique du gouvernenment fédéral », se questionne Eric Darier.

« Le Québec serait-il puni pour ses politiques publiques favorables à l'environnement et son Plan vert de lutte aux changements climatiques, de même que sa décision récente d'abandonner l'éthanol-mais? Ou serait-ce plutôt que le gouvernement Harper prépare un coup bas contre la biodiversité et la biosécurité à Rome et veut éviter des témoins génants », s'interroge Eric Darier. « En effet, le Canada tentera sans nul doute de faire lever le moratoire sur les technologiques de stérilisation dites Terminator, adopté par les Nations-Unies en 2006, afin de faire la promotion des arbres OGM, notamment pour la production de biocarburants. Ceci semble faire partie d'une stratégie d'ensemble. »

Cette réunion de la SBSTTA doit servir de préparation à une importante rencontre des Nations-Unies sur la biodiversité et la biosécurité (COP) qui aura lieu à Bonn, en mai 2008.  « Il serait scandaleux que Stephen Harper refuse que les groupes environnementaux, le Québec et les provinces ne soient pas invités à faire partie de la délégation canadienne qui ira à Bonn », affirme Éric Darier. « Espérons que cela ne soit pas de mauvais augure ».

Selon Greenpeace, le fédéralisme d'ouverture que le gouvernement Harper prétend pratiquer en toutes circonstances est trompeur. « Va-t-il falloir que Greenpeace invite un représentant du gouvernement du Québec sur sa propre délégation pour que le Québec soit présent à Rome ?», conclut Éric Darier.

Note : Eric Darier sera à la réunion de la SBSTTA13 du 18 au 22 février à Rome.

Pour plus amples renseignements :

Jocelyn Desjardins, Communications, Cell. : 514-212-5749

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