En plus de faire le bilan environnemental du gouvernement
sortant, les groupes ont fait part de leurs attentes à l'occasion
d'une rencontre de presse aujourd'hui à Montréal. « Au gouvernement
depuis 4 ans, le Parti libéral a réalisé de bons coups, mais il a
également connu des ratés en matière environnementale », souligne
Steven Guilbeault, directeur de Greenpeace au Québec. « Que ce soit
pour le pont de l'autoroute 25, la vente du mont Orford ou
l'absence de politiques sur les milieux humides, le gouvernement
sortant a fait preuve d'incohérence dans certaines décisions. Il y
a certes eu de bonnes stratégies sur le plan énergétique, notamment
avec un honnête plan de réduction des gaz à effet de serre, même
s'il reste des efforts à consentir pour atteindre les objectifs du
Protocole de Kyoto. Malheureusement, cela est survenu très tard
dans le mandat libéral », ajoute Steven Guilbeault.
Objectif : 2020
Pour Sidney Ribaux, coordonnateur général d'Équiterre, « l'enjeu
des changements climatiques est crucial pour le développement futur
du Québec. Le prochain gouvernement devra tenir compte de la
nécessité d'investir massivement dans les transports en commun.
Nous appelons les partis à se prononcer pour un moratoire sur la
construction de nouvelles infrastructures routières en milieu
urbain ainsi que sur l'étalement urbain. » Selon Équiterre, pour
préparer la prochaine phase de Kyoto, Québec doit déposer un plan
et ce, dès 2009, pour réduire d'ici 2020 les émissions de gaz à
effet de serre (GES) de 25 % sous les niveaux de 1990.
Retard sévère
Le dossier des aires protégées et le manque flagrant de
conservation du territoire sont au cœur de nombreux débats au
Québec. « Devant la disparition des derniers grands massifs
forestiers, il devient de plus en plus pressant d'agir », lance
Mélanie Desrochers, responsable de la Commission aires protégées de
Nature Québec. « Ainsi, nous demandons aux partis de s'engager à
accélérer la création d'aires protégées, en priorisant la forêt
boréale intacte et d'effectuer le virage forestier recommandé par
la Comission Coulombe, soutient Mélanie Desrochers. Rappelons que
la Commission Coulombe proposait de protéger 12 % de la forêt
boréale d'ici à 2010.
2 % pour l'environnement
« Un gouvernement ne peut prétendre protéger efficacement
l'environnement s'il ne consenti pas suffisamment de ressources
pour assurer le respect des lois et des règlements, dresser un
portrait de l'état de l'environnement et développer des outils
d'information et de contrôle appropriés », estime Philippe Bourke,
directeur général du Regroupement national des conseils régionaux
de l'environnement du Québec (RNCREQ). Or le budget du ministère de
l'Environnement représente à peine un tiers de 1 % des dépenses
totales de l'État. « Les groupes écologistes invitent donc les
citoyens à exiger des partis politiques qu'ils prouvent leur parti
pris pour l'environnement en s'engageant à consacrer minimalement
2 % du budget de l'État au ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs (MDDEP) » renchérit M. Bourke.
Financement des groupes
Enfin, les groupes écologistes condamnent le fait que le le
MDDEP n'offre plus de programmes de soutien financier à l'intention
des groupes écologistes . « Tandis que l'éducation et la
sensibilisation sont tous deux reconnus comme d'excellents moyens
de changer les attitudes et les comportements pour trouver un
meilleur environnement et une meilleure qualité de vie, cette
décision crée l'effet contraire », prétend Jérôme Normand,
directeur général d'ENvironnement JEUnesse. « Nous demandons aux
partis qu'ils s'engagent à soutenir réellement les associations,
groupes et réseaux qui oeuvrent dans ces domaines », conclut Jérôme
Normand.
Notons que les groupes écologistes du Québec organisent, le 7
mars prochain, un débat sur les grands enjeux environnementaux du
prochain mandat gouvernemental. Ce débat de deux heures et quinze
minutes aura lieu le 7 mars 2007, à 19h00, à la
Tohu - Cité des arts du cirque, 2345, rue Jarry est, à
Montréal. Le public est invité à y assister.
Pour plus de
renseignements :
Jean-François Nolet, Équiterre, 418-955-2261
Jocelyn Desjardins, Greenpeace, 514-212-5749
Mélanie Desrochers, Nature Québec, 514-836-8497